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Publié par Saoudi Abdelaziz

 

 

Par saoudi Abdelaziz

 

« Question fascinantesoulevée ce matin par Antar Daoud : pourquoi rien ne fait bouger les Algériens désormais, pas même des révélations italiennes sur des corruptions algériennes? Partout les gens bougent, font, défont, s'émeuvent, protestent ou font la guerre ou la rue ou le changement. Sauf chez nous. Tous âgés de plus de 74 ans. Tous en colère silencieuse. Tous en grève dans un palais. Tous soupçonneux sur tous. Tous des Bouteflika. Les raisons ? Diverses. ».

Le chroniqueur reprend à sa manière élipsoïdale : « Ensuite c'est la fameuse question : par quoi commencer dans un pays pourri par la corruption et l'absurde jusqu'à la racine ? Par soi-même ou par le premier qui passe ? Par Khellil ou par celui qui l'a nommé ? Par le puits ou par le baril ? ». Peine perdue selon le chroniqueur car « ensuite vient la conviction que cela ne sert à rien de mourir pour les autres. Les martyrs de la guerre de Libération l'ont fait et tout le monde vit à leur place. Mauvais exemple donné aux candidats au sacrifice ».

Chawki Amari, tente une réponse en s’inspirant de la constance de Hubble, pour expliquer le déréglement dans la galaxie algérienne : « L'effondrement du pouvoir, vieux et branlant, assemblé avec des coups de force au lieu de ciment, était à prévoir. Seul étonne encore l'effondrement des contre-pouvoirs et de la société civile, qui ne croient même plus en de possibles influences de leurs actions sur le soutènement de l'histoire. Heureusement que dans l'univers, des gens réfléchissent encore. L'effondrement provient de la gravité, qui attire les corps vers le centre des masses. C'est pour cette raison qu'a été théorisée la constante astrophysique de Hubble pour définir l'état de l'univers qui soit se dilate par effet centrifuge des galaxies, soit s'effondre par les forces de gravité qui ramènent tout vers le centre. Pour l'instant, le débat est ouvert, on ne saurait pas vraiment si l'univers est en expansion ou en contraction. Pour le régime algérien, ses frères et ses neveux, par contre, pas besoin d'être astrophysicien pour le savoir ».

Les chroniqueurs semblent se mordre la queue. Mais peut-être sont-ils en train de chercher ce que des penseurs ont défini comme situation révolutionnaire : un moment historique où ceux d’en haut ne peuvent plus et ceux d’en bas ne veulent plus.

Dans son éditorial de la Nation Salima Ghezali évoque « l’obsolescence définitive d’un mode de gouvernance qui ne gouverne plus rien » tout en relevant le paradoxe : « ce n’est pas la rue qui a été investie par des foules en colère, c’est l’exercice effectif du pouvoir qui a été déserté ». Aujourd’hui, le temps semble se figer en Algérie. Le mutisme est installé aux deux extrêmes de la société. Entre les deux, « tous pareils, tous silencieux » semble répèter, avec un sentiment d’impuissance, des chroniqueurs pris entre la paralysie vérifiable des décideurs et ce qui reste encore inaudible : la sourde et horizontale gestation du devenir algérien.

Saoudi Abdelaziz, 13 février 2013

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