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Publié par Saoudi Abdelaziz

Un de leurs experts confie au Figaro la déception américain après le retrait de l’armée US d’Irak. Il brandit la « menace Iranienne » et fait des offres de services : « Nous sommes prêts à leur fournir une escadrille de F-16, pilotée par les Américains ».

 

 John Nagl : «Le prix payé en Irak a été gigantesque»

 

Cet expert militaire revient sur le retrait définitif de l'armée américaine. Proche du général David Petraeus, expert de la contre-insurrection, John Nagl est président du Center for a New American Security, un centre de recherche proche de l'état-major. Il a été colonel dans l'armée américaine et a servi en Irak en 2003-2004.

 

LE FIGARO. - Le prix payé par l'armée américaine en Irak en valait-il la peine?

Colonel (R) John NAGL. - Cela fait plus de vingt ans que nous nous battons en Irak, si vous remontez à la première guerre du Golfe. Le prix payé dans ce pays par nos forces a été gigantesque, bien supérieur à tout ce que les militaires américains auraient pu imaginer. Nous avons mis à bas un dictateur qui était une menace pour la sécurité du monde, mais le prix payé pour organiser l'après-Saddam a été incommensurable. De plus, l'avenir n'est pas clair et plein de risques. Il faut garder l'espoir qu'un développement qui en vaille la peine émerge de nos sacrifices…

 Partagez-vous le mécontentement de certains militaires et politiques sur le fait que l'armée américaine quitte l'Irak sans y laisser un contingent substantiel?

Absolument. Il aurait fallu laisser un contingent bien supérieur à celui qui va rester. L'Irak est très vulnérable, notamment à une action agressive de l'Iran. Les généraux américains auraient souhaité garder sur place un contingent de conseillers militaires, capables de préparer notamment la défense aérienne irakienne. Aujourd'hui, celle-ci est égale à zéro! Idéalement, il aurait fallu laisser de 5000 à 10.000 hommes sur place, ainsi qu'une force antiterroriste comme dans d'autres pays de la région. Les Irakiens en sont aujourd'hui à célébrer notre départ et leur souveraineté retrouvée. Mais j'espère que dans quelques mois, en 2012, ils nous demanderont de renvoyer ce corps de conseillers pour consolider cette souveraineté fragile.

 Ne sera-t-il pas trop tard?

Face à l'Iran, ils ont besoin d'une défense aérienne. Nous sommes prêts à leur fournir une escadrille de F-16, pilotée par les Américains, qui pourrait être progressivement prise en charge par les Irakiens. Cela a été discuté entre Barack Obama et al-Maliki cette semaine. Je suis impressionné que le président soit prêt à aller dans ce sens, même s'il doit en payer le prix auprès de l'aile gauche de son parti. Il comprend que c'est crucial pour la sécurité de la région. Ne sous-estimons pas l'importance des autres forces que nous maintenons alentour, notamment à Bahreïn. Mais le facteur de dissuasion serait beaucoup plus grand si nous disposions des forces dont je vous parle en Irak.

Propos recueillis par Laure Mandeville, 16 décembre 2011, Le Figaro

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