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Publié par Saoudi Abdelaziz

DR

 

 

La Grèce est paralysée par une grève générale contre les mesures d'austérité imposées par les créanciers internationaux du pays, mercredi, au lendemain de l'arrivée d'une délégation de la "troïka" à Athènes pour évaluer la mise en œuvre du plan de sauvetage.

Le mouvement social de 24 heures décrété par les principaux syndicats des secteurs public et privé a entraîné la fermeture des écoles et la suspension de nombreux transports.

"Les travailleurs, les retraités et les chômeurs vivent un cauchemar sans fin", dénoncent les employés du port d'Athènes dans un communiqué.

"Le gouvernement et la troïka détruisent ce pays", ajoutent-ils en dénonçant l'intransigeance des créanciers d'Athènes, la Commission européenne, la Banque centrale européenne et le Fonds monétaire international.

Les syndicats disent craindre que la troïka n'impose à la Grèce une nouvelle baisse des salaires et pensions de retraite pour remplir les conditions du plan de sauvetage, alors que l'incertitude sur les besoins de financement supplémentaires dont Athènes pourrait avoir besoin dès l'an prochain alimente les spéculations sur de nouvelles mesures d'austérité.

Ils dénoncent aussi les suppressions de postes prévues dans le secteur public et les projets de privatisation.

Enseignants, médecins, employés municipaux, conducteurs de bus et de train font partie de ceux qui participent au mouvement. Les contrôleurs aériens ont précisé qu'ils cesseraient de travailler entre 10h00 et 13h00 GMT, ce qui va provoquer des perturbations du trafic.

Une manifestation est prévue dans l'après-midi en direction de la place Syntagma, devant le Parlement, où protestataires et policiers se sont souvent affrontés par le passé.

"En s'unissant, on peut les arrêter, on peut les renverser", a promis le syndicat du secteur public ADEDY.

La Grèce, qui connaît une sixième année consécutive de récession, a un taux de chômage record de plus de 27%.

 

Source : Reuters, 6 novembre 2013

 

 

 

Les prêtres d'une religion féroce

 

 

Par Paul Jorion, 6 novembre 2013

 

 

 

Jusqu’ici, les membres de la Troïka (Commission européenne, Banque centrale européenne, Fonds monétaire international), constituaient pour moi une entité abstraite : il s’agissait de gens existant quelque part, manifestement dans l’erreur, et une erreur coupable et dangereuse, mais j’étais bien incapable de leur mettre un visage, si ce n’est pour leurs principaux dirigeants, lesquels sont engagés désormais dans un bras de fer réjouissant, révélateur du désarroi qui les gagne.

 

 

Mais hier, j’ai vu et entendu au Parlement européen, deux membres de la Troïka, et pas des moindres puisqu’ils dirigent l’équipe qui « s’occupe » de la Grèce : Servaas Deroose pour la Commission européenne et Klaus Masuch pour la Banque centrale européenne, et là, mon opinion sur la Troïka a tout à fait changé.

 

 

Il ne m’est plus possible désormais d’imaginer qu’il pourrait s’agir avec eux de gens se trompant de bonne foi : je n’ai en effet entendu que des camelots de foire débitant des boniments, appelant « victoires », des déroutes sanglantes, qualifiant de « chiffres encourageants » la mesure quantitative de l’effondrement de la zone euro, prenant appui sur les preuves rétrospectives de leurs errements passés pour appeler à un effort supplémentaire dans la même direction et, à bout d’arguments devant les démentis que leur offre la réalité, blâmant les Grecs qui « refusent de faire ce qu’on leur demande » !

 

 

Mais qu’attendre d’autre de la part d’économistes car c’est bien ce qu’ils sont, qui nous expliquent depuis cent quarante ans que si leurs prévisions sont systématiquement fausses, ce n’est pas parce que leurs théories sont sans fondement mais parce que les hommes hélas ne sont pas suffisamment rationnels au sens psychopathique qu’ils ont attribué de leur côté au mot « raison ».

 

 

Que pouvons-nous faire pour les ramener précisément à la raison ? Rien hélas : ce sont les prêtres d’une religion féroce qui se cooptent entre eux, loin, bien loin, de toute élection démocratique. Nous en sommes réduits, à l’instar des parlementaires européens hier, à les couvrir de nos quolibets, à les poursuivre de nos lazzi, à chercher à les faire taire sous nos sifflets, mais si cela calme nos nerfs, cela ne suffit pas malheureusement à les empêcher de nuire de plus belle.

 

Source: http://www.pauljorion.com/blog/

 

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