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Publié par Saoudi Abdelaziz

 

 

DR

 

« Le corail pillé atterrit en Tunisie. Transformé en produit semi-fini, il est ensuite exporté vers l’Italie pour enfin être placé comme produit légal sur les marchés européen, chinois et moyen-oriental ». Naima Benouaret décrit dans El Watan ce matin les mécanismes du pillage du corail sur le littoral de l’extrême-est algérien. Elle explique, dans cette article qui fait la une du quotidien, que les pêcheurs clandestins « travaillent pour le compte de «mandataires» basés à El Kala, la plaque tournante de la contrebande du corail algérien ».

 

Voila plus d’un an, dans sa chronique du 30 décembre 2011, intitulée Jijel-une histoire de Corail, le Condjador racontait :

 

 

« Le corail est abondant, mais il n’est pêché que par les étrangers. Cela demande de gros investissements : une grande expérience de plongée à plus de 80 mètres, avec des bateaux équipés de caissons et tout le matériel de plongée qui va avec. Ainsi qu’une licence délivrée par la haute sphère à Alger.

 

Annaba, des marin pêcheurs, palangriers et plaisanciers, se sont investis dans le corail, mais avec des méthodes et des moyens dérisoires. Il leur suffit simplement de traîner une corde à laquelle on attache une chaîne en acier de 4 à 5 mètres comportant des morceaux de filet appelés langoustines. Même du vieux filet de casse fait l’affaire. En frottant le fond de la mer, les mailles accrochent le corail, menant dans leur sillage une sorte de ballet des profondeurs. Une heure après, en remonte et on trie. On répète l’opération et en cas de vérification de l’embarcation par le garde de pêche, le marin coupe la corde et l’affaire est classée, faute de preuve du délit. Ce matériel de pêche de corail ne coûte presque rien, on peut le perdre plusieurs fois et on le fabrique de nouveau en quelques minutes. Le corail et revendu en Tunisie.

 

A Jijel, il y a quelque temps, un marin a eu la surprise de trouver deux kilos de corail de bonne qualité accroché involontairement dans ces filets suite à un mauvais temps. Le marin pêcheur croyait avoir perdu ses 800 mètres de filet trimaille, lorsque quelques jours plus tard, il les retrouve avec le corail accroché. Les acheteurs se sont bousculés de toutes parts, mais ne sachant pas la valeur de sa pêche, notre marin a vendu le corail pour trois fois rien. Une manière d’éviter les problèmes… » 

 

Le marin jijélien s’est sûrement fait avoir car selon Naima Benouaret, le corail dit Barbaresque (barberous dans le milieu des braconniers) est échangé contre 16 000 et 20 000 DA le kg, le «bon» est négociable à partir de 200 000 DA. En haut du palmarès : le «Royal» dont la taille et le charme des branches font osciller les prix entre 360 000 et 1,2 million de DA.

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