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Publié par Saoudi Abdelaziz

"Quand l'Ouest a accueilli Kadhafi les bras ouverts, les banques se sont précipitées pour vendre au régime des produits financiers hautement sophistiqués tout en étant conscientes des risques élevés de corruption dans un système où il était impossible de séparer les actifs nationaux de la fortune personnelle des dirigeants" critiquait Robert en ces temps-là  Robert Palmer d'une ONG anticorruption britannique  à propos des pertes colossales subies par la LIA dans les placements libyens réalisés par des grandes banques occidentales. L'expert était cité le 26 août 2011 par Marc Roche du journal le monde.

De son côté, Noureddine Belalloufi notait trois jours plus tard dans le journal La Nation : "Les réformes libérales autorisaient, à compter de 1990, la fermeture des entreprises publiques en faillite, la réduction des effectifs de fonctionnaires… Sous l’effet de l’effondrement des prix du pétrole (1986) et de l’embargo américain, les revenus du pays diminuaient sensiblement. L’accroissement des importations et la convertibilité du dinar (1993) provoqueront une dévaluation du dinar libyen et une inflation, sources de détérioration du pouvoir d’achat ".

Les investissements de la Libye à l'étranger se sont révélés de mauvais placements.

Par Marc Roche. Le Monde.fr, 26 août 2011

(…) « Après avoir limité dans un premier temps ses investissements extérieurs aux obligations d'Etat et aux placements en liquide, la LIA a investi dans les actions et l'immobilier. La cible privilégiée a été l'Italie. Unicredit, la plus grande banque de détail de la Péninsule, est ainsi détenue à 2,6 % par le fonds souverain. La LIA contrôle également 2 % du groupe d'aéronautique et de défense Finmeccanica et 7,5 % du capital du club de football Juventus de Turin.

En Grande-Bretagne, le fonds a acheté plusieurs immeubles de prestige à Londres et a pris 3,01 % du capital du groupe d'édition Pearson ainsi qu'une participation dans la Royal Bank of Scotland. Plus récemment, la LIA a créé son propre hedge fund.

"Quand l'Ouest a accueilli Kadhafi les bras ouverts, les banques se sont précipitées pour vendre au régime des produits financiers hautement sophistiqués tout en étant conscientes des risques élevés de corruption dans un système où il était impossible de séparer les actifs nationaux de la fortune personnelle des dirigeants", critique Robert Palmer de l'ONG anticorruption britannique Global Witness à propos des pertes colossales subies par la LIA dans les placements libyens réalisés par des grandes banques occidentales.

Les financiers occidentaux en ont mis plein la vue pour impressionner  les nouveaux riches de la Grande Jamahiriya  populaire et socialiste. Trois grands ténors –Stephen Schwarzman (Blackstone), Frank Carlucci (Carlyle) et Michael Scherwood  (Goldman Sachs) – s'en sont notamment chargés.

Saïf Al-Islam, le fils cadet du Guide et homme fort de la LIA, était en particulier fasciné par la puissance du trio Goldman Sachs, HSBC et Société générale. Après tout, Washington, Londres et Paris choyaient à l'époque le régime redevenu fréquentable. Les trois banques ont dilapidé les fonds libyens qui leur ont été confiés.

Une majorité des transactions concoctées par la crème des banquiers d'affaires se sont révélées de mauvais investissements. Unicredit est touchée de plein fouet par la crise italienne. La valorisation boursière de Pearson est pénalisée par sa diversification dans la presse et RBS a été nationalisée. Le hedge fund libyen FM Capital Partners créé à grands frais par Saïf Al- Islam n'a jamais été opérationnel (...).

Source : Le Monde.fr

Hocine Belalloufi à Aokas. Photo DR

Hocine Belalloufi à Aokas. Photo DR

Agression de l’OTAN ou révolution populaire ? 

Par Hocine Belalloufi, 29 août 2011. La Nation

« (…) L’arme de défense absolue face aux tentatives d’ingérence réside dans la cohésion politique entre dirigeants et dirigés. Or, cette cohésion ne se décrète ni ne s’impose, mais se forge dans le temps et par des actes. Elle doit être librement consentie et reposer sur la confiance. Encore faut-il que les dirigeants soient perçus comme légitimes, c’est-à-dire que leur pouvoir émane de la volonté populaire librement exprimée et qu’ils puissent être remerciés en cas d’échec.

Il convient également que ces mêmes dirigeants satisfassent les besoins sociaux élémentaires de la population (emploi, logement, santé, alimentation, éducation) et empêchent l’émergence d’inégalités sociales et de la corruption.

Tel ne fut pas le cas en Libye. Le passage à l’économie de marché, amorcé en 1988 par la reconnaissance du commerce privé, interdit depuis 1973, et la suppression des subventions aux prix d’un certain nombre de produits de base (blé, thé…) a ouvert la porte aux inégalités sociales et à la formation d’une couche de nouveaux riches, d’affairistes et de corrompus...

L’explosion du commerce informel, en particulier avec Maltes, donnera l’occasion aux responsables des Comités révolutionnaires de contrôler les activités économiques et financières du pays. Certains s’enrichiront en inondant le marché libyen de produits étrangers, en ouvrant des agences de voyage à Malte et à Chypre, en créant des sociétés de transport…

Parallèlement, les réformes libérales autorisaient, à compter de 1990, la fermeture des entreprises publiques en faillite, la réduction des effectifs de fonctionnaires… Sous l’effet de l’effondrement des prix du pétrole (1986) et de l’embargo américain, les revenus du pays diminuaient sensiblement. L’accroissement des importations et la convertibilité du dinar (1993) provoqueront une dévaluation du dinar libyen et une inflation, sources de détérioration du pouvoir d’achat des fonctionnaires. Peu employés dans les hydrocarbures, l’industrie, le bâtiment, les entreprises de nettoyage, la santé, l’enseignement supérieur… du fait du recours à une immigration massive (plus d’un million et demi de travailleurs étrangers) nombre de jeunes vont devenir trabendistes.

On assistera alors au développement d’une mentalité individualiste, les nouvelles générations étant obnubilées par le gain facile, le luxe…

Le processus de libéralisation va s’accélérer à compter de 2003 avec l’encouragement au secteur privé, l’institution d’une Bourse des valeurs, la décision d’adhérer à l’OMC et de coopérer avec le FMI, la création de zones de libre-échange (Benghazi et Muserata), un programme de privatisation de 360 entreprises publiques, l’ouverture aux entreprises étrangères…

Le passage à l’économie de marché d’anciennes économies étatisées se traduit par l’émergence d’une bourgeoisie compradore dont l’unique ambition est l’émergence d’une société consumériste. Se suffisant d’un rôle d’intermédiaire au profit des grands groupes industriels, commerciaux et financiers étrangers, cette classe est dénuée de toute conscience nationale, de tout patriotisme. Elle est prête à se mettre au service de grandes puissances occidentales.

Produit de la politique du régime Kadhafi des années 2000, cette couche sociale en constitue en même temps le symbole. Or, c’est elle qui l’a trahi en se joignant directement à la rébellion ou en l’abandonnant face à l’offensive de l’Otan.

En recourant par ailleurs à une immigration massive de travailleurs étrangers, le régime a empêché la formation et la consolidation d’un vaste monde du travail salarié autochtone. Si cela lui a permis de se prémunir contre l’émergence d’une force sociale nombreuse, concentrée, consciente et organisée dans de puissants syndicats, cela l’a également privé d’une force politique moderne et patriote à même de s’opposer aux tentatives d’ingérence étrangère.

On peut dès lors affirmer que la conversion au libéralisme a représenté, pour le régime libyen, un véritable suicide politique.

La logique de la mondialisation néolibérale est implacable. Parce qu’elle fonctionne au service de l’économie des grandes puissances (G7), il s’avère impossible de l’accepter, de s’y intégrer tout en conservant son indépendance. Les Etats qui s’y soumettent sont pris en tenaille entre, d’un côté, la puissance économique, financière, politique, voire militaire des grandes puissances et, de l’autre, les nouvelles couches sociales privilégiées qu’elle produit localement et qui jouent le rôle de cinquième colonne. Les régimes n’ont alors d’autre issue que de se soumettre ou d’être évincés.

Source :  http://www.lanation.info/

Mis en ligne sur le blog le 31 août 2011.

 

 

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