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Publié par Saoudi Abdelaziz

 

 

 

 

« Financièrement c’est intéressant, mais moralement beucoup moins ». C’est un amoureux de la Formule 1 qui l’écrit sur le site Fan-F1. Fallait-il annuler le Grand Prix ? Quentin Laurent observe : « Si aucune chancellerie occidentale, ni l'UE, ni l'ONU ne se sont exprimées sur la question, un petit groupe de vingt parlementaires britanniques ont adjuré Bernie Ecclestone d'éviter de la « mauvaise publicité ».

 

 © DR - En 2012, des affiches protestaient contre la venue de la Formule 1 à Bahreïn. Un an plus tard, rien n'a changé.

DR - En 2012, des affiches protestaient contre la venue de la Formule 1 à Bahreïn.

Un an plus tard, rien n'a changé

 

Grand Prix de Bahreïn : "Votre course est un crime"

 

 

Par Quentin Laurent

 

 

Annulé en 2011 à cause des événements agitant le pays, le Grand Prix de Bahreïn se tiendra cette année, comme en 2012, alors que la situation n'est toujours pas réglée. On peut se demander si la Formule 1 peut dérouler son cirque sportif dans un pays où la situation politique est particulièrement instable. Financièrement, c'est intéressant mais moralement, beaucoup moins.

 

C'est la révolte oubliée des printemps arabes de 2011. Elle avait pourtant commencée avant celle des Syriens et des Libyens. Moins sanglante qu'en Syrie, elle n'en est pas pour autant plus sur la voie de la pacification. En février dernier, lors de manifestations marquant le deuxième anniversaire de la révolte des chiites, majoritaires dans ce petit royaume pétrolier régi par une monarchie sunnite, un policier et un manifestant de 16 ans ont été tués. La Formule 1 n'atténue pas les tensions, bien au contraire.

 

Selon la radio francophone IRIB, le gouvernement de Bahreïn a pris une nouvelle mesure de répression de l'opposition avant le début du Grand Prix. La peine est alourdie en cas d’outrage au roi Hamad bin Issa Al-e Khalifa ou d’offense au drapeau national ou à d’autres symboles bahreïnis. « Le renforcement des sanctions infligées aux détracteurs du roi de Bahreïn est une nouvelle tentative de musellement des militants, en amont du Grand Prix », a expliqué Hassiba Hadj Sahraoui, directrice adjointe du programme Moyen-Orient et Afrique du Nord d’Amnesty International. Pour le régime, la bonne tenue du Grand Prix est un symbole fort de stabilité, un instrument de propagande à l'appui d'une stratégie globale de développement économique perturbée depuis le printemps arabe.

 

 

Arrestations arbitraires

 

« Le régime bahreïni vise à suggérer que la crise sévissant, dans le pays, n’est qu’une crise purement politique, et qu’il n’y a pas de crise, en termes des droits de l’Homme » pour Rached Al-Rached, un responsable de l'Association d'action islamique (Amal) de Bahreïn. Au moins 80 personnes ont été tuées depuis le début des protestations populaires en 2011, selon les chiffres fournis par la fédération internationale des droits de l’Homme. Des rapports font état d'arrestations arbitraires dans les maisons de manifestants potentiels, mais le royaume dément agir de la sorte.

 

Cela inquiète certains acteurs du monde la Formule 1, comme Damon Hill. « La grande majorité des gens de la catégorie vous dirait "Nous ne voulons pas venir et rendre la vie des gens encore pire. Nous voudrions qu'ils s'amusent avec la Formule 1". Je ne veux pas aller au Bahreïn si les gens sont maltraités uniquement pour que la course se déroule. Nous ne voulons pas que la F1 soit responsable de rendre la vie pire pour les gens du pays », a lâché le champion du monde 1996 dans les colonnes du journal Guardian jeudi dernier.

 

 

Mauvaise publicité

 

Pour lui, le mutisme de Jean Todt, président de la Fédération internationale de l'automobile, n'aide pas. « L'approche de Jean est de ne rien dire, afin de ne pas être critiqué, mais c'est une erreur. Il n’a pas dit un mot qui aurait pu mettre une distance entre le sport et ce qui ne va pas dans le pays, afin de ne contrarier personne, alors que je pense que la grande majorité des équipes en ont envie. » Pour les organisateurs comme Bernie Ecclestone ou Jean Todt, tant que la sécurité du microcosme de la F1 est assurée, un Grand Prix peut se tenir dans ce pays. Rappelons tout de même que des membres de l'écurie Force India avaient été pris à partie dans une émeute l'année dernière, en amont du Grand Prix.


Fallait-il annuler le Grand Prix ? Si aucune chancellerie occidentale, ni l'UE, ni l'ONU ne se sont exprimées sur la question, un petit groupe de vingt parlementaires britanniques ont adjuré Bernie Ecclestone d'éviter de la « mauvaise publicité ». La course commence demain et aucune annulation de prévue.

 

Selon Formula Money, sorte de barème économique de la F1, le manque à gagner s'élève à 72,5 millions d'euros (M€). Les équipes seraient les grandes perdantes, puisqu'elles reçoivent pas moins de 30 M€. En 2011, le sport business avait reculé devant la raison. On ne l'y reprendra pas deux fois. Quitte à risquer le pire.

 

Affrontements

 

Ce matin, des affrontements ont eu lieu autour de plusieurs villages chiites de la périphérie de Manama, la capitale de Bahreïn. «Non à la Formule 1 du sang » ou «Votre course est un crime», scandait la foule, que les forces de sécurité a dispersée à coups de gaz lacrymogène et de bombes assourdissantes. Des manifestants ont répliqué par des jets de pierre et des cocktails Molotov, selon les témoins. Les protestations devraient culminer jusqu’à vendredi, jour des essais libres du Grand Prix, avec un grand rassemblement.

 

 

Bahrein : La Formule1 à l’épreuve du « Volcan de colère »

 

 

 

 

L'opposition bahreïnie a appelé ses partisans à manifester massivement vendredi, jour des essais libres du Grand Prix de de Formule 1, pour faire entendre ses revendications de réformes démocratiques dans ce petit pays du Golfe.

 

Le Grand Prix avait été annulé en 2011 en raison des manifestations populaires contre le régime. Lors de l'édition 2012, l'opposition avait organisé des manifestations, parfois violentes, pour attirer l'attention sur ses demandes de réformes politiques, mais sans entraver le déroulement de la course.

 

 

Aujourd’hui, Les forces de sécurité sont sur le qui-vive. Les manifestations ont commencé, notamment à l’appel du Collectif du 14 Février, qui a placé ses protestations contre la F1 sous le slogan "Volcan de colère". Des barrages de contrôle ont été érigés aux principaux carrefours, en particulier sur les routes menant au circuit de Sakhir, au sud de Manama, où se jouera la course dimanche.

 

Les mouvements de l'opposition traditionnelle, conduits par la puissante formation chiite Al-Wefaq, ont prévu une grande manifestation en milieu d'après-midi sur l'autoroute de Boudaya, à 4 km à l'ouest de Manama, qui relie plusieurs villages chiites. Cette manifestation doit couronner une semaine de protestations qui se sont déroulées jusqu'ici dans le calme, tranchant avec celles du Collectif du 14 février qui dégénèrent souvent en heurts entre protestataires et policiers.

 

"Nous ne sommes pas contre le GP de Formule 1 mais nous voulons faire entendre au monde nos revendications: nous voulons la démocratie, le respect des droits de l'Homme, un gouvernement issu d'élections", a déclaré à l'AFP un dirigeant du Wefaq, Khalil Marzouk.
"La violence engendre la violence", a-t-il cependant averti alors qu'un dialogue national, amorcé en février entre l'opposition et le gouvernement, piétine.

 

"Il n'y a pas de problème de sécurité", a assuré mercredi à l'AFP la ministre d'Etat à l'Information, Samira Rajab, assurant que les troubles attribués au Collectif du 14 Février n'étaient "que des agissements d'adolescents animés par des groupes à la solde de l'Iran".

 

HRW a déploré le silence des organisateurs du GP face aux "abus en matière de droits de l'Homme (à Bahreïn) qui semblent être directement liés à la course", en dénonçant une récente vague d'arrestations "arbitraires" de militants d'opposition dans des localités proches du circuit de Sakhir.

 

"Les responsables qui se soucient de F1 doivent tenir compte des souffrances humaines et de la répression qui entachent leur sport", écrit l'organisation.

 

 

18 avril 2013. Lien : fan-f1.com

 

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