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Publié par Saoudi Abdelaziz

« A ces annonces dans le domaine du gaz non conventionnel qui suscitent des appréhensions légitimes chez les défenseurs de l'environnement, viennent s'ajouter les constats d'un surplace dans la mise en œuvre de l'ambitieux programme des énergies renouvelables ». C’est ce qu’écrit l’éditorialiste du Quotidien d’Oran ce matin.

Messaoud Boumaour, directeur de la filiale de Sonatrach chargée de réaliser des panneaux solaires confiait hier sur les ondes de la radio Chaîne III : « Nous sommes en 2012, il a fallu 5 ou 6 années pour acquérir les équipements nécessaires. C’est incompréhensible, et surtout inadmissible”. A propos de l’objectif de produire 40% de l’énergie à partir des énergies renouvelables d’ici à 2030, M. Boumaour affirme : « C’est quasiment impossible”.

Mais on ne peut pas être au four et au moulin, M. Boumaour. Priorité au gaz de schiste : ceux qui décident de l’avenir de l’Algérie semblent avoir suivi les conseils des amis américains et estiment que pour les énergies renouvelables il faut se hâter lentement. (D’où les freins « bureaucratiques » ?) Quant au manque stratégique d’eau, qui peut penser que la recherche effrénée du kamoun va s’embarrasser de cette question secondaire ?


Synthèse blog

 

 

 

FRANC SOLEIL !

 

par M. Saadoune

 

 

L'Algérie va vers le gaz de schiste. Après les responsables du secteur de l'énergie, le dernier en date étant le PDG de Sonatrach, un haut responsable de Royal Dutch Shell l'a confirmé en évoquant des «discussions sérieuses» avec l'Algérie. Dans les milieux des spécialistes, les avis sont réservés, sans être réellement tranchés, le pays devant, pour satisfaire ses engagements futurs, trouver de nouvelles réserves y compris en explorant la piste du gaz de schiste.


A ces annonces dans le domaine du gaz non conventionnel qui suscitent des appréhensions légitimes chez les défenseurs de l'environnement, viennent s'ajouter les constats d'un surplace dans la mise en œuvre de l'ambitieux programme des énergies renouvelables. Ce programme prévoit d'installer une capacité de production d'origine renouvelable de près de 22.000 MW entre 2011 et 2030, dont 12.000 MW seront affectés à la couverture de la demande locale d'électricité et 10.000 MW à l'exportation. Assurer 40% de la consommation domestique d'électricité à partir des énergies alternatives en 2030 sera-t-il tenu ? La directrice «Stratégie» à Sonelgaz, qui chapeaute le projet, a parlé d'un «bon démarrage» du programme qui a des «objectifs très ambitieux, et nous sommes capables de les atteindre».


Désormais, un autre son de cloche, fort différent et à la tonalité beaucoup moins optimiste, est venu de Messaoud Boumahour, directeur d'une université spécialisée dans le développement des technologies du silicium (UTDS). Ses constats méritent d'autant plus d'être entendus que l'UTDS est partie prenante du programme : l'environnement adéquat à sa mise en œuvre n'est pas encore mis en place et il s'ensuit qu'en «l'état actuel des choses», les objectifs de 40% de la consommation d'électricité à partir du renouvelable sont «impossibles» à atteindre. Voilà un parler vrai assez rare en Algérie où la tendance à la réserve et la répugnance à mettre sur la place publique des situations difficiles ou politiquement indésirables est la règle. Les constats du directeur de l'UTDS, que l'on peut lire sur le site Maghreb Emergent, sont parlants : on peut avoir de très beaux projets en théorie, cela restera un vœu en raison de l'incapacité nationale à mettre en place les ingénieries nécessaires pour les mettre en œuvre. «Nous n'avons pas les bases suffisantes ni les prérequis», a-t-il déclaré en relevant que si l'importation de la matière première et le recours aux technologies détenues par d'autres sont nécessaires, le problème est que l'Algérie n'est pas organisée pour s'accaparer du savoir-faire.


L'Algérie dispose d'un potentiel énergétique solaire qui dépasse les 5 milliards GWh/an, avec une moyenne annuelle de la durée d'ensoleillement variant de 2.550 heures dans le Nord à 3.600 heures dans le Sahara avec une capacité respective de 1.700 et 2.650 KWh/m²/an. C'est un gisement durable. Et il faut prendre la franchise avec laquelle s'exprime le directeur de l'UTDS comme l'expression d'un attachement à un programme prometteur et à la justification évidente. Il faut y voir une alerte sous le soleil.

 

M. Saadoune, 13 juin 2012. Le Quotidien d’Oran

 

 

Équipements de l’usine de fabrication des panneaux solaires

 

 

Des procédures d’acquisition lourdes

 

Par : Badreddine KHRIS

 

 

Le projet débutera avec l’entrée en production de l’unité de silicium prévue à partir de l’année 2013.

L’usine de production du silicium, destinée à la fabrication de panneaux solaires, sera opérationnelle dès l’année 2013. Le projet coûtera plus de 250 millions d’euros.
L’unité produira 116 mégawatts, soit une capacité de production moyenne en comparaison aux grandes entreprises qui fabriquent jusqu’à 800 MW/an. L’unité de développement du silicium (Uds) chargée du suivi de ce projet par Rouiba Éclairage, une filiale du groupe Sonelgaz, aura à contrôler ainsi les clauses et la convention avec le partenaire allemand qui est le fournisseur des équipements.

Uds assurera également la formation du personnel en technologie qui, faut-il le souligner, requiert un savoir-faire assez précis.

Pendant les 5 premières années, la société va importer la matière première notamment les gaz spécifiques et autres consommables qui représenteront 60% du coût du panneau photovoltaïque.

En contrepartie, “l’entreprise bénéficiera d’un transfert de technologie qui s’effectuera de manière graduelle”, a expliqué, hier, Messaoud Boumaour, directeur de l’Uds sur les ondes de la radio Chaîne III.

Ces intrants seront toutefois développés par un réseau de sous-traitants composé de PME implantées à la périphérie de cette usine. Le ministère de l’Énergie a, par ailleurs, lancé des appels d’offres pour l’exploitation de la silice dans plusieurs régions du pays.
Les Japonais ont d’ores et déjà exprimé leur intérêt pour ce projet. M. Boumaour plaide pour la création d’un environnement technologique avec un personnel bien formé, une coopération internationale à travers des relations avec des laboratoires pour que les investissements se fassent dans de meilleures conditions.
6 années pour obtenir les équipements !

Car, a-t-il déploré, les procédures d’acquisition des équipements restent encore très lourdes en Algérie. Pendant trois ans, le code des marchés publics a subi plusieurs modifications. “Depuis 2007, on nous a alloué un budget assez conséquent dans le cadre du Fonds national de recherche. Nous sommes en 2012, il a fallu 5 ou 6 années pour acquérir les équipements nécessaires. C’est incompréhensible, et surtout inadmissible”, dénoncera le directeur de l’Uds. Pour lui, “attendre 7 années pour obtenir des équipements, cela n’a pas de sens”. L’objectif de produire 40% de l’énergie à partir des énergies renouvelables d’ici à 2030 sera, selon M. Boumaour, difficilement réalisable compte tenu de l’état actuel des choses. “Pour le moment, nous n’avons pas les bases suffisantes pour dire que nous atteindrons cet objectif en 2030. C’est quasiment impossible”.

 

Badreddine Khris, 13 juin 2012. Liberté.com

 

 

 

 

 

La décision prématurée sur les gaz non-conventionnels

 

 

La Nation republie cette semaine une étude très documentée de Ali Kefaifi, sur la question de l’exploitation du gaz de schiste (gaz non conventionnel), intitulée « la décision prématurée sur les gaz non-conventionnels ». Cet ingénieur des Mines et économiste pétrolier, étudie, cartes et tableaux à l’appui,  les diverses dimensions du problème : géologique, environnementale, technique, financière et stratégique. Nous publions la conclusion de cette étude.

 

 

(…) CONCLUSION

 

Autres articles

Les défis actuels de l’industrie mondiale du gaz non conventionnel

  • Nombre élevé de forages
  • Maitrise de la géologie régionale
  • Nombre élevé de pipelines en cas d’exploitation (une future industrie de spaghettis)
  • Exploitation des pipes, non rationnelle car les débits de gaz chutent de 10 à 1, d’où des coûts de transport très prohibitifs car le cout du transport varie exponentiellement avec l’inverse du débit
  • Conséquences environnementales
  • Incertitudes sur la régulation et la compétence (GN nouveau) des personnels des Agences
  • Incertitudes sur les coûts et les prix
  • Eau, stress hydrique, évolution du climat au Maghreb
  • L’Algérie est certes le …. 1er pays d’Afrique (en superficie) mais 80 % sont désertiques (stress hydrique ou absence de stress par absence d’eau !)
  • Rôle du pétrole en 2020 et absence probable de Fonds Financiers pour supporter les subventions (mais le FMI sera toujours là … comme en 14 …1994 ! pas 1914 !!)


Les défis du gaz non conventionnels sont nombreux mais l’Algérie dispose déjà de 60 ans de gaz naturel a très bas coût et de quelques 60 autres années de gaz à découvrir.

Dans ce cas, pourquoi se poser un problème, d’autant plus qu’il est insurmontable aujourd’hui et qu’il aura une solution technique et économique plus favorable après 2025 ?

On pourrait rétorquer « pourquoi faire simple, quand on peut faire compliqué »

Pourquoi s’allier à un Groupe pétrolier (ENI) qui n’a aucune expérience dans les Gaz Non Conventionnels ?

Jusqu’à quand l’Algérie va-t-elle prêter ses marchés (automobiles, camions, fer, gaz) à ces sociétés étrangères pour les aider à rentabiliser leurs mauvais achats de Merging & Acquisitions (GCC, ENI, etc)

La seule stratégie hydrocarbures qui s’impose « aux Algériens d’Algérie » est trop simple à formuler pour devoir être exposée

Les coûts d’exploitation des gaz de schistes algériens seront certainement beaucoup plus élevés qu’Europe, soit de l’ordre de 10 à 12 $/MBtu, soit près de 100 fois le coût du gaz algérien conventionnel, et face à un prix de vente netback Arzew de 3 $/ MBtu.

Le seul avantage est que cela permettra d’augmenter les subventions, les importations de casing (new opportunity !!!), de forer ces trous qu’on n’avait pas pu forer avec CK pour obtenir les 100 puits /10 000km2 au lieu de misérables 10 puits/10000 km2 indignes d’un grand pays comme l’Algérie!)

  • Fonder la stratégie sur les coûts, les coûts, les coûts et les avantages comparatifs
  • Développer Hassi Messaoud par la récupération tertiaire
  • Développer la pétrochimie à base d’éthane et de gaz naturel
  • Développer les industries de base des caoutchoucs et des textiles
  • Associer Sonatrach (industries de 1ere Génération) au seul Privé Algérien et « Relever les Manches Algériennes» : l’argent est disponible et il n’existe aucun savoir-faire ou technologie ou société qui ne s’achète pas !
  • Jusqu’en 2020, les Gaz Conventionnels ne concernent pas Sonatrach, mais un Institut du Gaz Non Conventionnel qui relèverait de l’IAP.

 

 

Ali Kefaifi. Texte intégral : La Nation.info

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