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Publié par Saoudi Abdelaziz

 
Une manifestation de chômeurs en Algérie.
DR

 

 

 

Par Younès Saadi, 26 août 2013

 

 

Le Comité national pour la défense des droits des chômeurs (CNDDC) a fait le point hier sur ses activités au cours d’une conférence de presse animée au siège de l’association Raj à Alger. Pour son porte-parole, Tahar Belabès, les actions menées entre janvier et juillet par le comité sont une « réussite et un pas en avant ».

 

« En l’espace de huit mois, nous avons réussi à marquer des points et à réaliser des progrès. Grâce aux différentes actions de protestation que nous avons menées, la question de la lutte contre le chômage est devenue un sujet de discussion national, tout le monde en parle, dans les cafés, les restaurants et même en Conseil des ministres et autres. Voilà la première réussite à souligner », a-t-il dit, avant d’ajouter : «L’autre acquis remarquable à faire valoir est sans doute le caractère national et pacifique de notre mouvement. Des jeunes issus des quatre coins du pays se rencontrent, discutent des questions qui les concernent et organisent des actions de protestations ensemble.» «Le CNDDC, a-t-il ajouté, a ouvert le débat sur les entreprises de la sous-traitance dans le sud du pays et a démasqué devant l’opinion publique les pratiques esclavagistes de ces dernières.» M. Belabès dénonce ce qu’il appelle les «agissements irresponsables du gouvernement». «Le gouvernement tente de nuire à notre image et nous décrédibilise devant l’opinion publique nationale, au lieu d’ouvrir de vrais canaux de dialogue», a-t-il déclaré.

 

La présence de la chaîne de télévision privée Ennahar TV dans la salle a été une occasion pour Tahar Belabès de commenter les informations rapportées par cette dernière sur sa personne et sur son mouvement. «Contrairement à qu’a annoncé cette chaîne, je n’ai jamais été à Genève et je n’ai jamais rencontré des personnes étrangères en vue de planifier le chute du régime en Algérie», a-t-il répondu au journaliste d’Ennahar TV pris pour cible par l’ensemble des membres du bureau national du CNDDC. Enfin, Tahar Belabès annonce la reprise des actions de protestation dès la rentrée sociale.

 

Pour sa part, le président du CNDDC, Abdelmalek Aybak, s’en est pris à la politique de l’emploi engagée par les pouvoirs publics ces derniers temps. Sa cible : le pré-emploi et les crédits Ansej. «La question du chômage ne se règle pas avec le pré-emploi et les crédits de l’Ansej», a-t-il lancé. Sur l’Ansej, il dira que cette formule compliquera la vie des jeunes dans les prochaines années. «Aucune partie ne profite des crédits de l’Ansej. L’Etat injecte de l’argent qu’elle ne pourra pas récupérer, les jeunes s’amusent à acheter des véhicules qu’ils ne pourront jamais rentabiliser, l’économie nationale perd aussi puisque tout le matériel de l’Ansej est importé», a-t-il expliqué. «Avec quoi les jeunes pourront-ils rembourser les crédits de l’Ansej ?», s’est-il interrogé. Les entreprises de la sous-traitance n’ont pas échappé aux tirs du premier responsable des chômeurs. Ces dernières, selon lui, violent la loi au vu et su de l’Etat algérien qui s’est montré impuissant et petit devant «ces esclavagistes». «Le décret régissant la sous-traitance, promulgué le mois d’avril dernier par le Premier ministre, attend toujours son application», a-t-il fait savoir. Tout travailleur qui osera réclamer l’application de ce décret sera licencié directement, indique la même personne.

 

Interrogé sur la nature des rapports qui les lient avec le FFS, le membre actif du CNDDC, Belkacem Khencha, rappelle que leur mouvement est non partisan, avant de reconnaître que le FFS est la seule formation politique en Algérie qui les soutient dans leur combat. «Le FFS nous a toujours soutenus. Ses cadres assistent à nos actions et reconnaissent la légitimité de nos revendications», a-t-il précisé.

 

Source: reporters.dz

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