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Publié par Saoudi Abdelaziz

 

 

 

Par Saoudi Abdelaziz

      

 

Curieuse conclusion de l’analyse dans Le Quotidien d’Oran après les révélations de Carla Ponte sur l’utilisation de gaz sarin par les rebelles syriens : « En tout cas, pour ces peuples, la confirmation que la rébellion syrienne n'hésite pas à gazer son peuple et l'intervention d'Israël dans le conflit syrien dissipent l'espoir qu'ils ont eu en ce «printemps arabe» qu'on leur a présenté comme allant leur apporter liberté, démocratie et progrès ».

 

La levée de masse en Tunisie ou en Egypte, ou la folie destructrice en Syrie, c’est donc génériquement la même chose. C’est le Printemps arabe.  Ce qui se passe en Syrie et auparavant en Libye, pays où les manipulations occidentales ont suscité la militarisation de la révolte, conduit à l’impasse destructrice voulu par la stratégie défensive d’un Empire déclinant et par la volonté de royaume et émirats de créer des contrefeux pour prévenir la fin annoncée de leurs privilèges. Cela n'a rien à voir avec la révolutions nationales et démocratiques qui se frayent difficilement leurs chemins en Tunisie et en Egypte, avec des hauts et des bas, subissant pressions et manoeuvres pour les détourner du chemin de la transformation sociale.

 

« Tout cela vient de l’Amérique » : on peut être assuré que la CIA trouve son compte dans cette mise en valeur paralysante de sa toute puissance. Cet amalgame sémantique, importé en Algérie, tend à devenir un lieu commun semi-officiel. Le pouvoir algérien encourage cette importation, invitantYves Bonnet et d’autres experts occidentaux en géostratégie, à discourir sur ce thème et ils sont largement relayés dans des quotidiens indépendants ou publics. L’objectif  du régime et de ses dépendances est de justifier le maintien de fait de l’Etat d’urgence. Il s’agit de discréditer l’idée que pour engager notre pays sur les bons rails de l’Etat de droit, les mouvements de masse indépendants de l’establishment doivent s’en mêler. L’opération « amalgame-printemps arabe » peut aller très loin en inventivité, comme lors de la campagne de diffamation contre les actions de masse dans le Sud.

 

On sait que l’expression Printemps arabe n’a pas été inventée par les Tunisiens et les Egyptien. C’est un raccourci médiatique construit par les médias occidentaux et qui amalgame tout les mouvements de contestation au Machreq-Maghreb. On met dans le même sac ce qui se passe en Tunisie et en Syrie. Avec la conclusion qui s’impose de ce qui se passe en Syrie : « Tout cela vient de l’Amérique. On peut être assuré que la CIA trouve sans compte dans cette mise en relief paralysante de sa toute puissance. Sa toute puissance s’exerce par le biais l’ONG, sur toute action massive indépendante de contestation. Cela permet de faire d’une pierre deux en écartant l’attention des leviers décisifs dont dispose l’Empire au sein même du système en Algérie, et qui travaillent à la mise en place d’un système plus adapté à l’avidité d’un système financier capitaliste en crise.

 

Dans l’Algérie post-décennie noire, l’amalgame peut prendre un caractère délirant. On peut ainsi lire aujourd’hui un curieux reportage, dont Le Soir d’Algérie commence la publication, intitulé : « Le Printemps arabe : une révolution contestée : acteurs internes et externe d’une opération Top secret ». L’auteur, un certain Ali El Hadj Tahar, écrit d’emblée. « Plusieurs acteurs sont intervenus dans l’opération «Printemps arabe». En plus, bien sûr, du Qatar, de la France et de la Grande-Bretagne, et outre les institutions de l’Etat américain (certainement le Pentagone, la Maison-Blanche et le département d’Etat ou ministère des Affaires étrangères), ils comprennent des personnes physiques et des personnes morales dont celles que voici :
1- Les opposants locaux aux «régimes» qui sont tombés comprennent : - les cyberdissidents, dont beaucoup vivent à l’étranger et comprenant beaucoup d’islamistes ; les ligues de droits de l’homme affiliés à la FIDH. En Tunisie, il y a eu aussi le syndicat UGTT et le syndicat des avocats » (…)
. Le reste à l’avenant.

 

Saoudi Abdelaziz, 7 mai 2013

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