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Publié par Saoudi Abdelaziz

 

Dans le village de Sanabis, à l'ouest de Manama, les blindés sont sortis dans les rues ce mardi 14 février 2012, lors d'une manifestation commémorant le sit-in du 14 février 2011 violemment réprimé.DR

 

Le Quartier général de la 5ème  flotte américaine reste basé à Managa, et veille sur la monarchie « menacée » par la majorité chiite du peuple. A terre,  l’Arabie saoudite et les autres monarchies du Golfe montent la garde. De son côté, la jet-set internationale n’a pas lâché l’Emir et continue de profiter de son hospitalité princière, appréciée aussi par certains notables Algériens. Bilan médiatique apparemment globalement positif contre le Printemps de Bahreïn. Avec épisodiquement quelques éclaircies, comme cet article paru hier sur le site Affaires stratégiques.info.

 

 

Au Bahreïn, le pouvoir amplifie la répression

 

Trop peu souvent évoqué, un mouvement de contestation populaire a pourtant bien traversé le royaume du Bahreïn en 2011. Violemment réprimés, les proches des manifestants torturés ou assassinés continuent de demander des comptes au pouvoir bahreïni, qui reste sourd à ces appels.

 

La monarchie sunnite est directement pointée du doigt par plusieurs organisations non-gouvernementales quant à son rôle central dans l’utilisation d’une violence disproportionnée visant à faire cesser les protestations. Contrairement à la Syrie, aucun Etat ne semble pourtant s’en émouvoir.

 

Le rapport de la Commission d’enquête indépendante de Bahreïn (BICI), dirigée par Chérif Bassiouni aura bientôt un an. Cette commission, composée de juristes internationaux spécialistes entre autres des droits humains, fruit du travail des autorités bahreïnies avait pour objectif d’enquêter sur les atteintes aux droits humains commises durant les manifestations antigouvernementales de 2011. Des violations en grand nombre et restées impunies, déplore Amnesty International dans une synthèse rendue publique mercredi 21 novembre. Pour Amnesty, Bahreïn doit « choisir entre maintenir l’état de droit ou s’engouffrer dans la spirale de la répression et de l’instabilité ».
Après la publication du rapport de la BICI en novembre 2011 et qui met en lumière le non-respect des droits humains et de nombreux cas de violence dont est responsable le gouvernement bahreïni, ce dernier s’était engagé à mettre en œuvre les recommandations de la Commission d’enquête notamment celle de préconiser l’ouverture d’enquêtes indépendantes sur les allégations de torture et autres mauvais traitements, ainsi que la comparution en justice des responsables présumés.

L’année 2012 aura au contraire été marquée par le durcissement de la répression. Hassiba Hadj Sahraoui, directrice adjointe du programme Afrique du Nord et Moyen-Orient d’Amnesty International déclare ainsi que « l’ampleur et la nature des violations perpétrées à Bahreïn depuis que la BICI a fait ses recommandations tournent en dérision le processus de réforme ». En octobre, tout rassemblement dans le pays était interdit. Un mois plus tard, le 7 novembre, trente et une personnes membres de l’opposition se sont vues déchoir de la nationalité bahreïnie parce que, selon une déclaration du ministère de l’Intérieur, elles avaient « porté atteinte à la sécurité de l’État ».

 

Les meurtres et tortures commis par les autorités bahreïnies n’ont rien de rare depuis le début des soulèvements, selon Amnesty qui continue à recueillir les témoignages destinés à appuyer ses accusations de violations généralisées commises par les forces de sécurité, notamment le recours à une force injustifiée et excessive contre les manifestants, parfois fatale.

Selon la Fédération internationale des droits de l’Homme (FIDH), quatre-vingt personnes ont trouvé la mort depuis le début de la révolte. Le ministère bahreïni de l’Intérieur a affirmé pour sa part que 700 personnes avaient été blessées, parmi lesquelles des officiers de police. En 2012, deux policiers et deux ressortissants asiatiques ont été tués, et 456 policiers blessés, dont cinquante-six grièvement, dans des attaques terroristes, selon le ministre de la Justice, cheikh Khaled Ben Ali Al-Khalifa. Pour le gouvernement ces attaques violentes ne sont pas des formes d’expression protégées par le droit international relatif aux droits humains, et les auteurs présumés peuvent être traduits en justice dans le respect des normes d’équité et d’une procédure légale.

 

Outre les critiques directes adressées à la monarchie bahreïnie pour le non-respect des droits humains fondamentaux dans la gestion des soulèvements populaires, des voix timides s’élèvent contre l’inaction de la « communauté internationale » quand celle-ci fait de la Syrie le pinacle de la lutte pour la démocratie et le droit des peuples de disposer d’eux-mêmes.
Le mouvement de contestation est en effet animé par des chiites qui réclament une monarchie constitutionnelle dans un royaume dirigé par une dynastie sunnite. La monarchie régnant sur l’île de Bahreïn est, comme son grand voisin saoudien, un allié des Etats-Unis. Depuis février 2011 et les débuts de la « Révolution de la perle » (le pays en est producteur), les chiites de Bahreïn (75% de la population) exigent l’abdication d’Hamad ben Issa Al-Khalifa, souverain sunnite, et la mise en place d’un gouvernement reflétant leur prégnance au sein de la nation. Le roi a fait très tôt appel au soutien du Conseil de coopération du Golfe (CCG) et de l’Arabie saoudite. Par peur, officiellement que « l’Iran chiite puisse infiltrer l’insurrection avec des cellules combattantes ». Les Etats-Unis, au travers d’Hillary Clinton, ont espéré une « une normalisation de la situation ». Dans le même temps, la Jordanie et le Qatar envoyaient des troupes pour aider les autorités bahreïnies à mater la rébellion.

 

 

22 novembre 2012. affaires-statégique.info

 

 

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