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Publié par Saoudi Abdelaziz

 

Présenté comme le dernier survivant des initiateurs de l'insurrection du 1er novembre 1954, le très médiatisé Mechati est connu pour sa thèse audacieuse sur l'influence négative de l'Etoile Nord Africaine dont il écrit dans son dernier livre : " Cette structure était une création du pouvoir colonial, par l’entremise du Parti communiste français, pour saborder l’action de l’émir Khaled qui le dérangeait foncièrement ». Un révisionnisme qui alimente la campagne médiatique "anti-plébéienne" en cours, censée préparer l'abandon des options sociales novembristes qui font obstacle à l'intronisation historique du néolibéralisme.

Défenseur de la mémoire du défunt président Boudiaf, qui avait coordonné le déclenchement de la Révolution, son fils Nacer, met en cause ce manteau d'organisateur du premier novembre dans lequel Mechati se drape.

 

 

 

M. Mechati, comment avez-vous lâché le 1er Novembre 1954

 

 

Par Nacer Boudiaf, 24 juillet 2013

 

 

 

Il y a quelques jours, un des enfants de feu Lakhdar Bentobal a exprimé, dans les rubriques du quotidien El Watan, un droit de réponse à M. Mechati. J’ai longtemps tergiversé avant de me décider à apporter cette contribution pour réconforter la mise au point de M. Bentobal. Je voudrais, à cet effet, faire référence à un article écrit par Mohamed Boudiaf, paru sur la revue El Djarida n°15 de novembre-décembre 1974. Beaucoup d’amis l’avaient alors sollicité pour publier quelque chose à l’occasion du 20e anniversaire de la Révolution du 1er Novembre.
Alors, patiemment, et comme à son habitude, en toute modestie, il se mit à décrire la «Préparation de Novembre», titre de sa contribution. Dans la partie «la réunion des 22», Boudiaf écrit ceci :
«D’un point de vue géographique, il y avait pour Alger : Bouadjadj Zoubir, Belouizdad Athmane, Merzougui Mohamed et Derrich, chez qui nous étions réunis.

Pour Blida : Souidani Boudjemaâ et Bouchaïb Belhadj, qui sont sans être originaires de la région la connaissaient bien pour s’y être réfugiés depuis qu’ils étaient recherchés, travaillant dans les fermes et établissant des contacts avec les ouvriers agricoles.

Pour l’Oranie : Boussouf Abdelhafid et Ramdane Abdelmalek qui étaient toujours en activité dans le parti,
respectivement responsable de la daïra de Maghnia et de celle de Nemours.

Pour le Constantinois : Mechati, Habbachi Abdessalam, Rachid Mellah et Saïd dit Lamotta, membres du comité de Constantine et sur lesquels nous comptions beaucoup pour déclencher l’action à Constantine même. Ils nous lâchèrent avant le 1er Novembre.»

M. Mechati, cet article, publié en 1974, n’a jamais été démenti. Plus grave encore, il y a quelques mois, vous aviez accusé Boudiaf de dictateur. Je vous ai rappelé ce passage et vous ne l’aviez pas, non plus, démenti. Alors cessez de travestir la Révolution, cessez de modifier et d’adapter l’histoire au vide politique créé depuis l’indépendance confisquée. Je voudrais également rappeler un autre passage du même article publié en 1974, où Boudiaf rapporte ce qui suit :

«Deux positions se dégagèrent (à la réunion des 22) : l’une d’elles, représentant essentiellement les éléments recherchés, préconisait le passage immédiat à l’action comme seul moyen de dépasser la situation catastrophique non seulement du parti mais du Mouvement révolutionnaire dans son ensemble.
L’autre orientation, sans remettre en cause la nécessité de l’action, jugeait que le moment de la déclencher n’était pas encore venu. Les échanges d’arguments furent très durs.

La décision fut acquise après l’intervention émouvante de Souidani Boudjemaâ qui, les larmes aux yeux, fustigeait les réticents en déclarant : «Oui ou non, sommes-nous des révolutionnaires ? Alors qu’attendons-nous pour faire cette Révolution si nous sommes sincères avec nous-mêmes ?»

Cette intervention de Souidani Boudjemaâ fut grandement déterminante pour le cours de l’histoire, l’histoire du 1er Novembre 1954 que vous avez choisie, certainement par peur, de lâcher...

 

 

Mise au point publiée dans El Watan.com

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