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Publié par Saoudi Abdelaziz

« La situation de l’industrie du carton d’emballage dans notre pays est très critique. Si les pouvoirs publics ne se penchent pas sérieusement sur cette question, nous allons droit dans le mur. C’est la disparition pure et simple de cette industrie, au grand bonheur de l’importation », affirme Mohamed Bousbai, l’un des quelques rares managers d’entreprises de fabrication de carton ondulé à Boumaïza, commune de Benazzouz, Skikda.

Les petites et moyennes entreprises activant dans le secteur et qu’on peut compter sur les doigts d’une seule main, alors qu’elles étaient il y a quelques années à peine une quinzaine, sont confrontées aujourd’hui à de multiples tracasseries les poussant à la fermeture. Sans mise à niveau, ni soutien sérieux et encore moins d’apport technologique pourtant évoqués à chaque rencontre entre des représentants des pouvoirs publics et des opérateurs de différents secteurs, ce créneau est destiné à mourir à petit feu.

Au moment où l’on parle de multiplier la création de petites et moyennes entreprises dans le pays, cette industrie qui fait travailler des centaines de personnes rencontre aujourd’hui les pires difficultés. Plus d’une dizaine de PME de ce secteur à travers le pays ont déjà mis la clé sous le paillasson. Ceci avec le renvoi de leurs employés qui iront grossir les rangs des chômeurs. Alors que le discours officiel prône une politique d’emploi par l’encouragement de l’initiative privée nationale et même du partenariat entre sociétés nationales privées ou publiques et celles étrangères. Le but étant la création de richesses et par là même l’absorption du nombre important de chômeurs.

Malheureusement, ce n’est pas le cas pour le sujet qui nous concerne aujourd’hui, en l’occurrence l’industrie cellulosique. Celle-ci a pourtant donné à ses premiers pas, durant les années 1970 et 1980, beaucoup de satisfaction. Il n’y a qu’à se rappeler de l’importante unité de la Société nationale des industries cellulosiques (Sonic), implantée avec la coopération technique de la Grande-Bretagne sur les bords de la Medjerda, dans la wilaya de Souk-Ahras, en raison de ses besoins en eau. Elle offrait des centaines d’emplois aux habitants de toute cette région mais fabriquait également des produits très prisés en Algérie et même dans certains pays africains où elle exportait. Mais avec l’accumulation des problèmes et une mauvaise gestion, elle commença à péricliter au milieu des années 1990, avant de cesser définitivement toute production à la fin de la même décennie. Cette crise s’est répercutée négativement sur les animateurs collecteurs de papier et transformateurs qui livraient auparavant leurs ballots aux usines de production de l’emballage à carton dont celui ondulé. Cette industrie offrait du travail à des dizaines de milliers de personnes en amont et en aval. Aujourd’hui, 10 unités sont inscrites aux abonnés absents. Les péripéties vécues par Tonic Emballage sont à cet effet édifiantes.

Pourtant, les besoins du pays ne cessent de croître d’année en année. Ils sont passés de 100 000 tonnes en 2008 à plus de 150 000 t en 2010, soit une croissance de 50%. Les barons de l’import-import et leurs serviteurs au sein des rouages de l’administration peuvent se frotter les mains. L’importation de ce produit rapporte gros. Son prix payé en devises est autrement supérieur à celui produit localement. Cela sans tenir compte de la disparition de milliers de postes de travail dans le pays et par conséquent faire tourner l’industrie étrangère au détriment de l’économie nationale.

A. Bouacha. Le Soir d’Algérie, 6 août 2011

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