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Publié par Saoudi Abdelaziz

 

 

La chronique du Condjador (25)

 

On manque de mécaniciens motoristes au port de Boudis, depuis qu’il a été décidé d’appliquer la loi de 2007 qui rend leur présence obligatoire sur les bateaux sardiniers et les chalutiers.

Pour avoir le diplôme de mécanicien motoriste on demande une déclaration sur l’honneur de l’armateur attestant que le marin s’occupe de la mécanique et de l’entretien du moteur, ensuite il fait un stage théorique de  6 mois, après quoi il devient mécanicien motoriste.

Il existe des marins qui sont de très bons mécaniciens avec des certificats de travail et de longues années d’expérience. Mais, ils n’ont pas été admis dans les stages de formation pour valider cette qualification acquise dans la pratique. Supervisés par la chambre de la pêche, ces stages sont dirigés par le centre de formation de Collo. Causes de cette interdiction pour ces mécaniciens déjà qualifiés : l’exigence d’un niveau scolaire et… 14 000  dinars d’inscription.

Quand la loi de 2007 avait été promulguée, les armateurs, toujours soudés comme de coutume, s’étaient mis d’accord pour programmer une « classe spéciale », comme ils disent, réservée aux fils de patrons pécheurs et d’armateurs. Certains de ces « diplômés » effectuent en mer le travail de mécanicien, mais la plupart restent à terre et font un autre travail. Ces mécaniciens furtifs touchent une demi-part pour inscrire leur diplôme sur le rôle d’embarquement mais ils ne sortent pas en mer et ne viennent au port que le jeudi après midi pour toucher leur paie.

Pendant ce temps, pour faire le travail, les patrons de pêche font appel aux mécaniciens expérimentés privés du papier du diplôme. Des fois on les donne un petit plus, un ¼ de part ou ½, lorsque la machine a trop de pannes, un encouragement pour mieux sécuriser la sortie en mer. A bord il aura toujours un marin mécanicien de secours, le papier cartonné d’un « diplôme » ne pourra pas remplacer les longues années de pratique d’un vrai mécanicien et dans beaucoup de cas la vie des marins dépend de ces débrouillards de dernière minute. Le papier a écrasé le coté humain. 

Cette combine des armateurs a marché jusqu’à ce que le garde de pêche a commencé à mettre fin à la pratique des mécaniciens furtifs, par des contrôle en mer.

Les tracasseries et futilités de détail qui avaient empêché la reconnaissance de la qualification des vrais professionnels engendrent maintenant la pénurie de mécaniciens motoristes au port de Boudis.

Un mauvais calcul de la part des armateurs, car ceux qui ont ces « diplômes » se sont sentis pousser des ailes ! Maintenant ces mécaniciens en papier demandent deux parts même beaucoup ne savent même pas  « jauger l’huile » comme disent les vrais mécaniciens.

Si la demande en mécaniciens compétents n’est pas satisfaite au port de pêche de Boudis comment le futur port d’El Ouana fera-t-il face ?

Si les bateaux acceptent y d’accoster bien sûr car les marins qui on vu le mouvement des vagues à El Ouana disent qu’il est mal construit et que les bateaux seront plus en sécurité à l’extérieur qu’entre ces blocs de béton quand le ressac monte et descend à fond…

 

 

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