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Publié par Saoudi Abdelaziz

"Washington, dont les dépenses militaires représentent presque la moitié de celles de toute la planète, investit dans le seul renseignement 75 milliards de dollars par an. Soit 2,5 fois le budget militaire français".

 

Par Yves Bourdillon, 29 octobre 2013.

 

 

Washington écoute toute la planète grâce à ses budgets vertigineux et à sa proximité avec les géants d'Internet.

Barack is listening to you. » C'est un programme orwellien de surveillance dont les détails émergent depuis quelques mois. Certes, dans la communauté du renseignement où il n'est de plus grand crime que l'ignorance, tout le monde sait que tout le monde écoute tout le monde. Mais la National Security Agency (NSA) accusée d'avoir espionné la chancelière allemande, «  conduit une formule 1 là où les Européens ont un vélo », assure un praticien du renseignement.

Washington, dont les dépenses militaires représentent presque la moitié de celles de toute la planète, investit dans le seul renseignement 75 milliards de dollars par an. Soit 2,5 fois le budget militaire français. La NSA dispose de 40.000 agents et de centaines de satellites espions, contre 2.500 spécialistes du renseignement électronique et une douzaine de satellites pour Paris - qui dispose toutefois d'un réseau d'écoutes au sol comptant peu d'équivalent grâce à ses territoires d'outre-mer. Les Etats-Unis profitent, eux, de la présence sur leur sol des principaux centres serveurs et routeurs des géants du Web. Et ne se privent pas d'installer des «  pinces à linge » sur des câbles à l'autre bout du monde.

 

 

Un siècle de conversations téléphoniques américaines

 

Le programme XKeyscore, révélé par le transfuge Edward Snowden l'été dernier, aurait infiltré 700 serveurs dans des dizaines de pays. YouTube, Apple, Google, Skype, Facebook, AOL, sont réputés aussi fournir dans leurs logiciels des «  back door » à la NSA. L'un des six centres de stockage de données de cette dernière, dans l'Utah, pourrait stocker un « yottaoctet » (dix millions de milliards de milliards) de données, soit un siècle de conversations téléphoniques des Etats-Unis et plusieurs années de flux Internet mondial.

 

Ce programme systématique vise à collecter et enregistrer le maximum de métadonnées, c'est-à-dire qui a téléphoné ou e-mailé à qui, quand et où, les historiques de navigation sur Internet, les activités sur les réseaux sociaux, voire les positionnements GPS des portables. Utile par exemple pour connaître les contacts et les propositions d'un concurrent sur un appel d'offres. S'il était impossible jadis d'analyser une telle masse d'informations, «  cela n'est plus vrai, grâce aux logiciels d'intelligence artificielle », estime Alain Juillet, président du club des directeurs de sécurité d'entreprises, qui estime «  impossible de prévenir l'interception d'un appel, mais possible d'empêcher le décodage du message grâce aux téléphones cryptés dont il est urgent que politiques et industriels se dotent ».

 

Source: les echos.fr

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