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Publié par Saoudi Abdelaziz

 

 

 

    

Chafik Mesbah persiste et signe

« Sur le plan du principe, j’ai, effectivement, exhorté l’armée algérienne à se tenir à l’écart du champ politique ». C’est l’opinion de l’ancien officier supérieur du DRS, présenté comme exprimant habituellement les sentiments de sa maison-mère, confirme dans une mise au point dans El Watan. Mais, il « précise sa pensée » en n’excluant pas que l’ANP puisse perpétrer un coup d’Etat si c’est nécessaire ! « Dans un contexte exceptionnel, l’armée serait amenée à exercer un rôle de rempart contre la descente aux abîmes de l’Algérie ». Coup d’Etat préparé et minuté par le DRS, cela va sans dire, puisque en Algérie c’est cette « l’institution militaire » qui est chargée de de tenir les ficelles de la politique en période « normale ».

 

 

 

Sans recourrir au coup d’Etat condamnable, que le démocrate Mesbah inclut parmi les options du DRS, l’ANP, en tant qu’ « armée de ligne », peut et doit peser sur la politique d’investissement industrielle afin contribuer à renverser le cours du désastre qui la prive de toute base technique nationale. Que l’ANP puisse, comme l’y ont invité les chômeurs du sud, intervenir politiquement dans l’Etat pour que les problèmes des populations frontalières soient pris en compte conformément à toute politique de défense nationale authentique. Que l’ANP intervienne pour mettre en garde contre le risque d’éclatement de la cohésion nationale que fait courir le maintien de la gestion politique anti-citoyenne du pays. Que l’ANP refuse le rôle de supplétif politique qu’on lui fait jouer dans la formation des majorités électorales. Autant de thèmes « politiques » qu’aucun démocrate sincère ne refuserait de partager avec les militaires. L’ANP n’a pas besoin de coup d’Etat pour faire entendre des propositions qui rentre dans le cadre de l'intérêt national.

 

 

 

L’alternative, armée muette ou armée de coup d’Etat, présentée par l’expert, est une élucubration qui ne répond à aucune réalité. Dans les pays « démocratiques » dans lesquels Chafik Mesbah fait ses recherches, on sait que l’armée n’est pas une grande muette dans l'élaboration des objectifs stratégiques des Etats. Les militaires « de ligne » disposent de centres de recherche ouverts, qui publient régulièrement des évaluations et des propositions sur les sujets les plus sensibles sans que ce travail soit accaparé par des gens du SDEC, de la CIA ou autres. En Algérie si ces centres existent , ils ont une réalité subliminales...

 

 

 

En Algérie, le service de renseignement de l’Armée a effectué une Opa sur la parole militaire. La mise au point de Chafik Mesbah confirme une vérité que chaque Algérien ressent : le DRS a longtemps utilisé la couverture ANP pour s’arroger un rôle exhorbitant et a-constitutionnel. Les réorganisations des années de pseudo-présidentialisme chadliste ont transformé les services d’espionnage et de contre-espionnage en colonne vertébrale du régime selon les termes d’un journaliste cité dans notre blog.

 

 

 

Cette préminence du DRS dans l’Etat est le facteur principal de la prolongation de la gestion policière de la société algérienne, même si dans la dernière période les espions sont en perte de vitesse, et d'abord dans la vie quotidienne où ils étaient omniprésents.  De nombreux démocrates sincères ont d’ailleurs vu d’un bon œil le découplage opéré depuis le début des années 2000, entre Le DRS et la hiérarchie militaire, mettant notamment l’élaboration des missions et le processus de promotion et de gestion des carrières à l’abri du droit de regard et de véto du DRS devenu absolu -et parfois meurtrier- pendant les années 90.

 

 

 

Saoudi Abdelaziz, 19 mars 2013

 

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