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Publié par Saoudi Abdelaziz

par El-Guellil



Leur seul souci, occuper les espaces. La nature a horreur du vide. Les vides ont donc envahi la nature. Il y a ceux qui ont tout pris, du plus petit carré vert destiné aux enfants à la cour d'école. Kayène ceux qui ont tout pris dans la tijara, ils commercent. Du sucre au café, aux vêtements. D'autres ont accaparé le champ politique. Ils font le chant du pouvoir et le contre-chant avec l'opposition.


Dans ce mouvement, ces foules se défoulent sous la pression du désir de parvenir. Certains n'hésitent pas à franchir le pas, là où il ne faut pas. Enfonçant des clous le petit masmar, avec un marteau piqueur. Les uns s'adonnent à des discours verbeux, vaseux pour vous convaincre. L'approximatif devient la règle. Savoir compter jusqu'à dix, tu peux compter sur eux pour diriger un combat de boxe. La biologie animale n'a pas de secret pour eux. C'est, à peu près, de la biologie végétale. Un bricoleur est, à peu près, un professionnel. Les autres, plus fonceurs, vous regardent avec pitié et vous demandent avec étonnement pourquoi vous ne voulez pas enseigner nimportequoilogie. «Ya bni, ce n'est pas mon domaine». Ils vous rient au visage «ya khi gouffa». Car pour cette espèce-là, il suffit de savoir lire et écrire, pour prétendre à tout.


On a beau avoir les plus hauts diplômes dans une spécialité, cela ne nous donne nullement le droit de fourrer notre nez là où l'on n'y voit rien. La vie, c'est aussi cela. Il faut savoir reconnaître ses limites et il ne sert nullement à rien de vouloir, à l'image de ces animaux qui nous fascinent de plus en plus, tracer notre territoire lorsque nous n'avons même pas les compétences nécessaires pour y entrer.


Des espaces pour nobles et plus honnêtes restent à conquérir dans ce pays d'où nous avons chassé, par ces comportements indignes, nos meilleurs fils. «El bled takoul ses enfants».


Il suffirait de reconquérir son âme, cet espace si proche et si accessible, et que beaucoup d'entre nous ont laissé pourrir, soit dans les placards de l'asservissante prétention, soit dans les commerces de l'à-peu-près.

El Guelil, 7 mars 2012. Le Quotidien d’Oran

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