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Publié par Saoudi Abdelaziz

« Incapable d'obtenir un nouveau plan de relance fiscale du Congrès, Obama sait désormais qu'il va devoir affronter l'élection de novembre avec un taux de chômage autour de 8 % » écrit Virginie Robert, correspondante à New-York du quotidien économique Les Echos. Elle note : « hormis Ronald Reagan, qui a bénéficié d'une croissance du PIB de 7,1%, la dernière année de son premier mandat, aucun président en exercice n'a réussi à gagner le vote des électeurs avec un tel niveau de chômage »

 

 

 

L'emploi, un point faible qui va pénaliser durablement Barack Obama

 

 

Barack Obama est confronté à des indicateurs économiques négatifs qui ternissent son bilan. Il lui faudra être convaincant pour faire oublier un taux de chômage à 8,2 %.

 

C'est toujours dur là-dehors », a constaté vendredi Barack Obama, qui entamait sa première virée dans l'Ohio et la Pennsylvanie à bord de son bus de campagne. Le président a eu beau mettre en avant le rebond des emplois manufacturiers (500.000 sur les 4,4 millions d'emplois créés depuis la fin de la récession) et la loi sur les transports tout juste votée qui va relancer la construction d'infrastructures, les chiffres publiés vendredi prouvent que l'économie continue à ralentir et que les entreprises ont freiné leurs embauches.

 

Sur les trois derniers mois, l'économie américaine n'a créé que 75.000 emplois en moyenne, contre 226.000 au premier trimestre. En juin, le taux de chômage est resté stable, à 8,2%, avec seulement 80.000 emplois créés. « On n'est pas obligé d'être dans cette situation-là. L'Amérique peut faire mieux », a aussitôt réagi Mitt Romney, le candidat républicain, dont la campagne monte en puissance. Il a réussi à lever 100 millions de dollars rien qu'au mois de juin et va cibler prioritairement dans ses messages les faiblesses de l'économie.

 

Sa tâche est facilitée par les derniers indicateurs, qui soulignent l'anémie croissante des Etats-Unis : la production manufacturière commence à se contracter, la croissance des ventes de détail se ralentit. Les Américains ne profitent même pas de la baisse du prix de l'essence pour consommer plus. L'une des rares éclaircies vient du début de stabilisation du marché immobilier, mais c'est encore bien insuffisant. « Nous pensons que la croissance de 1,9 % du PIB enregistrée au premier trimestre sera la plus forte de l'année. Les investissements des entreprises vont continuer à ralentir sous la pression de la récession de la zone euro et de la falaise budgétaire » qui guette les Etats-Unis à la fin de l'année avec un mixte de coupes dans les dépenses de l'Etat et de hausses d'impôt, indique Ethan Harris, chef économiste pour Bank of America Merrill Lynch.

 

 

Défi historique

 

 

Incapable d'obtenir un nouveau plan de relance fiscale du Congrès, Obama sait désormais qu'il va devoir affronter l'élection de novembre avec un taux de chômage autour de 8 %. Car même si la Réserve fédérale décide de la reprise d'un plan d'assouplissement quantitatif avant cette échéance, l'impact sur l'emploi ne pourra pas se mesurer.

 

C'est presque un défi historique pour l'actuel président. Car, hormis Ronald Reagan, qui a bénéficié d'une croissance du PIB de 7,1%, la dernière année de son premier mandat, aucun président en exercice n'a réussi à gagner le vote des électeurs avec un tel niveau de chômage. Obama va donc chercher à faire la différence sur d'autres terrains : la santé, après la décision positive de la Cour suprême sur son texte, l'immigration et l'expansion de la classe moyenne. En attendant, tous les signes d'action sont bons à prendre : Barack Obama a déclaré que les Etats-Unis allaient porter plainte devant l'Organisation mondiale du commerce contre la Chine pour les barrières tarifaires qu'elle impose depuis décembre sur les véhicules américains.

 

 

Virginie Robert, 9 juillet 2012. Bureau de New-York. Les Echos

 

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