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Publié par Saoudi Abdelaziz

 

Les femmes et le harcèlement au travail

 « Nous subissons toutes formes de chantage »

 

Le Collectif des femmes travailleuses, affilié au Syndicat national autonome des personnels de l’administration publique (Snapap), a organisé, hier, une action de protestation au niveau du CHU Nafissa Hamoud (ex-Parnet) à Alger pour dénoncer «la précarité dans laquelle évoluent des milliers de travailleuses».

C’est le point de départ d’une série d’actions, programmées pour le mois de mars, visant à «faire entendre la voix de la femme travailleuse algérienne dont une grande partie se bat pour l’amélioration des conditions sociales, mais qui ne peut se réaliser sans l’amélioration des conditions professionnelles», lance Mme Maghraoui, présidente du comité. Plusieurs dizaines de syndicalistes étaient présents au rassemblement. Les protestataires expriment des préoccupations liées à la mal-vie de tous les jours. Ce sont des inquiétudes exprimées également par nos collègues hommes, puisque la précarité touche tout le monde.

 

«Mais ce sont les femmes qui subissent de manière plus grave les affres de la précarité»,explique une protestataire. Les recrutements massifs dans le cadre des dispositifs du filet social et de l’ANEM ont généralisé «la situation de précarité», dénonce une syndicaliste de la même formation. «Les personnels, en majorité féminins, subissent toutes formes de chantage, de harcèlement, notamment moral et administratif, pour prétendre à un plan de carrière», accusent les syndicalistes. Selon les femmes encadrées dans ce comité, «il y a urgence d’affranchir les travailleuses et les travailleurs de ces pratiques dignes d’un autre âge».

 

Pour être intégrés dans un poste permanent les employés, les femmes notamment, supportent toutes formes d’humiliations et de pressions morales et administratives. «Certes, ce n’est pas une situation vécue uniquement par les femmes, mais ce sont elles qui sont exposées le plus à ces pressions», soutient une protestataire. Une syndicaliste expose le cas de certaines femmes titulaires de diplôme d’ingénieur employées comme «veilleurs de nuit» contractuels. «Ces femmes souffrent le martyre pour être permanisées dans ce poste», se plaint-on également.

 

Une autre protestataire expose les difficultés rencontrées par ces mêmes employés pour trouver un poste dans leur spécialité : «Nous ne comprenons pas comment les CV de femmes qualifiées sont rejetés dans le secteur économique sous prétexte que la législation algérienne interdit le recours aux effectifs féminins pour le travail de nuit, mais des femmes sont employées dans d’autres secteurs sans aucun avantage pour les mêmes horaires», accusent les membres du comité.

 

La plateforme de revendications contient également des points liés à «l’exploitation subie» par les personnels recrutés dans le cadre du pré-emploi. La précarité est mère de tous les maux, concluent les syndicalistes, qui se sont donné rendez-vous pour la première semaine de mars afin de poursuivre leur mouvement de protestation.

 

Fatima Arab, 23 février 2012. El Watan

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