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Publié par Saoudi Abdelaziz

 

Après quinze jours de grève

 

Les employés de l'Enor reprennent le travail

 

 

Les employés de l’Entreprise d’exploitation des mines d’or en Algérie (Enor) ont décidé de reprendre le travail à la mine d’Amasmassa, après une grève de quinze jours.

La commission mise en place par le ministre de l’énergie et des Mines, la semaine dernière, pour s’enquérir de leurs conditions socioprofessionnelles et des véritables raisons de la dégradation de la situation financière de l’entreprise, s'est engagée à transmettre au ministre toutes les préoccupations des employés.

D’ailleurs, les travailleurs, après un débat sanctionné par un procès-verbal, ont exigé “une vaste opération d’assainissement dans les plus brefs délais, à l’effet de mettre fin aux dirigeants ayant gangrené l'Enor”, selon un employé.

La décision de la reprise a été ainsi prise en concertation avec l’ensemble des employés et les membres de la section syndicale de l’entreprise, qui ont fini par trouver un terrain d’entente avec l’administration qui s’est engagée, de son côté, à prendre en charge les problèmes les plus urgents.

Selon le secrétaire général de la section syndicale, Ahmed Karbadou, “la satisfaction des dix points inscrits à l’ordre du jour de cette réunion, dont la régularisation des rappels de l’indemnité de l’expérience professionnelle, la régularité dans le virement des rémunérations mensuelles, la révision de la convention collective, la non-poursuite administrative et judiciaire des grévistes et l’annulation des décisions de licenciement prévues par l’administration, n’est qu’une solution provisoire pour maintenir les machines de la mine d’Amasmassa en marche et, par ricochet, sauver presque 600 emplois”.

Contacté par nos soins, l’ex-directeur de l'Enor, Adila Kaouès, a dénoncé avec virulence l’utilisation des produits toxiques dans l’extraction de l’or : “Malgré la clarté des textes de lois sur la gestion, le transport et l’utilisation des produits toxiques, on continue toujours à en utiliser dans la mine d’Amasmassa. On fait usage des produits aussi toxiques les uns que les autres, dont le cyanure, sans aucun respect des lois. Le pire est qu’on utilise de faux documents pour importer des quantités astronomiques de ces produits qu’on expose sans scrupule dans la nature, en mettant en danger la vie de centaines d’hommes et en portant de graves atteintes à la faune et à la flore. Devant cet inquiétant état de fait, les travailleurs et certains cadres de l'Enor ont demandé à ce que les hommes de loi fassent leur travail de protecteurs des lois et des biens en Algérie. Les travailleurs ont été sommés de reprendre le travail, faute de quoi des poursuites judiciaires seront intentées contre eux. Même une mystérieuse délégation a été dépêchée par le ministre de l’énergie et des Mines, d’où une grande satisfaction des travailleurs, mais cela reste loin de résoudre dans l’immédiat l’énigmatique problème des sommes d’argent faramineuses que l’entreprise a dépensées au risque de faire faillite.”

Nous nous sommes rapprochés du directeur général de l'Enor, Mustapha Benzarga, pour des explications sur cette affaire. Cependant, il a refusé toute déclaration à la presse en se contentant de dire : “C'est une entreprise d'état, donc il faut voir avec l'état.” La question demeure ainsi posée.

Rabah Kareche. 20 novembre 2011. Liberté

 

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