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Publié par Saoudi Abdelaziz

 

Les habitants du Bois des Pins de Hydra avaient défendu leurs arbres et affronté les policiers chargés de protéger l’arrachage effectué par les promoteurs immobiliers. C’était la saga de l’été de 2011, les quotidiens avaient consacrés à cette lutte des reportages quasi quotidiens, de nombreux éditos. Des moudjahidates se sont mobilisées, ainsi que la ligue des Droits de l’homme. Des partis se sont prononcés publiquement. Les habitants avaient déposé des plaintes contre les violences de la DGSN, et contre l’illégalité du projet immobilier.

Par la suite, nous nous sommes inquiétés du silence qui progressivement est retombera sur cette affaire. Le 9 septembre 2011 nous écrivions, après le coup d’arrêt imposé par le wali à la campagne de soutien de la presse : « Mais un fait demeure, malgré tous ces retournements : la forêt du Bois des pins a été rasée sous la protection du wali d’Alger et de la DGSN mis au service d’intérêts particuliers » (lire plus bas).

 

 Aujourd’hui, le quotidien Liberté, dans sa rubrique Radar, nous donne des informations, présentées, sans commentaire, comme l’épilogue de l’affaire, semblant ainsi approuver la décision de justice qui donne raison au wali d’Alger. Dans les autres quotidiens, c’est le silence.

 

 

Affaire wilaya d’Alger - cité Bois-des-Pins

 

Les plaignants déboutés

 

Il semble que l’affaire qui oppose, depuis des mois, les habitants de la cité du Bois-des-Pins à Hydra à la wilaya d’Alger est sur le point de connaître un épilogue. Une source de la wilaya indique, en effet, que la justice a encore une fois débouté les plaignants au sujet du rejet par ces derniers du projet de réalisation d’un parking à étages. Pour rappel, des émeutes ont éclaté l’été dernier dans de cette cité, ayant nécessité une intervention musclée des services de police qui, pour protéger le site, ont passé plusieurs semaines sur les lieux. Ce projet structurant s’inscrit dans le plan stratégique de la wilaya dont fait notamment partie l’aménagement de la baie d’Alger.

 

Radar, 10 mars 2012. Liberté.com

 

 

 

« Il n’y a jamais eu de forêt »

9 septembre 2011

 

« Il n’y a jamais eu de forêt au Bois des pins ». Avant même que la justice ne se prononce sur la plainte des habitants, ce verdict a été prononcé le 4 septembre par le wali d’Alger, Mohamed Kedir Addou, devant un parterre de journalistes médusés. La presse « indépendante » a rentré la queue dès le lendemain, matée par la tranquille assurance de l’Homme de l’Etat.

Les jours suivants on ne trouvera rien, pas même un petit billet d’humeur, encore moins un éditorial vindicatif promettant des révélations, comme ils en fleurissaient au mois d’août (et que nous avions reproduit dans ce blog).

L’actualité libyenne peut-être, mais plus probablement le fait que le « système » a tranché par consensus sur cette affaire du Bois des pins d’Hydra, où pendant tout l’été nous avons vu des jeunes Algériens se faire tabasser pour protéger des arbres plantés par leurs ainés il y cinquante ans, au lendemain de l’Indépendance.

Le mouvement des habitants de ce quartier d’Hydra -qui n’est pas huppé- sera-t-il enterré médiatiquement par le «dossier» du wali et des ses communicants ? Les journaux ont répercuté leurs fichiers de police sans commentaire, ni vérification.

Le lendemain de cette mise au point, El Watan relate succintement, le 5 septembre, dans la rubrique « Alger en bref » les propos du wali : «Rien n’arrêtera le projet de l’Etat. La force doit revenir à l’Etat. De quel droit, ces habitants veulent-ils arrêter le projet ?», s’est-il- interrogé, en colère".


L’éditorialiste d’El Watan, Tayeb Belghiche, écrit : « Mais qui se cache derrière le ou les acquéreurs de ce que l’on peut appeler désormais l’ex-Bois des Pins ? De toute évidence, ce n’est pas pour les beaux yeux d’un ministre ou d’un général qu’on procède à la mobilisation d’un impressionnant dispositif policier pour défendre un chantier privé. Il faut sans doute aller plus haut pour trouver la réponse ».

Une belle audace. Mais cet édito est du 3 août. Un mois a coulé dans l’eau médiatique sans mémoire.

 

L’assurance du wali avait un air si définitif. Signal fort que la récréation médiatique est terminée. Les patrons de presse savent protéger leurs patyrimoines, ils savent jusqu’où ils peuvent aller, c'est à dire pas trop loin.

Les luttes de clans peuvent parfois les rendre très audacieux, comme elles peuvent leur clouer le bec l’instant d’après. Il faut qu’ils fassent attention : les luttes de clans forment un feuilleton dont ils ne connaissent pas à l’avance tous les épisodes.

Mais un fait demeure, malgré tous ces retournements : la forêt du Bois des pins a été rasée sous la protection du wali d’Alger et de la DGSN mis au service d’intérêts particuliers.

S. A.

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Commenter cet article

safiya 11/03/2012 03:27

Quelle tristesse et quel anachronisme, détruire des arbres qui sont des poumons d'une ville dont ils assainissent l'air et les remplacer par un parking dont les émanations des voitures sont on ne
peut plus polluantes; c'est vraiment marcher sur la tête. Et qui plus est dans cette affaire, les citoyens sont de plus en plus des sans-droits. La loi des magnats et des mafias prime sur la LOI
!

Cordialement