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Publié par Saoudi Abdelaziz

 

Il paraît qu'il y a énormément d'Algériens qui veulent apprendre la langue chinoise. L'engouement serait tel que les écoles de langues qui s'y sont mises opportunément ne savent plus où mettre les candidats aux cours. «Ils affluent comme des… chinois», a plaisanté un gérant de l'une de ces écoles, ravi par le succès de sa nouvelle filière.

Mais pourquoi, diable, les algériens s'enthousiasmeraient-ils à ce point pour une langue si géographiquement lointaine, si culturellement étrangère et si pratiquement difficile ?

Il n'est bien sûr venu à l'idée de personne que ce serait en raison du nouveau statut de ce grand pays d'Asie, une superpuissance en devenir, qui fait trembler les plus forts et dessine les nouveaux équilibres économiques internationaux, si ce n'est carrément le nouveau monde.

 

Les plus mauvaises langues disent que «s'inscrire dans cette perspective» serait une ambition trop grande pour les nouveaux étudiants en chinois.

 

C'est méchant, mais ça ne manque pas d'arguments. Il paraît que beaucoup d'entre ceux qui se mettent opportunément à la langue de Mao ont le dessein beaucoup plus terre à terre : un petit business avec les chinois d'Algérie, de plus en plus nombreux et de plus en plus entreprenants, lorgner un boulot dans leurs entreprises qui auront à terme beaucoup de marchés en Algérie et, pourquoi pas, en faire une rampe d'évasion. 

 

Il y a moins méchant, avec un peu moins d'arguments. Il paraît que les chinois vont envahir le monde et qu'il vaut mieux être parmi les premiers et les mieux intégrés.

 

C'est connu, on ne peut pas intégrer un monde sans connaître sa langue. Ce n'est pas suffisant, mais il faut bien commencer par quelque chose qu'on a à portée de main.

 

Et puis on a beau dire que le chinois est une langue compliquée, les algériens sont les champions en matière de… langues ! Ils savent depuis la mort de Boumediene qu'ils ne sont champions de rien du tout, mais ils savent aussi que les fausses certitudes sont faites pour être convoquées quand il y a «nécessité».

 

Enfin, il y a ceux qui, ni plus ni moins mauvaises langues que d'autres ont quand même la conviction que des algériens qui se mettent au chinois, des écoles de langues qui ouvrent des classes pour les accueillir, ça doit sûrement cacher quelque chose de pas très rassurant.

 

Et si les algériens qui se mettent au chinois veulent seulement apprendre à… travailler et que les gérants des écoles qui ouvrent des classes veulent aussi travailler en apprenant aux autres la langue de ceux qui travaillent ?

 

laouarisliman@gmail.com. Point Net. 9 novembre 2011. Le Temps d’Algérie

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