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Publié par Saoudi Abdelaziz

Par Chiricahua

 

 

Cela est connu : la France est toujours en retard d'un cycle par rapport aux USA. Ainsi, au moment même où les néoconservateurs, dirigés par la bande des Quatre (Bush, Cheney, Rumsfeld, Wolfowitz), déposaient le bilan et quittaient la Maison-Blanche, la France confiait le pouvoir suprême à leur queue de comète locale, personnifiée par N. Sarkozy. Ce dernier, incapable de se placer dans le sens de l'histoire, n'avait pas vu venir la fin du pouvoir néoconservateur que tout, pourtant, annonçait : la débâcle en Irak -que l'armada US quittera de nuit et sur la pointe des pieds comme un voleur-, l'embourbement en Afghanistan, mais surtout le rejet de la politique criminelle néoconservatrice par l'humanité civilisée.

 

Les USA étaient contraints de changer de logiciel car il y allait de leur image et de leur crédibilité : ce fut le retour des anciens « trilatéralistes », Zbignew Brzezinski et Henry Kissinger. Le premier, originaire de Pologne, garde une haine intacte à l'égard de la Russie -c'est lui qui avait tendu le piège afghan à l'ex-URSS- en laquelle il voit encore l'ennemi principal des USA ; le second, originaire d'Allemagne, d'un cynisme absolu -c'est lui qui avait pensé et supervisé le coup d'État contre Allende- joue plus sournoisement des équilibres entre puissances. C'est dire autrement que l'empire yankee n'a rien trouvé de mieux à se mettre sous la dent que des vieillards marqués au coin de la guerre froide pour tenter de faire oublier le cycle criminel de la droite sauvage néoconservatrice. On sait ce que fut leur trouvaille « miraculeuse » : un Noir (en réalité un métis, fils d'une ethnologue « blanche » travaillant pour la CIA) au pouvoir.

 

Aveugle et sourde à ces changements, la France de N. Sarkozy, emportée par sa force d'inertie, allait singer jusqu'au ridicule ce qui déjà s'étiolait et partait en eau de boudin chez Big-Brother. Alors que ce dernier cherche activement à se sortir du bourbier afghan, Sarkozy y envoie un contingent de soldats ; alors que Big-Brother cherche à renouer les liens avec le monde arabe, Sarkozy court-circuite le Quai d'Orsay et confie ce dossier à son conseiller diplomatique, personnalité étroitement liée à l'État sioniste ; alors que Big-Brother cherche le moyen de mettre plus de distance entre lui et l'État sioniste, Sarkozy multiplie les gestes de servilité à l'égard du pouvoir de Tel-Aviv, allant jusqu'à envoyer un bâtiment de guerre pour renforcer le blocus de Gaza, et ce à la suite directe du carnage qu'y avait perpétré le pouvoir sioniste. Indécence. Les illustrations de cet incroyable aveuglement à suivre ce qui n'existait plus peuvent être multipliées à l'envi. Sans compter le superbe dédain manifesté à l'égard de la situation particulière d'une France comprenant un fort pourcentage de populations d'origine arabe et/ou musulmane. Bien plus, Sarkozy se permettra même de stigmatiser durement ces mêmes populations dont les parents -il l'oublie opportunément, lui le rejeton d'un immigré hongrois- ont défendu la France et participé à faire d'elle la nation moderne qu'elle est aujourd'hui.

 

Dans le registre « singerie », il faut également noter la montée en puissance de ces think tanks, réservoirs à pensée néoconservateurs démarqués de ceux des USA. Encore que parler de « pensée » soit exagéré tant ces cénacles se caractérisent justement par l'indigence de leur production théorique. Mais cela, cette indigence de la pensée, est -hélas- une donnée aujourd'hui endémique d'une société française où le simple effort de réflexion est empêché tant par un discours économiste dictatorial que par des réseaux de polygraphes haineux et verbeux qui font régner une véritable terreur sur une intelligentsia qui a, depuis longtemps déjà, déposé les armes de la critique. L'une de ces officines néoconservatrices françaises a pour nom « Cercle de l'Oratoire » ; elle édite une revue, « Le meilleur des mondes », où l'on peut relever des noms de contributeurs connus tels André Glucksman, Pascal Bruckner, Romain Goupil, Antoine Basbous, Mohamed Abdi (ancien secrétaire général de Ni Putes Ni Soumises)... Beaucoup de ses membres ou assimilés proviennent de la mouvance trotsko-maoïste. Comme leur modèle américain. La revue ferraille sans désemparer contre ce qu'elle nomme « l'anti-américanisme », appuie la guerre contre l'Afghanistan, contre l'Irak, dénonce ce qu'elle nomme « l'islamo-fascisme », assimile l'antisionisme à de l'antisémitisme et fait la police (de la pensée) par le biais de pétitions véhémentes. Son réseau sponsorise également des Arabes de service pour les introduire dans les sphères dirigeantes du pays.

 

Le pouvoir sarkozyste a été l'expression politique exacte de ce que « Le cercle de l'Oratoire » appelait de ses vœux : une France supplétive de l'Amérique, sous-traitante servile de l'état sioniste et de ses réseaux d'influence.

 

C'est pourquoi la défaite de cette droite sauvage est une grande nouvelle : pour la nation française d'abord qui a eu le sursaut de dignité et d'orgueil que ses meilleurs fils attendaient ; pour toute l'Europe ensuite, qui ploie sous le joug de la bancocratie et qui peut voir là un message de réhabilitation de la politique ; pour les pays arabes enfin qui peuvent espérer un rééquilibrage de la diplomatie française en faveur de leurs peuples.

 

11 mai 2012, Epître de la colère(3)

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