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Publié par Saoudi Abdelaziz

 

La chronique du Condjador (53)

 

Jijel, 13 juin 2012

 

C’est la tombée de la nuit, sur une piste difficile d’accès. Il faut des chauffeurs bien entraînés pour manœuvrer sur ce terrain impraticable. Et surtout très déterminés. Ils font plusieurs voyages pour charger le sable de mer. Bien sûr c’est moins risqué qu’avant : il n’y a plus personne à corrompre.

 

Ces jeunes garent leurs camions derrière la broussaille. Du vin et de la bière pour se doper, c’est leur rituel pour pouvoir affronter les risques : perte du véhicule, six à un an de prison pour les « repris ». Il faut se donner de la force et du courage.

 

Ces jeunes n’aiment pas qu’on les appelle voleurs de sable –nahb arimel. Pour eux, c’est la loi qui est inconséquente : ils sont de la région et ce produit est un trésor que la nature leur offre. Pourquoi n’y aurait-il pas une justice dans le partage des ressources naturelles en faveur des locaux ? El houkouma vole le pétrole et personne ne les condamne. On dit même que Ouyahia, raïs el houkouma, va construire un complexe touristique à l’endroit où se tient une missa. Le site est un vrai bijou de verdure, des arbres que des écoliers ont plantés.

 

« Lorsque je viens dans cette missa  après trente d’années d’absence, je me rappelle les belles actions de volontariat des temps anciens, me raconte un ami. On avait aidé les fellahs au ramassage des petites pierres dans les champs, au temps de la révolution agraire, et le goût du leben que ces fellahs nous ont offert, je ne l’ai jamais retrouvé. »

 

Village-Moussa, Jijel, 13 juin 2012

 

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