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Publié par Saoudi Abdelaziz

 

 

 

 

 

 

 

Pour apaiser la situation au M'zab, le gouvernement d'Alger combine des mesures en faveur des couches moyennes locales avec l'activation des côteries traditionnelles de "notables-clients". Ces côteries constituaient, jusqu'ici, l'ossature de la politique de "décentralisation" pratiquée par le pouvoir central dans le Sud algérien. L'appui sur les notables pour gouverner est une survivance de la politique coloniale d'utiliosation des structures et mentalités archaïques, mise en place et codifiée par le maréchal Lyautey au début du 20ème siècle.

Cette ligne de conduite semble avoir spectaculairement fait faillite en 2013, sous la forte pression des jeunes chômeurs issus de la plèbe saharienne.  Sa poursuite nuit désormais gravement à l'ordre républicain.

 

 

 

 

 

 

 

Dans le quotidien Reporters, sous le titre "Ghardaïa : le statu quo", Meziane Charef rapporte le point de vue de douze associations de parents d’élèves de Ghardaïa qui écrivent dans un communiqué public : «Ce qui complique la situation, c'est l’absence de volonté chez les autorités locales pour mettre la main sur les responsables de la fitna et les sanctionner. On n’a pas confiance ». De son côté "la cellule de suivi et de coordination" affirme : «Certains responsables ont tenté d’instrumentaliser le problème en le présentant comme confessionnel, alors que la réalité, c’est un groupe de criminels qui ont semé la fitna avec la complicité de la police ».

 

Confessionnel? Le pouvoir a actionné hier le Haut conseil islamique qui envoie une délégation sur place pour “réconcilier les différentes parties et propager la culture de la paix et de l'entente entre les habitants de cette région connue pour ses ulémas et intellectuels”. et “œuvrer à éteindre le feu de la discorde qui s'est déclenché ces derniers jours dans la wilaya de Ghardaïa, à travers la consolidation de l'unité et de la cohésion de la société”.

 

Le billet du directeur du soir d'Algérie voit les choses autrement. Sous le titre  Ghardaïa : pour une réponse politique Maamar Farah note : " Pour bien comprendre l'évolution de cette crise, il faut d'abord parler avec ces jeunes qui se battent dans la rue avec une violence inouïe. Ont-ils été manipulés ? Par qui ? Pourquoi ? Malheureusement, les débats initiés par Alger se font généralement avec des notables, des «sages», des chefs de tribus et de zaouïas qui ne peuvent, en aucun cas, constituer des interlocuteurs valables et surtout représentatifs. Car si le gouvernement se présente comme une autorité légitime, quoi qu'on dise, ses interlocuteurs se situent en dehors des institutions politiques républicaines. Comme si les autorités, les associations et les élus de la région n'existaient pas !
Finalement, à quoi servent les élections et tout l'édifice institutionnel si c'est pour aboutir à des pratiques dignes de l'Algérie tribale des siècles précédents ? La grande absente de ce débat crucial est la République. Pourvu qu'elle n'en soit pas aussi la grande perdante !
"

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