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Publié par Saoudi Abdelaziz

 

 

DR

 

   Expliquant l’arrogance de l’Etat confetti, K. Selim écrit : « Le Qatar a l'argent et la protection du parapluie américain. Des pays comme l'Algérie ne peuvent concurrencer sur ce registre ». Ceci dit, l’éditorialiste prend au sérieux les menaces du cheikh : « Si l'Algérie ne change pas, si ses institutions ne cessent pas d'être un simple décor, si les citoyens ne sont pas éclairés sur les enjeux par une scène politique libre, animée et diversifiée, notre tour finira par venir »    

 

 

 

 

 

 

 

UN ETAT EN CONFETTI

      

 

 

 

Par K.Selim

 

 

 

 

Le Premier ministre du Qatar a-t-il menacé le représentant de l'Algérie à la Ligue arabe d'un méchant «votre tour viendra» ? Personne n'en est vraiment certain mais le sujet intéresse énormément d'Algériens. Qui pour pourfendre un «confetti» qui se prend pour le centre du monde, une sorte de «Qatar Oum-Eddounia» qui ferait rire conjointement - c'est rare - les persifleurs d'Algérie et d'Egypte ! Qui pour y voir une «preuve» de plus que l'Algérie est la prochaine dans la «liste» du complot ourdi alors que manifestement les Algériens ont cessé de suivre quiconque se pique d'essayer de les mettre dans la rue. Après tout, ils ont cher payé pour ne plus foncer tête baissée derrière des hommes et des sigles qui ne disent ni qui ils sont, ni ce qu'ils veulent et par quels moyens ils le veulent. Depuis le «régime dégage» du début 2011 qui n'a pas drainé grand monde et l'absentéisme électoral, les Algériens envoient avec entêtement un message subliminal aux gens du système : vous avez créé l'impasse, débrouillez-vous avec ! Et la tonitruante lettre de Hocine Malti ne fait que les convaincre de rester à l'écart des bagarres du système. C'est leur affaire, pas celle des Algériens ! Bref, les Algériens ont appris avec les vicissitudes à ne plus s'engager dans les fictions, ils préfèrent attendre du solide, du sérieux, quitte à déplaire à ceux qui pourfendent leur «immobilité» et leur «renoncement». C'est dire qu'Al-Jazira et le Gaz du Qatar réunis ne seront pas en mesure de faire un «printemps» si tant est qu'ils le veulent ! Il reste que ce bouillonnement dans Internet, ce buzz autour d'une altercation qui est peut-être purement imaginaire, mérite une explication ou une mise au point.


On attend donc toujours avec impatience que M. Amar Belani, porte-parole des Affaires étrangères - il a fermé son compte Facebook mais il doit être resté «branché» ! -, nous éclaire, comme cela lui arrive parfois, sur la réalité de cette «prise de bec» entre l'ambassadeur d'Algérie au Caire et le Premier ministre, ministre des Affaires étrangères du Qatar. Cela fait partie du service public de l'Etat d'éclairer l'opinion des internautes, ceux qui se sentent «blessés» par «l'arrogance» du très médiatique Premier ministre du Qatar. Le «secret» des débats à la Ligue arabe ne peut être invoqué dans ce genre d'affaires. Si vraiment Cheikh Hamad bin Jassim Al-Thani a menacé l'Algérie, il faut lui répondre de manière publique et claire. Si cette histoire est une fabrication, il faut y mettre fin au nom de «l'amitié»officielle qui existe entre Alger et Doha.


Pour le reste, dans son blog, notre ami et confrère Akram Belkaïd a mis le doigt sur les raisons qui font que le petit Qatar a, aujourd'hui, une présence internationale plus forte que celle d'une Algérie, héritière d'une révolution qui lui a donné une formidable aura internationale. Le Qatar a l'argent et la protection du parapluie américain. Des pays comme l'Algérie ne peuvent concurrencer sur ce registre. Ni d'ailleurs défendre leurs positions comme en témoigne notre attitude défensive sur l'affaire libyenne et sur le Mali. «Pays absent de la scène internationale et producteur d'outardes pour les chasses royales du Golfe.Pays que l'on peut donc tancer à volonté : c'est peut-être ainsi que le Qatar regarde aujourd'hui l'AlgérieLa question étant, à qui la faute ?», écrit-il.


Des hommes d'expérience, comme Abdelhamid Mehri, ont apporté une réponse à cette question : un gouvernement qui n'est pas fondé sur des institutions qui bénéficient d'un appui fort de sa population n'est pas en mesure de défendre sérieusement les intérêts du pays. Et c'est vrai, si l'Algérie ne change pas, si ses institutions ne cessent pas d'être un simple décor, si les citoyens ne sont pas éclairés sur les enjeux par une scène politique libre, animée et diversifiée, notre tour finira par venir

 

 

 

K. Selim, 21 février 2013. Le Quotidien d’Oran

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