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Publié par Saoudi Abdelaziz

 

Les algériens de modeste condition ne mangent pratiquement pas de viande en dehors des jours de fête, mais ils tiennent à leur "morceau" quotidien pendant le Ramadhan. En vivant ça comme une quasi-obligation, ils se résignent, faute de moyens, aux morceaux les moins chers, jusqu'à sacrifier saveur et parfois soucis de santé.

 

Et comme à chaque demande répond une offre, de futés bouchers, professionnels ou occasionnels, multiplient les idées qui "ciblent" ces bourses qui compensent largement leur maigreur par le nombre. De la viande hachée où l'acheteur ne sait rien de ce qu'on a… haché pour lui, des bêtes malades qu'on va chercher chez les éleveurs, des abattages clandestins, des étals sous le soleil et les mouches et, apparemment pire que tout, de la viande d'âne, qui revient au-devant de l'actualité à l'occasion de chaque mois de ramadhan. 

 

Apparemment  seulement, parce que personne ne sait encore si cette chair qui donne la chair de poule est plus périlleuse pour la santé des humbles que le reste des produits "de substitution" proposés aux pauvres qui, d'être les plus nombreux, constituent tout de même un marché juteux que les marchands sont loin d'ignorer. Ils sont tellement nombreux qu'ils peuvent satisfaire beaucoup d'autres offres, voire susciter des vocations.

 

Après l'âne, qui apparemment manque de discrétion en raison du volume de sa carcasse qu'on retrouve trop souvent et trop facilement, les futés bouchers, professionnels ou occasionnels, ne manqueront pas d'investir d'autres créneaux comme le chien ou le chat.

 

Les amis chinois n'apprécieront pas de voir ces bêtes se raréfier sur les routes de traverse et dans les prés, mais ils pourront toujours se consoler de ne plus être désignés du doigt, une fois leur tradition culinaire banalisée, un mois dans l'année au moins.

 

En attendant, il est curieux que les autorités ne démentent jamais les informations sur la viande hachée dont l'acheteur ne sait jamais ce qu'on a haché pour lui, les bêtes malades, les abattages dans les caves pourries et les étals sous le soleil et les mouches.

 

Sans doute parce que celles-là sont des vérités de tous les jours, alors que la viande d'âne est une rumeur récurrente de Ramadhan, même si elle s'est parfois confirmée. On le sait depuis longtemps, on ne dément que les rumeurs, d'abord parce que ça demande moins d'effort, ensuite parce que ça permet toujours de faire oublier plus grave, de notoriété publique.

 

Surtout quand ça frappe au bas de l'échelle sociale. Et puis les pauvres n'ont pas à manger de viande pendant le Ramadhan. Ils s'en passent très bien le reste de l'année, non ?

 

POINT NET. Le Temps d’Algérie, 13 août 2011.  laourisliman@gmail.com

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