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Publié par Saoudi Abdelaziz

 

 

Par Yazid Ferhat

 

 

La baisse « attendue » des prix des viandes, des fruits et légumes n’a pas eu lieu alors que le mois de ramadhan touche à sa fin. Au contraire, à la veille de l’Aïd on enregistre une nouvelle flambée. Le plan de containment des prix mis en place par les pouvoirs publics algériens a été, c’est le moins qu’on puisse dire, infructueux. Pour ne pas dire un échec.

Ramadan 2012 n’aura pas échappé à la « traditionnelle » envolée des prix des produits alimentaires. Les prix des viandes, des fruits et légumes ont enregistré une hausse tout au long du mois de ramadhan.

Pas besoin d’en chercher les causes : les prix augmentent systématiquement à l’approche de ce mois (sacré) de la consommation. Effet du déséquilibre entre l’offre et la demande, aggravé sans nul doute par le phénomène de la spéculation et de l’informel. C’est la seule explication «rationnelle ». C’est ce que l’on peut déduire de de l’écart important entre les prix pratiqués sur les marchés de gros et ceux du détail pour les fruits et légumes de saison. Seule l’aubergine n’a pas dépassé le seuil des 50 DA le kilo (vendue entre 5 et 10 DA sur le marché de gros).

Pour les autres produits agricoles, les détaillants pratiquent au moins une marge de 50 %, nous révèle Achour Mustapha, président de l’Union nationale des marchés de gros des légumes et fruits, voire des marge de 150 % pour certains fruits. Les prix se sont maintenus à des niveaux élevés jusqu’aux derniers jours, déjouant les assurances de l’Union générale des commerçants et artisans algériens (UGCCA) qui a prévu une baisse de 20 % des prix durant les deux dernières semaines. Pire encore, la fête de l’Aïd se pointant à l’horizon une « nouvelle » flambée s’est emparée des marchés.

 

 

900.000 commerçants informels

 

 

Dans tous les cas, ces flambées ont démontré une fois de plus l’incapacité des pouvoirs publics à assurer l’équilibre « promis » entre les prix des produits alimentaires et le pouvoir d’achat du citoyen. Le ministère du Commerce avait bombé le torse à la veille de ramadhan en rassurant sur la « clémence » des prix. Opérations de sensibilisation des opérateurs économiques, recours à l’importation pour approvisionner le marché et renforcement des agents de contrôle, sont entre autres les actions entreprises pour juguler la flambée des prix.

Force est de constater sur le terrain qu’aucune des mesures prises n’a réussi à infléchir la courbe ascendante des prix des produits alimentaires. Ces mesures étaient vouées à l’échec avant leur application sur le terrain lorsque l’on sait que pas moins de 900.000 individus exercent une activité commerciale « illégale » parallèlement à 1,4 million de commerçants « formels ». Près de 40 % des commerçants qui écoulent près de 50 % des produits alimentaires consommés durant ramadan, échappent au contrôle et à la réglementation qui ne reconnait que les commerçants « formels ».

 

 

Délestage et ... viande congelée

 

 

Malgré une disponibilité des produits quelque peu assurée, les prix demeurent excessivement élevés. Les produits alimentaires (viandes, fruits et légumes notamment) affichent des prix supérieurs à ceux pratiqués dans les pays développés comme la France. « Les Algériens sont payés au Dinar mais doivent acheter en euros », pour reprendre l’expression très usitée ces derniers jours pour faire référence à l’amenuisement progressif du pouvoir d’achat en Algérie.

Circonstance aggravante, les « délestages » sont venus saborder le plan mis en place par les pouvoirs publics pour assurer la disponibilité des viandes rouges et blanches pour atténuer la flambée des prix de la viande fraîche. Plus de 35.000 tonnes de viande rouge congelée importée depuis janvier 2012, en plus de la constitution d'un stock de viandes blanches congelées estimé à 10.000 tonnes. Les prix alléchants (250 DA le kilo de viande blanche et 560 DA la viande rouge) de la viande congelée n’ont pas séduit les consommateurs algériens par crainte des mauvaises conditions de stockage, résultant de la rupture de la chaine du froid. En témoigne la stabilité des prix de la viande fraîche, autour des 1200 DA la bovine, 1300 DA l’ovine et 380-400DA le kilo de poulet.

 

Ferhat Yazid, 5 août 2012. Maghreb Emergent

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