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Publié par Saoudi Abdelaziz

 

 

 

Les coups d'Etat militaires comportent des différences, parfois essentielles dans leurs motivations et leurs technique. Tour d'horizon (sans le cas algérien).

 

 

Certains coup d'Etat sont des insurrections menées par des officiers subalternes,  à l'insu de leur hiérarchie, même s'ils obtiennent son ralliement après coup.  C'est le cas de l'Egypte en 1952 avec Gamal Abdenasser et les Officiers libres, de la Libye en 1969 avec la capitaine Kadhafi, du Burkina Faso en 1983 avec le très politisé commandant Thomas Sankara, qui a sans doute inspiré Hugo Chavez dans sa tentative de 1992. En Europe, la Révolution des Œillets du Portugal a été menée par des capitaine qui ont rapidement cédé le pouvoir aux civils. 

Ces insurrections militaires par le bas se sont en général trouvées en communion totale avec les peuple.

 

 

Le coup d'Etat des "colonels" en Grèce en 1967 ne ressemble en rien à celui du Portugal ou d'Egypte. Organisés par les services secrets et la Gendarmerie, avec l'appui des services spéciaux occidentaux, il visait à bloquer la puissante volonté de changements politiques qui risquait de déboucher sur un pouvoir de gauche. La "dictature des colonels" qui durera six ans, deviendra quand même infréquentable, même par ses parrains étatsuniens.

 

Passons sur la célèbre opération sécrète baptisée AJAX, menée durant l'été 1953 par le Royaume-Uni et les États-Unis, exécutée par la CIA.  Objectif: évincer le premier ministre Mossadegh afin de préserver les intérêts occidentaux dans l'exploitation des gisements pétrolifères iraniens.

 

En Amérique latine, la culture du "golpe de estado"  était, jusqu'à la fin des années 80, entretenue et contrôlée par les services américains dans le cadre de la doctrine Monroe de la chasse gardée ,qui interdisait l'existence de régimes indépendants de l'Oncle Sam. Cuba faisait exception à la règle! Le coup du 11 septembre 1973 au Chili il a détruit un régime légitime conduit par Allende un social-démocrate qui a le tord de remettre en cause l'emprise américaine et d'établir des rapports normaux avec Cuba.

 

 

 

Le golpe chilien est un "cas d'école", une sorte de bréviaire de la communauté internationale du renseignement pour réussir un coup d'Etat contre un gouvernement légitime. C'est une opération très  innovante, montée avec le concours des scientifiques américains de la Rank, sur commande de la CIA. Les sciences sociales et celles du comportement notamment ont été mises à contribution.  On coordonnera des actions de masse, des campagnes médiatiques par le biais de journaux "amis", des grèves de camionneurs pour paralyser les approvisionnements, des manifestations de mécontentement de ménagères contre les pénuries qui en découlent. Le tout précédé, après l'assassinat du général Schneider,  par la neutralisation des légalistes à l'intérieur de l'armée.

 

Le journaliste Yassin Temlali note dans un post sur Facebook que les pannes de courant ont miraculeusement cessé depuis la destitution de Mohamed Morsi. Comment s'est opéré techniquement "le redressement révolutionnaire" égyptien. Dans Reporters-dz, Len Azizi décrit l'opération: "Les images diffusées sur YouTube de l’arrestation de Mohamed Morsi montraient chez une partie de ceux qui sont venus l’embarquer une volonté d’humilier. Il faut le menotter, entend-on parmi certains des excités. Le coup d’Etat contre Mohamed Morsi s’est accompagné d’un terrifiant discours éradicateur dans des télévisions, appartenant souvent à des ploutocrates du régime Moubarak, appelant à « extirper » les Frères musulmans d’Egypte. De manière saisissante, le procureur général égyptien illustre la situation délétère dans laquelle se trouve l’Egypte : après avoir signé les mandats d’arrêt contre des centaines de dirigeants islamistes, dont Morsi, il a démissionné. 24 heures pour tout faire et partir".

 

Sans préjuger de ses motivations et de ses objectifs réels, on peut dire que le coup de force égyptien a mis à profit les techniques qui ont fait le succès de l'opération chilienne : jonction avec un réel mouvement de mécontentement, précédé par une intense campagne des nombreux médias contrôlés par les "amis".  En Egypte, l'opération est conduite par Abdel Fattah al-Sissi (59 ans), chef du renseignement militaire formé en Grande Bretagne et aux Usa, et qui avait été choisi par l'armée, avec l'accord de Morsi, pour remplacer le vieux maréchal Tantaoui, en août 2012 .

 

 

Saoudi Abdelaziz, 6 juillet 2013

 

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