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Publié par Saoudi Abdelaziz

On ne savait plus, hier, si ce sont les Israéliens qui se sont fait piéger, ou bien alors les Palestiniens qui croyaient que leur marge de manœuvre était réelle et même appréciable malgré le blocage du processus de paix. La preuve, devaient-ils se dire, ils se déplacent, même si les Israéliens contrôlent le moindre mouvement et peuvent donc en restreindre l’importance. Ah cette fameuse police des frontières ! Une règle éprouvée par l’ancien leader palestinien, Yasser Arafat, jusqu’à ce que l’hélicoptère qu’il utilisait pour ses déplacements soit dynamité et l’aéroport de Ghaza détruit. Ou encore qu’ils peuvent recevoir des visiteurs étrangers. Tous les visiteurs ? Pas tous effectivement, comme l’ont révélé certains rapports diplomatiques, mettant en cause les tracasseries et même les blocages et autres brimades dans les check-points israéliens. Il ne fallait surtout pas être qualifié de pro-israélien. C’était un délit et un motif de refoulement, du moins de blocage prolongé. Des diplomates occidentaux n’ont pas bénéficié du traitement que leur confère leur statut, excepté que leurs gouvernements ont fait preuve d’une incroyable discrétion.

 

Sauf que hier, Israël a stoppé ce mouvement, alors même qu’il s’en servait pour entretenir l’illusion et rien d’autre, il faut bien en convenir, selon laquelle les Palestiniens étaient effectivement libres de recevoir ou se déplacer et même d’organiser des rencontres internationales. Comme celle du Comité sur la Palestine du Mouvement des pays non-alignés. Pas moins de treize ministres des Affaires étrangères devaient rallier la ville palestinienne de Ramallah, depuis la capitale jordanienne. L’acte était éminemment politique, la Palestine qui siège au sein des Non-Alignés en tant qu’Etat membre, organisait sa première réunion internationale. Quant à l’objet de la réunion, il s’agit d’aider les Palestiniens à disposer d’un statut équivalent au sein de l’ONU, le pas ayant été franchi avec l’octroi d’un siège à l’Unesco. C’est la nouvelle bataille engagée depuis septembre 2011 par les Palestiniens, et bien entendu, les Israéliens s’y opposent. D’où leur décision, hier, de bloquer en territoire jordanien les ministres des treize pays non-alignés, et par voie de conséquence, empêcher la réunion en question.

 

Mais cela n’empêchera pas un tel débat, bien lancé au demeurant, puisque les Palestiniens, soutenus par de nombreux pays et organisations régionales, sont déterminés à dépasser le statut d’observateur, devenu le bâillon de trop et même l’alibi dont se servent ceux qui s’opposent à leur lutte. Ils entendent faire du recours à l’ONU, une alternative à tous les processus de paix développés depuis 1991. Et donc un engagement international pour rendre justice au peuple palestinien.

 

Ce qui annonce, pour l’automne prochain, une bien rude bataille diplomatique. Ils ont réussi à amener le monde à se rendre à l’évidence. Celle des Territoires palestiniens transformés en une immense prison. Le reste n’étant que de simples illusions. Et rien d’autre.

 

 

Mohamed Larbi, 6 août 2012. El Watan.com

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