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Publié par Saoudi Abdelaziz

 

Le mois de mai est marqué par l’affirmation grandissante du poids spécifique des salariés et des retraités, des étudiants et des chômeurs dans le paysage politique et social.

 

 

Sous estimant la signification des mouvements sociaux qui ont pris leur essor depuis le début de l’année, certains spécialistes es-printemps arabe, y ont vu un moyen pour le régime algérien de capter le mécontentement populaire et de le canaliser vers des revendications alimentaires, qu’il est en mesure de satisfaire compte tenu de la marge de manœuvre financière dont il dispose.

Ce calcul existe, encore qu’il soit moins préjudiciable aux salariés que le refus de négocier, que la matraque et la geôle, en dépit des heurts naturel entre le mouvement social et les forces de répression, compte tenu de la nature de classe du régime.

Les hypothèses présentées récemment par le FMI, d’une inflation à deux chiffres en Afrique du Nord, ne sont pas sans rapport avec les mouvements sociaux qui émergent dans cette partie du monde. Elles sont utilisées en Egypte pour freiner la révision immédiate du salaire minimum, en Tunisie pour bloquer l’émergence de la ligne revendicative dans les syndicats.

Pour le cas algérien, des experts sont en train de se présenter sur la scène du spectacle. Ils expliquent avec leur docte assurance que les augmentations de salaires seront inévitablement mangées par l’inflation.

Ces mêmes « experts » n’ont pas fait, jusqu’ici, la preuve de leur sagacité. Qu’on se rappelle par exemple la bousculade sur les colonnes des journaux en 2007-2008 pour « conseiller » la création d’un Fonds souverain afin de fructifier nos devises pétrolières et de ne pas se contenter de placements minables en bons du trésor, alors que l’on peut gagner du 15%. La crise du système financier capitaliste, de ses fonds de pensions et de ses fonds souverains, a éclaté en 2008. Merci les experts, on l’a échappé belle !

Une fraction influente des décideurs, que des liens organiques rattachent aux concessionnaires, pèse actuellement pour la relance avec le crédit public, de l’importation massive de voitures payées à l’étranger

Aujourd’hui, il existe une ligne systématique, mise en œuvre par l’Empire capitaliste et ses relais : il faut drainer vers le système financier en crise le maximum de liquidités, comme on fait une perfusion continue à un mourant.

La revendication de défense du pouvoir d’achat restera permanente parce qu’elle est l’expression naturelle, ontologique, de la condition salariale. Cela ne changera pas et les salariés ont décidé, en ce printemps algérien, de se doter dorénavant des moyens syndicaux pour défendre ce droit fondamental à la vie.

Cette revendication est aussi, aujourd’hui et demain, le moteur du développement des forces productives nationales et de l’emploi pour les jeunes algériens.

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