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Publié par Saoudi Abdelaziz

"Il n’y aura de véritable histoire de l’Algérie que celle où l'on verra justice rendue à ses profondes variétés régionales"

LA KABYLIE ORIENTALE DANS L'HISTOIRE.

Pays des Kutuma et guerre coloniale  

 

Un nouveau livre écrit par l’universitaire Hosni Kitouni, retraçant l’histoire de la Petite Kabylie, avec des clins d’œil francs et particuliers sur la région de Jijel, vient de sortir en France aux éditions l’Harmattan. Bien qu’il présente quelques informations archéologiques et historiques de notre région, l’auteur croit que son apport fondamental se situe sur la question de la langue et celui de l'origine des tribus. Sur ces deux questions, il apporte un éclaircissement historique qui ne manquera pas de passionner le débat. Mais pour nous, c’est avant tout un enrichissement de l’historiographie de Jijel et l’en remerciera pas assez Monsieur Kitouni pour cet nouvel apport. 

Le livre sera publié en Algérie dans les prochaines semaines par Casbah éditions, qui en a racheté les droits. N'ayant pas le livre sous la main, je me remets pour l'instant à la présentation faite par l'auteur.

Karim Hadji, avril 2013

Ce livre est né d’un sentiment d’injustice : pourquoi El Kabaile El-Hadra (la Kabylie orientale) — le pays des Kutama — berceau d’événements historiques considérables dont les répercussions ont touché tout le Maghreb et le Moyen orient, est-elle restée hors du champ des études historiques ? Ce désintérêt aurait-il pour cause l’extrême complexité des questions que l’histoire de cette région soulève ? Qui sont donc ces « Kabyles», parlant « arabe », sans doute descendants des fameux Kutama, mais qui refusent obstinément de se revendiquer de cette ancestralité ? A la suite de quoi une population montagnarde, enclavée, réputée berbère depuis la nuit des temps, s’est-elle arabisée, et pourquoi son arabe est-il si dissemblable de celui parlé dans le reste du pays ? Quelle est l’origine de sa population, de son particularisme culturel et social ? Que devient la Kabylie orientale après la « conquête coloniale » ? Pourquoi, plus qu’ailleurs, la résistance à l'occupation française a-t-elle, ici, duré aussi longtemps (1839-1871) ? Et pourquoi fut-elle particulièrement acharnée et si meurtrière ? Quels bouleversements, le système colonial lui a-t-il fait subir au point où elle se retrouve en prise à une sorte de « crise identitaire » dont les effets demeurent perceptibles jusqu'à présent? C’est à ces multiples questions que cet ouvrage s’attache à répondre.

Paysage de Petite Kabylie. Au fond les contreforts sud du massif de Collo

S’appuyant sur des documents exceptionnels, Hosni Kitouni, fait œuvre de pionnier en abordant, pour la première fois après Marçais et l’école linguistique d’Alger, la question de l’origine des parlers arabes des massifs Kabyles qu’il rattache à la reconfiguration des tribus, conséquence des luttes dynastiques dans le Maghreb.

Retraçant les événements qui ont bouleversé la Kabylie orientale après 1839, année de la prise de Jijel, il nous montre comment la colonisation, telle une bourrasque meurtrière, a détruit paysages, hommes, organisation sociale, culture. « Autrement dit comment le résultat de quinze siècles d’histoire a été, en moins de quarante ans, anéanti ». Destruction entreprise au nom de « la civilisation qui vient au secours d’un peuple de sauvages ». Les crimes coloniaux, accomplis en Kabylie orientale, l’ont été avec une telle barbarie et une telle haine qu’il est insoutenable d’en évoquer même le souvenir. Pourtant, il faut bien que cette histoire soit écrite pour que nous avancions dans la connaissance de nous-mêmes, mais surtout, pour déjouer les pièges tendus par l’historiographie coloniale qui continue à faire des ravages dans la pensée dominante.

Un souci constant nous a animé du début à la fin de ce travail : restituer dans sa plénitude le rôle du peuple dans son histoire en nous plaçant résolument du point de vue de ceux qui souffrent et luttent pour préserver vaille que vaille leur liberté et leur vie.

Vestiges à Béni F'tah

Enfin, en paraphrasant Marc Bloch, on pourrait écrire « qu’il n’y aura de véritable histoire de l’Algérie que celle où l'on verra justice rendue à ses profondes variétés régionales. »  

jijel-archeo © avril 2013

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Mourad 12/11/2014 06:46

La semaine passée, un journaliste à demandé à François Hollande l'enseignement dans les établissements publics des 7 dialectes parlés en France, sa réponse était claire, nette et catégorique : Officialiser les dialectes ç'est balkaniser c'est à dire créer 7 états indépendants en France .Donc où sont ceux qui s'identifient au système français.

khadidja yasmina 16/10/2014 12:28

Je tiens à vous signaler que 25% de la population de Constantine sont venus du Sud de l'ancienne Wilaya de Constantine (Ain beida, Oued Zenati, Ain Mlila...) sont des chaouis. Donc où peut-on placer Constantine ? Son nord est Hrika (petits kabyles) et le Sud des chaouis. C'est la même chose pour Sétif, Bordj Bouaréridj et Guelma.

HaqEddine 10/10/2014 12:54

,Après le recensement de 1977, on a donné les résultats au démographe Français Monsieur COTES. Celui-ci en s'appuyant sur le lieu de naissance des parents et des grands parents des habitants de Constantine, il a trouvé que 75+% sont originaires de la petite kabylie. il a conclu avec la phrase suivante : Constantine s'est kabylisé à partir de la petite kabylie comme Alger à partir de la Grande.