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Publié par Saoudi Abdelaziz

L'émir du Qatar, Hamad bin Khalifa al-Thani - La conférence internationale de soutien à la Libye nouvelle en images - ParisMatch.comDR

 

« La liste des emplettes de l'émirat en France, sa destination favorite avec le Royaume-Uni, donne le vertige » écrit Yves Bourdillon. Le Qatar cherche à préparer l'après-hydrocarbures," mais aussi à se doter d'une « assurance-vie ». Les Français encourage beaucoup leurs placements Ainsi, Nicolas Sarkozy, a accordé « un privilège exorbitant aux Qataris » : une exonération fiscale sur toute plus-value immobilière. 

 

 

Le Qatar mise plus sur la France que sur les autres monarchies pétrolières

 

Par Yves Bourdillon

 

A l'image du Qatar dans le PSG, les monarchies pétrolières ont beaucoup investi en France, dans le luxe et l'immobilier haut de gamme. Ils prennent aussi des participations très minoritaires dans des ténors de l'industrie, Total, Suez, Vinci, Areva, Veolia, ainsi qu'en Allemagne et au Royaume-Uni.

 

 

Une goutte d'eau. Le montant du transfert au PSG de la star Zlatan Ibrahimovic a beau être qualifié ici ou là d'indécent, il ne représente qu'une infime partie des investissements du Qatar, le propriétaire du club. L'acquisition de ce joueur représente à peu près ce que l'émirat dépense à l'étranger en... huit heures. Avec des participations estimées à 210 milliards de dollars actuellement, le fonds souverain qatari dispose du 3 e plus gros portefeuille d'investissement de la planète, derrière deux autres monarchies pétrolières, Abu Dhabi et le Koweït. Il est vrai que les 300.000 nationaux qataris disposent de revenus sans équivalent grâce à leurs réserves de gaz, les troisièmes au monde.

 

La liste des emplettes de l'émirat en France, sa destination favorite avec le Royaume-Uni, donne le vertige. C'est une véritable razzia que l'émirat mène depuis trois ans dans un pays avec qui les liens géostratégiques sont étroits. L'émir Hamad bin Khalifa al-Thani, qui a été un des premiers chefs d'Etat reçus par François Hollande à l'Elysée, avait assisté en 2007 au défilé du 14 Juillet dans la loge d'honneur de Nicolas Sarkozy, qui avait peu après accordé un privilège exorbitant aux Qataris, une exonération fiscale sur toute plus-value immobilière. Conscient de sa fragilité, entre Iran et Arabie saoudite, et des risques de sa dépendance à l'industrie gazière, illustrée par la ruine jadis de son industrie d'huîtres perlières, le Qatar cherche, comme ses voisins, à préparer l'après-hydrocarbures, mais aussi à se doter d'une « assurance-vie » en devenant un propriétaire et un partenaire incontournable pour les Occidentaux.

 

 

Abondance d'investissements

 

 

Une quête de sécurité qui explique l'abondance de ses investissements dans une des capitales les plus prestigieuses du monde. Comme les Français, le Qatar adore la pierre. Il possède donc à Paris les hôtels Carlton, d'Evreux place Vendôme et le Royal Monceau, ainsi que 2 casinos sur la Côte d'Azur, auxquels sont venus s'ajouter en juin dernier 4 établissements de prestige, le Palais de la Méditerranée, à Cannes, le Martinez à Nice, le Concorde Lafayette et l'Hôtel du Louvre dans la capitale. Le Qatar aime aussi en France tout ce qui brille ; en sus du sport, avec le PSG et Al-Jazira Sport, il a investi dans les médias, devenant en mars dernier le premier actionnaire de Lagardère, avec 13 % du capital, et le luxe, puisqu'il a pris récemment 1 % de LVMH (propriétaire des « Echos »). Il ne néglige pas pour autant les entreprises à forte visibilité de l'industrie. Devenu en 2009 le deuxième actionnaire du groupe Vinci (5 %), il possède, dans l'environnement, 5 % de Veolia, acquis pour 650 millions d'euros en 2010, ainsi que 1 % de Suez Environnement et, depuis l'été dernier, 2 % de Total, participation portée à 3 % en avril. Le Qatar figure donc parmi les principaux actionnaires, derrière le milliardaire belge Albert Frère et les salariés, de la principale capitalisation boursière française. Il voudrait aussi investir 50 millions d'euros dans des projets de jeunes entrepreneurs des banlieues difficiles, un projet dont la dimension politique a fait grincer quelques dents. Relativement peu présent aux Etats-Unis, le Qatar mise aussi sur l'automobile en Allemagne, avec 7 % de Volkswagen et 10 % de Porsche, ou l'immobilier britannique, par exemple le village Olympique, le célèbre grand magasin Harrods, ainsi qu'une part significative du London Stock Exchange et 6 % de la banque Barclays.

 

A l'inverse, si elles sont aussi très friandes de Paris, où elles possèdent une ribambelle d'hôtels particuliers, en sus du Crillon et du George V, les autres monarchies pétrolières n'ont pas de stratégie d'acquisitions tous azimuts d'entreprises hexagonales. Elles privilégient l'industrie ou la finance aux Etats-Unis. Ainsi, le Koweït a seulement pris 4,8 % d'Areva, pour 600 millions d'euros en 2010. Et on peine à repérer les participations dans des ténors du CAC 40 d'entités saoudiennes ou des Emirats arabes unis, dont le fonds souverain est pourtant le plus riche de la planète avec 875 milliards de dollars.

 

Yves Bourdillon, 27 juillet 2012. Les Echos.fr

 

 

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