Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Publié par Saoudi Abdelaziz

 

 

Roi et Emirs pour "redresser la situation"

 

Trois des Emirats, cinq de l'Arabie Saoudite et quatre du Koweït. Les milliards de dollars affluent du Golfe. Douze milliards, soit exactement la somme dont avait besoin l'Egypte pour équilibrer sa balance des paiements. Les régimes du Golfe, Qatar inclus, qui ont toujours été méfiants à l'égard des Frères musulmans et leur préfèrent les salafistes, ont ostensiblement appuyé le coup d'Etat de l'armée.

Le quotidien El Watan titre en une :"Des pays du golfe au secours de l'Egypte". L'édito complète: "Transition difficile en Egypte". Hassan Moali rassure sur l'avenir : "Débarrassé de Morsi, le pays du Nil, qui est au bord de la banqueroute, peut espérer désormais un redressement de la situation grâce aux monarchies du Golfe qui volent au secours des nouvelles autorités provisoires du Caire".

 

 

 

 

Les bourgeois dans les rues du Caire

 

 

 

Très mobilisées depuis le début de la révolution, les classes aisées de la capitale égyptienne sont sorties dimanche soir manifester. «  On veut notre liberté. Ce n’est pas un coup d’état militaire. Il faut que monsieur Obama le comprenne » crie cette mère de famille résidant à Zamalek, « Il faut que les Etats-Unis cessent de financer les Frères musulmans et toute cette mafia terroriste internationale comme le Hamas. Ces gens là n’ont rien à faire de l’Egypte, ce sont des voyous. ».Tandis que le cortège s’avance dans un ordre joyeux sur le pont Qasr al Nil, plusieurs avions de la patrouille nationale rivalisent de prouesses et dessinent le drapeau tricolore dans le ciel jaune de fin de journée. Des hélicoptères arrivent à leur tour, laissant flotter derrière eux d’autres drapeaux de la nation. Le ballet semble parfaitement orhestré à tel point que la spontanéité de la manifestation pose question. Et pourtant « C’est vraiment spontané, assure ce jeune homme sur sa Honda 1000 portant fièrement le portrait de l’Obama-Ben Laden, c’est la grande révolution du peuple Egyptien ! » Cet anti-américanisme déclaré des bourgeois du Caire est-il une réalité assumée ou une opération de com' pour tenter de se rallier l’autre partie de l’Egypte ? «  Bien sur que non, répond cet ancien ingénieur à la retraite, nous voulons vraiment notre liberté par rapport à ce pays. Quant à ceux de Rabbaa, (du nom du quartier où se sont rassemblés les Frères musulmans) il ne faut pas leur faire confiance, ils mentent. Tous".

 

 

 

Le mouvement Tamarrod se démarque

 

Vingt-quatre heures après que les représentants religieux de l’alliance anti-Morsi (le parti salafiste Al Nour et le recteur de la mosquée Al Azhar, Ahmed El Tayeb) ont pris leurs distances vis-à-vis de la coalition de transition, c’est sur le front laïque de l’alliance qu’Adly Mansour, président par intérim de la République égyptienne, est attaqué. Le mouvement Tamarrod, à l’origine de la révolution du 30 juin, commence en effet à ruer dans les brancards. Le mouvement de contestation a déclaré sur Twitter que la « déclaration constitutionnelle » présentée dans la nuit de lundi à mardi par le président intérimaire était « impossible à accepter car elle prépare une nouvelle dictature ». Une annonce qui pourrait faire l’effet d’une bombe, ici au Caire, et fragilise encore plus un président de transition qui se transforme peu à peu en pompier de service. Les leaders du mouvement Tamarrod, qui avaient été reçus par le général Al Sissi, au lendemain de la destitution de Mohamed Morsi, pour participer aux négociations dans le cadre d’un futur gouvernement de transition, estiment que cette déclaration constitutionnelle « accorde trop de pouvoir au président par intérim et représente un revers pour la révolution ». Tamarrod a d’ores et déjà décidé de présenter ses propres amendements à la Constitution pour la suite des négociations.

 

 

Maroc. Qui va "actionner le levier"

 

C'est la dernière phrase de la conclusion de L'édito de Tel Quel paru le 10 juillet qui affirme que le départ des islamistes  du pouvoir est d'actualité : "Mohamed Morsi a réalisé l’exploit de faire l’unanimité contre lui", écrit-il.  Il note les différences entre les deux pays: "Abdelilah Benkirane ne risque pas d’être déposé par l’armée", "aucune chance qu’une pétition anti-gouvernement rassemble chez nous 22 millions de signatures", "pas de risque non plus de voir des centaines de milliers de nos compatriotes camper sur une place publique, comme Maydan Tahrir, pour revendiquer le départ de notre Chef de gouvernement élu".

Malgré ces handicaps, TelQuel conclut: "Cet acte 2 de la révolution égyptienne devrait lui rappeler ceci : la rue donne le pouvoir, mais peut aussi le reprendre. Et il y aura toujours un acteur politique pour actionner ce levier".

Quel serait cet acteur miraculeux ? Le Roi?

 

 

 

"Ce qui s'est passé a montré que l'Egypte ne peut pas être dirigée par un bloc, politique ou religieux, contre les autres.

 

Tout dirigeant qui aspire à gouverner l'Egypte doit être transpartisan, en mesure de discuter avec tous les courants, même si lui-même a un ancrage politique et idéologique bien marqué. Ce qui a cruellement manqué à Mohamed Morsi.

 

Ensuite, tout dirigeant qui aspire à diriger l'Egypte doit tenir compte du poids insurmontable de l'armée. Celle-ci garde un poids excessif, dangereux, parce qu'il relève d'une logique étouffante. Ce n'est plus une armée qui pousse à moderniser le pays, c'est une armée qui empêche le pays de se moderniser.

 

Enfin, les courants démocratiques sont encore frileux. Ils préfèrent s'abriter derrière les chars, et cherchent la sympathie des Occidentaux plutôt que celle de la populace". (Lire la suite de l'article de Abed Charef)

 

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article