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Publié par Saoudi Abdelaziz

Cevital, un « big-thinker » algérien

 

 

Omar Aktouf, professeur à HEC Monréal, salue l’initiative de son collègue Taieb Hafsi. Cependant, étant connu pour son rejet de l’économie-management à l’américaine, il ne manque pas s’exprimer sur l’esprit, les valeurs et l’idéologie que véhiculent les fondements et l’écriture de ce livre.

 

Pour l’auteur de « La Stratégie de l’autruche », le titre « voir grand, commencer petit et aller vite » résume toute la mentalité nord-américaine-harvardienne qui met en avant la nécessité de «grands leaders», qui «pensent grand» (thinkbig) et dont la «réussite» se mesure essentiellement aux tailles de leurs «empires» et de leurs fortunes.

 

Des questions se posent en effet: quels critères utiliser de nos jours pour mesurer une «réussite» ? Écologiques ? Culturels ? De réduction de pauvreté ? De hausse de qualité de vie… Ou les sempiternels catastrophiques PNB (macro) et profits nets cumulés (micro) ? Lesquels sont plus souvent qu’autrement, aujourd’hui, synonymes de plus de pauvreté, de pollution, de chômage, de criminalité, de mal être des majorités… Cette vision, beaucoup de gens la partagent, notamment les politiques qui se soucient de la justice sociale. « Nous n’avons pas besoin d’une économie où toute l’attention est focalisée sur les riches qui s’enrichissent davantage, » préconisent-ils à l’unanimité.

 

« Le Mexique se targue d’une des «réussites» les plus spectaculaires, dans le sens de la stricte logique nord-américaine-harvardienne : il a l’homme le plus riche du monde, Carlos Slim. Or, le Mexique est l’un des peuples du monde où sévissent violemment pauvreté, criminalité, pollution, chômage. »A quoi sert-il donc d’avoir l’homme le plus riche du monde? Omar Aktouf, sans s’attaquer directement à Cevital et son patron qu’il estime ont réalisé des choses, pense qu’il n’y a aucune raison de justifier, soutenir et glorifier ce type de « réussites » à l’américaine. « Il suffit de voir ce qui arrive aux USA avec les crises successives de son « capitalisme financier ». Aux USA et en Europe, où on ne sait plus que faire avec les raisonnements managériaux-économiques néolibéraux. Même des Juppé, Bayrou, Sarkozy… appellent de tous leurs vœux l’application du modèle allemand. Lequel modèle est loin de s’appuyer, comme celui des USA, sur l’éclosion de «leaders-héros» individuels, sur l’enrichissement sans limites des plus riches, sur l’individualisme et la «liberté d’entreprendre en marché-laisser-faire-autorégulé», sur les reculs des États (je dis bien État et non régimes de profiteurs cooptés)… Comment donc justifier que, directement ou non, on puisse, avec ce genre d’exemple, prôner pour l’Algérie ce dont l’Europe – à commencer par la France !-, ne veut plus !? »

 

 

Ingrachen Amar, 5 juin 2012

 

Extrait de l’article « Cevital, les Algériens en parlent ». Texte intégral : Maghreb Emergent

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