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Publié par Saoudi Abdelaziz

Au printemps, la grève des postiers avait causé des désagréments aux usagers. En été, celle du personnel navigant d’Air-Algérie pénalise les vacanciers. Oui la grève des navigants crée des nuisances. Il en va ainsi de toute grève. C’est pour cela que c’est l’arme ultime et efficace des salariés dans tous les pays du monde. C’est un droit humain fondamental, qui s’est universellement imposé et a été inscrit dans les conventions internationales.

Le droit de grève ne signifie pas toujours la grève effective. Les salariés brandissent d’abord la menace. L’objectif du préavis de grève est d’amener l’employeur et les salariés à se mettre autour de la table pour négocier les revendications, évitant ainsi l’arrêt de l’activité.

La direction générale d’Air-Algérie, sur injonction d’en haut, s’est retirée du processus de négociation. Les salariés et leur syndicat autonome ont respecté la procédure légale.

Contrairement à ce qu’écrit mensongèrement, aujourd’hui l’éditorialiste de Liberté lorsqu’il parle de «cette grève, venue de nulle part et sans aucun préavis», pour décrire, et appeler à réprimer, un mouvement annoncé de longue date et voté en assemblée générale.

L’éditorialiste reproche aussi aux salariés le choix du moment : l’accroissement du trafic aérien durant les vacances d’été pénalise la compagnie. Au contraire, ils ont fait le choix le plus rationnel et le plus intelligent. Une grève, c’est fait pour nuire  à l’employeur, directement et indirectement, afin de l’amener à céder. La loi prévoit un service minimum dans des secteurs sensibles, comme la santé, que les salariés assument. Mais cela ne concerne ni le transport aérien ni aucune autre prestation commerciale.

En réalité, dans cette grève, comme dans celles qui l’ont précédée et celles qui suivront, ce qui est en cause, dans un pays quadrillé par l’autoritarisme, c’est le droit démocratique fondamental des salariés à défendre leurs intérêts. Ce droit démocratique contribue à modeler le paysage politique, à faire avancer la transition démocratique générale dans notre pays. C’est pour cette raison qu’il est incompréhensible que la plupart des patrons de presse, par opportunisme commercial –vendre du papier- ou par aveuglement de classe, encouragent l’offensive du système contre le droit de grève.

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