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Publié par Saoudi Abdelaziz

 

 

 A lire les comptes-rendus des journaux de la conférence de presse du ministre de la Santé et de ses collaborateurs, on ne sait plus vraiment ce qu'il faut comprendre. Est-ce que la pénurie de médicaments est une pure invention de journalistes qui auraient décidé de gâcher le ramadhan du ministre et de le perturber dans une éventuelle causerie présidentielle ? 

 

Sauf que, hormis les journalistes dont le métier consiste, en partie, à signaler les trains qui n'arrivent pas à l'heure, le Snapo, qui représente les pharmaciens d'officine qui sont aux premières loges, a également constaté cette fameuse pénurie prétendument imaginaire et affirme que les ruptures de stocks affectent 230 médicaments, dont 170 sont indispensables. Même la Fédération nationale des insuffisants rénaux se serait jointe au concert des injustes accusateurs en s'alarmant des «récurrentes ruptures de stocks affectant les produits utilisés dans la greffe rénale ainsi que l'absence des antiviraux».

 Trop de monde se liguerait ainsi contre le ministère de la Santé pour inventer la pénurie ! Un vrai complot ourdi en bonne et due forme. Inutile d'expliquer que les Algériens n'ont pas besoin de s'informer chez les journalistes ou de lire des communiqués alarmistes pour constater, chez le pharmacien du coin et ceux des parages, que le «makache» n'est pas une pure invention.

 Ce qui ajoute à la confusion est que le ministre ou ses collaborateurs, mobilisés pour dire la bonne parole au premier jour du ramadhan, invoquent aussi l'attitude déloyale des importateurs. Et pour ajouter à la confusion générale, le ministre en personne prend soin de préciser qu'il n'accuse «personne». On ne sait même plus, à lire les différentes versions publiées par les journaux, si les fameux «lobbies» des importateurs, rendus, il y a peu, responsables de la situation, existent vraiment ! Il faut prendre «acte» cependant de l'intrusion, dans le discours officiel, d'un nouveau responsable, plutôt dans la région oranaise qu'ailleurs : les trabendistes qui fourgueraient certains médicaments chez nos voisins, marocains bien sûr, où les prix sont plus élevés.

 On attend que des journalistes
c'est leur job aillent recueillir une explication auprès du CHU d'Oran en soumettant à ses responsables une question intriguée de monsieur le ministre qui les concerne. Le ministre s'interrogeait en effet sur les raisons de la pénurie, spécifique au CHU d'Oran, de certains médicaments prescrits dans le sida qui seraient disponibles partout ailleurs. La communication équivoque sur la question pouvant passer pour une mise en cause Le CHU gagnerait à éclairer nos lanternes.

 En attendant, le ministre nous a promis bravement qu'il fera toute la lumière sur «les zones d'ombre qui entourent le secteur du médicament». Pour l'heure, c'est plutôt
la confusion. La communication officielle fait désormais dans la finesse humoristique, où l'on nie l'existence d'une pénurie factice, tout en dénonçant ceux qui la créent : des «IVNI», ou identités volantes non identifiées !

 Finalement, la seule catégorie identifiable, c'est les malades. Et on peut, in fine, pousser l'humour jusqu'à les rendre responsables de la situation car, s'ils n'avaient pas besoin de médicaments, on ne parlerait pas de pénurie. Et on ne gâcherait pas l'humeur des responsables. Elémentaire, mon cher !

M. Saadoune. Editorial du Quotidien d’Oran, 3 août 2011

 

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