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Publié par Saoudi Abdelaziz

Par Rédaction Nationale de Liberté

 

 

Beaucoup de paramètres sont à prendre en compte en cette accalmie. Il y a d’abord la lutte antiterroriste, ensuite le redéploiement des éléments de l’ex-GSPC dans le Sud et notamment au Sahel.


En dehors de l’attentat meurtrier qui a coûté la vie au début de ce mois à quatre gardes-frontières dans wilaya de Tlemcen et à celle d’un policier à Boumerdès, assassiné au mois de Ramadhan de cette année, est incontestablement le mois le plus “calme” depuis plus de 20 ans. Aucune comparaison avec les trois dernières années où des dizaines d’attentats ont été perpétrés causant la mort à des dizaines de personnes notamment aux membres des forces de sécurité.
Les terroristes qui ont toujours considéré le jihad comme une sorte d’adoration pendant le mois sacré semblent avoir perdu beaucoup de terrain même si la menace persiste toujours, notamment dans la région de la Kabylie.

Sept morts dont deux citoyens, c’est le nombre de victimes enregistrées cette année durant le mois sacré dans tout le pays alors que l’année dernière a compté plus de 35 victimes et en 2010 plus de 72 morts. En 2008 et 2009, c’était plutôt l’hécatombe avec les attentats kamikazes.
En ce mois de Ramadhan, les forces de sécurité ont réussi à mettre hors d’état de nuire pas moins de 15 terroristes dont trois “émirs” abattus, à Boumerdès. Autre signe révélateur de cette déconfiture des groupes terroristes, celui des nouvelles recrues puisque les terroristes n’arrivent plus à mobiliser de nouveaux partisans comme par le passé. Ainsi la relève n’est plus assurée alors que le nombre de terroristes a diminué de moitié durant ces deux dernières années.
Les groupes de soutien considérés comme la colonne vertébrale de l’ex-GSPC et qui généralement fournissent “les nouvelles recrues” aux éléments du maquis ne font plus légion d’où la régression constatée des attaques terroristes.

Hormis quelques attaques spectaculaires avec les hebheb enregistrées ces dernières lois contre les forces de sécurité, notamment en Kabylie et Tébessa, aucune autre région du pays n’a connu d’attentats significatifs excepté celui de Béni Boussaïd (Tlemcen), précité, ciblant des gardes-frontières que certains observateurs n’hésitent pas à attribuer à des trafiquants de drogue. Selon nos sources, la plupart des terroristes encore en activité sont établis dans les maquis de Boumerdès, Tizi Ouzou, Bouira et à un degré moindre Béjaïa.

Combien sont-ils, aucun chiffre n’a été avancé. “Nous ne pouvons pas avancer un chiffre précis sur le nombre de terroristes qui sont encore dans les maquis, il est difficile de les combattre avec les moyens de lutte classique, car ils se déplacent et moins ils sont nombreux, plus il est difficile de les combattre”, a expliqué récemment le ministre de l'Intérieur M. Daho Ould Kablia en réponse à une question sur l'évaluation de la situation sécuritaire en Algérie. Nos sources estiment leur nombre entre 120 à 150 sur tout le territoire national. Soit le même nombre que comptait à elle seule la wilaya de Boumerdès en 2007, si l’on se réfère aux documents de la cour de Boumerdès. Ce qui conforte, ces estimations, ce sont les terroristes de l’ex-GSPC qui restent en activité dans la wilaya de Boumerdès et dont le nombre est estimé, selon les mêmes juridictions, à une trentaine seulement, répertoriés comme “des terroristes en fuite”.

Certains des terroristes se seraient déplacés ces deux dernières années au sud du pays pour être enrôlés parmi les effectifs des phalanges d’Aqmi activant au Mali et au Niger, estiment certaines sources qui voient en ce redéploiement une volonté de Droukdel de vouloir exercer une certaine emprise sur les groupuscules qui sévissent dans les pays subsahariens voisins et qui procurent à son organisation l’impact médiatique tant souhaité mais aussi l’argent et les armes. Le chef terroriste redoute que d’autres organisations lui fassent la concurrence comme le Mujao, le Mouvement pour l'unicité et le jihad en Afrique de l'Ouest qui a commis le 29 juin l’attentat kamikaze contre la caserne de la gendarmerie à Ouargla qui fait un mort et trois blessés.

En plus de ce nouveau groupuscule, la phalange houmat Daâwa Salafia dirigée par Aïssa Souabi, à qui on attribue l’attentat de Tlemcen semble, elle aussi, vouloir damer le pion à l’ex-GSPC de Droukdel même si cette organisation implantée à l’ouest du pays compte seulement une dizaine d’éléments.


Liberté, 18 août 2012

 

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