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Publié par Saoudi Abdelaziz

 

Le risque  d’une très forte abstention aux élections législatives se confirme. Les partis engagés dans la compétition mettent actuellement au centre de leur campagne la lutte contre l’absentéisme.

 

Cette campagne commence à être relayée dans la classe médiatique. « Réfléchir à la pertinence du boycott électoral », c’est le titre d’une analyse récente de Kharroubi Habib dans le Quotidien d’Oran. Cette invite est particulièrement adressée à la base du FFS. Oubliant la réserve coutumière de l’analyste, Kharroubi prend à parti les « acteurs politiques » tentés par le boycott et les met en garde contre le risque de « disqualification irréversible en tant que forces agissantes sur l'échiquier en ce contexte national de recomposition des équilibres politiques ».

Kharroubi précise : « Le Front des forces socialistes (FFS), coutumier du boycott, semble avoir pleinement conscience qu'il n'a pas droit à l'erreur pour cette échéance ; et pour s'en prémunir, il a engagé un vaste débat en interne et des consultations en externe avec d'autres forces politiques et sociales sur la problématique de la position à adopter en l'occurrence ». (Le Quotidien, 18/1/2012)

 

Le FFS n’est pas le seul Front sollicité pour jouer le jeu. De l’autre côté de l’establishment politique, c’est vers le « FIS dissous » que les appels se multiplient.

 

Le vice-président du MSP, Aderrezak Mokri  est direct : « Les leaders du FIS se trompent en ne prenant pas en considération l’évolution de leur électorat ». (El Watan, 20/1/2012)

 

Mohamed Hadibi, porte-parole du parti Nahda est plus nuancé : « Les sympathisants de l’ex-FIS doivent comprendre qu’il serait suicidaire pour toute la mouvance islamiste de perdre des voix lors de ces élections. Nous les avons toujours respectés et défendus et nous comptons sur leur bon sens pour qu’ils aillent voter le jour des élections.»        

Dans le même esprit, Abdelmadjid Menasra, le président du Front du Changement national non encore agréé affirme : «  Les responsables de l’ex-FIS ne devraient pas s’enfermer dans cette attitude, mais plutôt encourager leurs partisans à participer à la victoire du camp islamiste. C’est la seule façon pour eux de faire avancer leurs revendications.»

 

En direction de l’électorat de la gauche informelle, les dirigeants du RND et du FLN semblent adresser des clins d’œil appuyés. Dès le début janvier, le Premier ministre déclarait : "Certains démocrates du centre et de la gauche craignent la victoire d’un courant donné", appelant ces derniers à œuvrer pour "une participation massive au scrutin". (APS, 8/1/2012).

 

Ahmed Ouyahia n’hésite pas à mettre en en scène, de connivence avec la centrale syndicale, son intérêt pour les revendications des syndicats de Rouiba, limitant cependant cet intérêt au problème des cadres retraités maintenus en fonction, ou son patriotisme économique face à Arcelor-Mittal. Mais sans aller trop loin : la multinationale  obtient quand même les 500 millions de pétrodollars qu’elle demandait « pour travailler »-comme le ferait un aspirant de l’Ansej.

 

 

Du côté du courant informel, dit du « PAGS-canal historique » selon les termes de l’ancien premier ministre Ghozali, on semble ne pas aborder frontalement les prochaines échéances électorales, aucune consigne n’ayant été donnée jusqu’ici, à notre connaissance.

 

 

La récente déclaration du mouvement Moubadara du 24 février, lancé en Algérie par d’anciens pagsistes,  porte un titre énigmatique : « Contre les diversions aventuristes et électoralistes ». Après un aperçu sans complaisance des problèmes nationaux à résoudre, elle note : « Les partis politiques du pouvoir et leurs organisations satellites, les partis d’opposition, la presse officielle comme celle dite indépendante, dans leur grande majorité, regardent ailleurs vers les futures élections législatives du mois de mai, en délaissant les problèmes cruciaux qui se posent en ce moment au pays et les cris de détresse du peuple algérien dans son désarroi ».

Sans suggérer de consigne électorale particulière, la déclaration de la Moubadara appelle « à placer les enjeux actuels autour des problèmes sociaux et économiques concrets que vit le peuple algérien. C’est sous cet éclairage que nous devons aborder les prochaines échéances électorales et débats politiques ». Le Blog de Moubadara

Sur le site « SocialAlgérie » animé par Sadek Hadjerès, le dernier secrétaire général du PAGS, on pouvait lire le 15 janvier dernier, sous le titre "la revendication de l’état de droit et la justice sociale ne font qu’un" : « Sans la prise en compte conséquente du social, la revendication politique devient une coquille vide, à la merci des manipulations, vouée à l’impuissance, aux déceptions et aux divisions politiciennes. Les revendications concrètes légitimes, fondées sur des alternatives constructives joignant les intérêts des citoyens et ceux de l’Etat de droit national sont les assises les plus solides pour la mise en mouvement réelle d’un front politique sérieux du changement ». (SocialAlgérie)

 

 Synthèse Blog, 20 janvier 2012

 

 

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