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Publié par Saoudi Abdelaziz

 

 

Les Impressions du jeudi

Par Saoudi Abdelaziz

 

La presse a rendu compte de l’immolation par le feu de Hamza et de l’émotion qu’elle a suscitée à Jijel, avec peut-être la secrète attente d’une explosion spectaculaire à la Tunisienne. Ne voyant rien venir, elle passe à autre chose.

 

Certains chroniqueurs, convaincus d’exercer en cela une critique sociale radicale, englobent les immolations dans la catégorie générale des « gestes désespérés ». Curieusement, certaines plumes n’hésitent pas à englober dans cette catégorie les harragas et même les drogués, comptant peut être alourdir le dossier à charge contre le système, alors que par cet amalgame ils le dédouanent.

 

Hamza a délivré un message.

 

Mais, vos lecteurs ne sauront rien sur Hamza, sur son Village-Moussa, ce quartier où s’entretient encore, près du Faubourg voisin, la fière et résistante culture de la plèbe citadine de Jijel.

 

Vos lecteurs ne sauront rien sur Hamza, parce que vous n’avez approché ni ses amis ni ses voisins, vous contentant de visionner de loin les mouvements de colère et de noter la comptabilité et les confidences dictées par les services.

 

Vous nous avez ainsi informé des blessures et contusions de policiers (dont deux commissaires, précise El Watan). Vous laissez entendre que la famille de Hamza a été dédommagée par les « autorités ». Nous devons alors comprendre qu’avec cette diya et deux commissaires contusionnés, cela devrait faire bon poids pour compenser la disparition de Hamza !

 

Digression : vos lecteurs ne sauront rien sur la main basse de la nouvelle caste des privilégiés sur Jijel. Une caste qui veut se cultiver et qui sait vivre : ses membres ont même commandé à l’Apc les bordures de nos trottoirs et les quais de la marsa d’Andreu, la belle pierre de granit bleue qui orne maintenant leurs villas. Ce granit est notre fierté, les géologues l’appellent pierre de Jijel.

 

Ces mel’houffines espèrent parachever leur conquête. Ils ont commandé l’expulsion de Hamza d’un trottoir de son Village Moussa, le considérant comme une tâche dans la ville qu’ils croient avoir conquise. Sa baraque était pourtant plus correcte, plus propre et plus citadine que les taudis de luxe de ces parvenus!

 

Les Jijéliens savent et n’ont pas la mémoire courte. Hamza, sois tranquille, Jijel ne sera jamais conquise.

 

Saoudi Abdelaziz, 3 mai 2012.

 

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