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Publié par Saoudi Abdelaziz

27 juillet 2011, par Alain Gresh

« Un livre écrit au cœur de la révolution, avec la justesse et la hauteur de vue d’une méditation intemporelle. » C’est ainsi que la quatrième de couverture du livre d’Abdelwahab Meddeb Printemps de Tunis présente le travail de l’auteur, un des premiers ouvrages sur la révolution qui a ébranlé le monde arabe.

Nous laisserons le lecteur juger de la « hauteur de vue » de l’auteur et de ses réflexions, somme toute banales, sur ce qui s’est passé en Tunisie.

Ce qui est frappant dans l’ouvrage, c’est sa « pudeur » concernant ses positions sur le régime de Ben Ali. Evoquant la manifestation de Paris, le 15 janvier, après la chute du dictateur, il écrit : « Cela fait longtemps que je n’ai pas participé à une manifestation. » Et la question qui se pose est simple : pourquoi n’a-t-il jamais participé à des manifestations contre la dictature à Paris durant ces dernières décennies ? Pourquoi n’a-t-il jamais élevé la voie contre la torture de milliers de prisonniers politiques ? Le fait que nombre d’entre eux étaient islamistes justifiait-il ce silence ?

Il serait faux de dire qu’il ne mentionne pas le sujet. Il le fait avec une pudeur d’autant plus admirable qu’elle « ne » lui est pas habituelle, mais toujours avec une « hauteur de vue ».

« Je m’interroge aujourd’hui sur ce réveil tardif ? Est-ce dû à la distance de l’expatriation ? Est-ce que le fait que pour moi l’horizon de l’être est le monde en son étendue ? L’immensité que je scrute aspire-t-elle le génie des lieux ? Immerge-t-elle le culte de la terre natale ? », etc. A une telle hauteur de vue, on perd le fil, mais on comprend qu’un intellectuel tunisien, vivant à Paris, a mieux à faire que de s’occuper de ce qui se passe dans son pays d’origine.

L’écrivain n’est cependant pas resté à l’écart de la révolution. Avec courage, il a participé à une émission de France 3, « Ce soir ou jamais », le 12 janvier (la première de ses interventions publiques), qui, selon ses dires, « a produit l’effet escompté. (...) Le mouvement a reçu un signe solidaire émanant de la scène internationale ». Tout ce qui s’est passé dans les premiers jours de janvier en France, en solidarité avec la Tunisie, n’a pas compté jusqu’à l’arrivée du grand homme.

Certes, ces manifestations étaient limitées. Et elles l’étaient parce que Meddeb et de nombreux intellectuels s’étaient, comme il le dit lui-même, « accommodés » de Ben Ali : « Nous n’avions pas protesté quand Ben Ali avait procédé à l’éradication des islamistes par la terreur en 1990-1991. Nous en étions même soulagés. » Ils préféraient et préfèrent toujours les dictatures soi-disant laïques aux islamistes.  (…)

 

Texte intégral :  http://blog.mondediplo.net/

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