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Publié par Saoudi Abdelaziz

Les agents communaux, passée la trêve observée pour les examens du bac, reprennent la grève dès demain matin, à l’appel de leur Conseil national (autonome). Elle sera observée tous les mardis et mercredis. Les revendications mêlent pouvoir d’achat et libertés syndicales. Le mouvement reprend dans un contexte de pressions convergentes contre le droit d’exiger de meilleurs salaires.

 

On ne doit pas importer des produits consommables. Ces biens doivent être produits en Algérie. Il s’agit d’une création d’une richesse renouvelable”, affirmait samedi dernier M. Rebrab, dans un think tank (Liberté 19/6). L’importation de véhicules de tourisme est pourtant une des sources de son accumulation primitive de capital. Derrière cet accès de patriotisme, se trouve la préoccupation réelle : il ne faut pas céder aux exigences d’amélioration du pouvoir d’achat des salariés, les salaires devant rester compétitifs

Le lendemain, à Oran, Reda Hamiani, le président du Forum des entreprises, précise le mot d’ordre patriotique patronal de l’heure : "Plus on donne de salaire et plus l'importation augmente".(Le Quotidien 20/6).

 

Concomitamment ou presque, Mme Tamzali, haut fonctionnaire à l’UNESCO, apporte un supplément d’âme à cette profession de foin, et n’hésite pas à affirmer dans El Watan (19/6) : "Il suffit de défiler pour voir son salaire augmenter. C’est l’argent des générations à venir qui est dépensé".Démocrate convaincue, elle regrette que les protestataires Algériens n’aient pas choisi un autre chemin. "Mais voilà, en Tunisie et en Egypte, la protestation populaire et ce courant constant de résistance et de contestation démocratique et libertaire se sont rejoints dans une alchimie magique ».

 

Cette campagne contre les augmentations de salaires est relayée, ce matin, par la plupart des médias, à l’occasion du changement à la tête d’Air-Algérie. Se prévalant tous d’une source à Air Algérie », les quotidien reprennent l’idée que le limogeage du PDG Bouabdellah est dû au fait qu’il a accordé des augmentations de salaires « excessives » aux grévistes. Ils dénoncent les risques de surenchère des autres salariés de la compagnie.

                                

                                             "L'Etat se réintroduit"                             

 

 La question des salaires n’est pas le seul enjeu pour M. Rebrab. Au Think tank Défendre l’entreprise cité plus haut, il met en garde : "L'Etat se réintroduit à tous les niveaux. Les entreprises du secteur privé se limitent à faire de la sous-traitance et de la transformation. Il n'y a pas de théoriciens de la croissance et on ne sait pas de quoi sera faite l'Algérie de demain". Auparavant, un certain Benhassine, économiste principal à la Banque mondiale, avait relevé, parmi les patrons, un bas niveau de l’indice du climat des affaires en Algérie.

Le professeur d’économie politique Bouzidi, présent au think tank, renchérit : « Il y a une lutte impitoyable entre la bureaucratie rentière et les capitaines d’industrie du secteur privé. On a peur de ces chefs d’entreprise. Ils frapperont aux portes du pouvoir, forts de l’émergence de 150 champions nationaux et 50 champions internationaux, l’idée les effraie.” En attendant les champions, comme au théâtre, on s’ennuie quelque fois.

Quant aux recettes de  l’économie politique libérale, on ne sait pas sur quel pied danser lorsqu’on lit que le quotidien français de référence en la matière remet en cause la gouvernance en Europe. L’éditorial du Monde du 17 juin intitulé   : « Sauver la Grèce, quoi qu'il en coûte » conclut sur cette phrase ses recommandations : « Et, surtout, en réinventant la gouvernance économique et budgétaire de la zone euro ».

Encore un effort d'invention, messieurs les économistes algériens, il ne faut pas être en retard par rapport à la métropole libérale, sinon vous allez copier un modèle déjà périmé!

 

Saoudi Abdelaziz

 

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