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Publié par Saoudi Abdelaziz

 

 

 

Permis de conduire de l'Américaine Nicole Lynn Mansfield, présentée par les autorités syriennes à la télévision d'État.

 

Carole Mansfield, la grand-mère de la victime, est inconsolable. «Elle avait un cœur en or, sanglote la septuagénaire, mais elle avait tendance à faire confiance au premier venu et elle était très influençable. Je pense qu'elle a subi un lavage de cerveau.»

 

 

Une djihadiste américaine tuée en Syrie

 

 

Par Maurin Picard, correspondante à New York du Figaro

 

 

Elle s'appelait Nicole Lynn Mansfield. Elle avait 33 ans, était originaire de Flint dans le Michigan, à la frontière canadienne, et personne ne savait au juste ce qu'elle faisait au milieu des combats en Syrie. Son corps mutilé -s'il s'agit vraiment d'elle - est apparu jeudi soir aux informations de la télévision d'État de Damas, agrémenté de son portrait, voilé, sur un passeport et un permis de conduire de l'État du Michigan.

D'après le régime du président Bachar El-Assad , cette «djihadiste» du mouvement islamiste al-Nosra, affilié à al-Qaida, aurait été tuée en compagnie de deux ressortissants étrangers, dont un Britannique, lors d'une embuscade dans la province d'Idlib (nord-ouest), âprement disputée par le gouvernement et l'opposition. En attestent les images d'une Volkswagen noire criblée d'impacts, dans laquelle auraient, semble-t-il, péri les trois combattants étrangers.

La nouvelle de son décès a été confirmée par les autorités américaines, qui ont aussitôt dépêché des agents du FBI au domicile familial de Flint pour retracer le parcours de cette Américaine égarée. Carole Mansfield, la grand-mère de la victime, est inconsolable. «Elle avait un cœur en or, sanglote la septuagénaire, mais elle avait tendance à faire confiance au premier venu et elle était très influençable. Je pense qu'elle a subi un lavage de cerveau.» «J'en suis malade, renchérit une tante, Monica Mansfield Speelman. Je ne pense pas qu'elle était une terroriste, mais Dieu seul le sait.»

 

Un mois et demi après Boston

 

Les informations sur son parcours demeurent parcellaires. Issue d'une famille d'ouvriers dans l'automobile, baptiste de confession et étudiante moyenne, Nicole Mansfield quitte le lycée lorsqu'elle tombe enceinte à l'âge de 15 ans, peu après le divorce de ses parents. Tout en élevant sa fille, aujourd'hui âgée de 18 ans, elle entame une formation d'aide à domicile et travaille comme assistante pour personnes âgées durant une décennie. Elle aurait rencontré un immigrant arabe, qu'elle épouse il y a cinq ans, avant de divorcer de lui en 2010, non sans lui avoir permis de décrocher un précieux sésame, la carte verte, synonyme de résidence permanente aux États-Unis.

Que se passe-t-il alors? Convertie à l'islam par son éphémère mari, Nicole Mansfield fait l'apologie de la femme musulmane et loue les vertus du voile à qui veut l'entendre. S'ensuivent des voyages énigmatiques au Moyen-Orient, dont Dubaï, qu'elle entreprend pour des «motifs religieux» et malgré les réserves de sa famille. La piste, en l'état actuel des informations égrenées par un FBI peu disert, s'arrête là.

Un mois et demi à peine après le double attentat du marathon de Boston, perpétré par deux immigrants d'origine tchétchène, le FBI se trouve confronté à un nouveau cas de radicalisation passé entre les mailles du filet. Il apporte également de l'eau au moulin du régime alaouite, qui ne cesse de dénoncer une rébellion contrôlée par les nervis d'al-Qaida, et porte un nouveau coup à la politique syrienne de Washington, empêtrée dans ses atermoiements à l'idée d'armer une résistance aux contours mal définis. 

 

31 mai 2013. Le Figaro.fr



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