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Publié par Saoudi Abdelaziz

Le chef de la police de Dubaï, Dahi Khalfan. Marwan Naamani/

Dahi Khalfan, le chef de la police de Dubaï:

« Plus nos fonds souverains sont importants, plus nous plaçons de l’argent dans les banques des pays occidentaux, et plus le complot pour renverser nos gouvernements existe»

 

 

 

Un complot international contre les États du Golfe ?

 

 

 

 

 

Le chef de la police de Dubaï a mis en garde contre un « complot international » visant à renverser les gouvernements des pays du Golfe, affirmant que la région devait se préparer à des menaces de musulmans dissidents, de la Syrie ou de l’Iran. « Un complot mondial se prépare contre les États du Golfe en particulier, et contre les pays arabes en général (...) Il y a une volonté programmée de s’emparer de nos fortunes », a ainsi déclaré Dahi Khalfan, un responsable émirati de la sécurité connu pour son franc-parler. « Plus nos fonds souverains sont importants, plus nous plaçons de l’argent dans les banques des pays occidentaux, et plus le complot pour renverser nos gouvernements existe. Les Frères (musulmans) et leurs gouvernements en Afrique du Nord et à Damas doivent savoir que le Golfe constitue une ligne rouge, non seulement pour l’Iran mais aussi pour les Frères eux-mêmes. »

 

Ces propos interviennent après l’arrestation d’au moins 20 dissidents depuis avril aux Émirats arabes unis, selon des parents de prisonniers et d’activistes. La plupart sont des islamistes visés par une campagne officielle, alors que l’État s’inquiète des conséquences de la percée des Frères musulmans en Égypte. Des responsables émiratis ont annoncé la semaine dernière que les autorités enquêtaient sur un groupe ayant des liens avec l’étranger et qui préparait des « crimes contre la sécurité de l’État».

 

 

 

 « Je ne savais pas qu’il y avait autant de Frères musulmans dans les pays du Golfe. Nous devons rester vigilants parce que plus ces groupes prennent de l’ampleur, plus grande sera la probabilité qu’il y ait des troubles », a déclaré M. Khalfan. « Nous sommes conscients que des groupes complotent pour renverser les gouvernements des pays du Golfe, à long terme. »

 

Source : Reuters,

 

 

 

 

 

Dubaï invoque la menace de complot international !

 

 

 

 

 

Nouvelles mesures anti-révolte dans les principautés du Golfe

 

 

 

 

 

Par Djamel Bouatta

 

 

Le premier flic des Emirats arabes unis a mis en garde contre un "complot international" visant à renverser les gouvernements des pays du Golfe !

 

 

 

Dahi Khalfan, responsable de la sécurité connu pour exprimer tout haut ce que la famille régnante rumine, pense et projette de réaliser, a affirmé à Dubaï que la région, c’est-à-dire tous les pays du Conseil de coopération du Golfe, devait se préparer à des menaces de "musulmans dissidents" de la Syrie ou de l’Iran.

 

 

 

On aura compris, les têtes couronnées de cette région seraient menacées par les chiites. Connu pour son franc-parler, le monsieur sécurité des Emirats n’a donc pas eu le courage de désigner nommément ces "musulmans dissidents", lesquels, il est vrai, sont remuants dans les pays du CCG et pas seulement qu’à Bahreïn et en Arabie saoudite. Considérés comme des citoyens de second ordre, les chiites, sous surveillance permanente, sont accusés de vouloir importer le "printemps arabe", quant ce n’est pas le modèle iranien.

 

 

 

Face à ce danger, le roi Abdallah d’Arabie saoudite ne s’est-il pas attribué le rôle de gendarme en contenant l’insurrection chiite et, on l’oublie de le souligner, de sunnites également contre la famille régnante à Bahreïn ? Et rallier à cette nouvelle cause les régimes arabes qui n’ont pas encore été contaminés par le "printemps arabe", Khalfan avertit que "ce complot mondial se prépare contre les États du Golfe en particulier, et contre les pays arabes en général. Lorsqu’il déclare : "Il y a une volonté programmée de s’emparer de nos fortunes", au lieu de cibler les banques et fonds occidentaux où les princes du Golfe ont placé les important revenus des hydrocarbures de leurs pays, le porte-parole officieux de ces derniers pointe du doigt les Frères musulmans et leurs gouvernements en Afrique du Nord et demain, selon lui, à Damas, et qui doivent savoir que "le Golfe constitue une ligne rouge, non seulement pour l’Iran mais aussi pour les Frères eux-mêmes."

 

 

 

Et puis, il faut se garder d’oublier que les pays du Golfe, qui, aujourd’hui sont des acteurs politiques émergents dans le monde arabo-musulman, exécutent l’agenda des grandes puissances occidentales. Leurs inquiétudes et mises en garde sont intervenus après une vague d’arrestation depuis avril aux Émirats arabes unis, de présumés activistes au service de Frères musulmans. D’autres responsables sécuritaires émiratis ont annoncé la semaine dernière que les autorités enquêtaient sur un groupe ayant des liens avec l’étranger et qui préparait des "crimes contre la sécurité de l’État". "Je ne savais pas qu’il y avait autant de Frères musulmans dans les pays du Golfe. Nous devons rester vigilants parce que plus ces groupes prennent de l’ampleur, plus grande sera la probabilité qu’il y ait des troubles", a déclaré Khalfan. Dubaï, comme Qatar ou Ryad s’inquiètent au plus haut point des conséquences de la percée des Frères musulmans en Égypte et de leur prolongement idéologique en Libye, Tunisie et au Maroc. Ces mises en garde ne sont-elles pas un prélude d’un futur conflit entre salafistes frappés du sceau du wahhabisme saoudien et prônant le retour sur le plan sociétal et cultuel au premier temps de l’islam, et les Frères musulmans qui eux en font une lecture plus moderne, pour accommoder la religion au temps présent dans les aspects de la vie publique.

 


Liberté, 28 juillet 2012

 

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