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Publié par Saoudi Abdelaziz

Berrouaghia :

Les manifestations ont commencé le 5 octobre, dans l’après-midi. Les dommages matériels ont été limités, les travailleurs ont défendu leur outil de travail. Ceux de la Sonacome qui étaient pourtant en grève ont défendu leur usine. Les militaire sont venus ensuite renforcer la surveillance et ont voulu les obliger à reprendre le travail le samedi mais le directeur s’est interposé en disant que c’était un problème qui ne les regardait pas. Un vice-ministre est venu leur rendre visite, ils ont posé leurs revendications. Ils ont reprise le travail le samedi.

Le local du Fln a été attaqué. Des policiers et gendarmes ont été battus ; il gendarme a dit qu’il était pour les manifestants et que le fait d’avoir été battus avait amené les gendarme à se retourner contre les manifestants alors qu’eux-mêmes vivaient les mêmes problèmes.

3 bis – Bouira :

Une manifestation regroupant plus de 400 personnes avec barricade sur la RN 5 a eu lieu à Bechoul, dans la même période. Il n’y a pas eu d’affrontements avec les forces de répression. Les barricades ont été levées après les promesses d’un approvisionnement rapide et suffisant.

3 ter – Wilaya de Djelfa

A Djelfa, les pertes humaines et les dégâts matériels sont énormes. On parle de 15 morts et de près d’une centaine de blessés. Les manifestants ont brûlé le Palais de Justice, le commissariat de police, les galeries algériennes, le souk et Fellah, l’OPGI, l’agence BNA, le service DRAL, la résidence du wali, des véhicules de la police et de la wilaya.

A Messaad, les manifestants ont brûlé le commissariat de police, les galeries algériennes, le SEF, l’agence CNEP, le bureau de la main-d’œuvre. Ce serait l’œuvre d’un groupe étranger à la ville, masqués. On dénombre au moins quatre blessés dont un par balles.

A Ain Oussera et Hassi Behbah, même scénario. Dans la première ville, cependant, des citoyens étaient armés et ont tenté d’utiliser leurs armes.

 

4 – Tizi-Ouzou :

Les berbéristes (FFS) et les gauchistes de l’ORT (Organisation révolutionnaire des travailleurs) se sont coalisés et ont tout fait pour empêcher que des mouvements de masse ne se déclenchent à Tizi-Ouzou et dans les environs.

On dit que certains éléments du FFS ont carrément marchandé avec les autorités leur promettant de maintenir le calme dans la région contre certains privilèges.

Durant les évènements, des représentants de certaines grandes familles bourgeoises de Tizi-Ouzou (ayant des liens de sympathie aussi bien dans le pouvoir que dans le FFS) ont milité activement pour maintenir le calme. Ils sont passés dans des villages, des écoles, des lycées,… et se sont adressés à la population dans ce sens.

A noter qu’un tract anonyme a circulé à Tizi-Ouzou et a même été affiché (le 25 octobre) à l’université, dénonçant quelques grand bourgeois de Tizi (les failles Hanachi, Bouzar, Khalef notamment) et les accusant d’avoir neutralisé l’action des masses non pas par patriotisme mais par souci de protéger leurs biens dans la région.

Dans les faits, il y a eu alliance de combat entre la droite berbériste du FFS et les droitiers du FLN. Tous les arguments ont été utilisé pour empêcher les mouvements de protestation populaire et de solidarité de prendre de l’extension en Kabylie (« En 1980, les autres régions ont laissé les Kabyles seuls face à la répression du pouvoir », « Si à Alger ils ont tué 500 personnes, cela veut dire qu’en Kabylie, ils en tueront des milliers »,…).

Ces arguments semblent avoir eu un certain impact, y compris ay sein de la classe ouvrière locale. C’est ainsi que la zone industrielle de Tizi-Ouzou n’a         pratiquement pas suivi le mot d’ordre de grève générale pour les 10 et 11 octobre, lancé par la « Communauté universitaire » et assez largement suivi par les étudiants, les universitaires, les lycéens et les commerçants.

Par ailleurs, tout au début des manifestations d’Alger ? Certains groupes gauchistes (ORT et peut-être OST, organisation socialiste des travailleurs) ont désigné le PAGS comme l’instigateur des évènements. Sur cette base, ils ont appelé à « ne pas bouger » pour « laisser le Pags payer seul les conséquences de ses actes ». Ils ont tout fait pour décourager les premières initiatives de solidarité contre la répression.

Parmi les courants gauchistes, le GCR (groupe communiste révolutionnaire) a été isolé par les autres. Ses membres ont été empêchés de s’organiser, notamment à l’université. Il est vrai que le GCR ne fait pas preuve, depuis quelque temps déjà, d’une attitude anti-PAGS systématique comme les autres groupes.

Dès les premières arrestations à Alger et après le déclenchement des manifestations, il y a eu de nombreuses initiatives pour informer de ce qui se passait et appelé à une riposte de masse. C’est sous la pression de ce travail de masse et pour couper l’herbe sous les pieds des « pagsistes » que la coalition berbéro-gauchiste, dominante dans la cité universitaire de Hasnaoua, a pris l’initiative de convoquer une AG le 9 – 10 qui a abouti à « l’appel à la population », signé au nom de la « communauté universitaire ». Cette AG a été convoquée de façon anti-démocratique par le comité de Hasnaoua alors qu’il était prévu d’abord une rencontre de tous les comités.

Dans la région, des manifestations ont eu lieu dans la plupart des villes et villages. Elles ont été souvent violentes (Ain-El-Hammam, Tazmait, Bordj-Menaël, Draa-Ben-Kheda, Lakhdaria, Boghni). Les manifestants ont détruit les sièges d’APC, de kasma, les souk el fellahs… Parfois ils ont libéré des prisonniers de droit commun. Mais dans d’autres localités, les citoyens ont manifesté dans le calme (Azzefoun, Beni-Yenni, Tighzirt-sur- mer). A Larbaa-Nath-Irathen, c’est l’intervention des forces de répression, qui ont tué une jeune, qui a transformé une marche pacifique en une émeute.

Dans plusieurs villes, les lycéens ont suivi l’appel à la grève (Azzefoun, Tighzirt-sur-mer, Larbaa-Nath-Irathen,…). A Azzefoun, le directeur du SEF arrive à convaincre les manifestants à ne pas brûler ce local mais plutôt de le protéger. A Si Mustapha, les citoyens défendent leur village contre les manifestants venus des Issers. De même, semble-t-il, à Beni-Yenni. A SUIVRE

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