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Publié par Saoudi Abdelaziz

 

 

La chronique du Condjador (49)

 

 

Jijel, 3 juin 2012

 

 

 

La  ladjna des oucala regroupe des sages. A Jijel, ces sages font partie de la famille des crocodiles. Crocodile, parce que cet animal ne possède pas de langue, il gobe tout. Ils sont installés à leur compte.  La population n’est faite que pour créer de nouveaux articles  commerciaux. Ce sont des opportunistes, anciens du système, recyclés dans les affaires sociales Ils font leur commerce avec le mouvement des foules et des gens de la base.

 

 

Ils sont dans toutes les ladjnates, celle de la mosquée, celle des Faux Moudjahidines, de l’Agriculture, etc. Dans toutes les administrations, où le citoyen n’a qu’un pas à franchir pour s’en sortir et améliorer sa vie de merde.

 

 

On dit que la ladjna des oucala de ghardaïa a étudié de près l’état miséreux des veuves et de leurs orphelins, celle des familles qui n’arrivent pas à joindre les deux bouts, le chômage des jeunes qui augmente. C’est à dire le social en général. La solution trouvée a été de créer une usine qui peut absorber le retard social et réunir toutes ces tranches de vie. Cette ladjna, semble avoir la confiance de la population.

 

 

A Jijel, ils prennent la caisse et partent ailleurs, puis une autre ladjna se met en place et couvre l’ancienne en attendant que le budget rentre pour faire comme la précédente.  

 

 

On dit que celle de Ghardaïa a fait de tous les déshérités des actionnaires dans l’usine de textile. On y fabrique des produits de bonne qualité qui s’imposent sur le marché. La population des déshérités de Ghardaïa a déposé une partie des bijoux comme action, le seul bien que les femmes possèdent. La ladjna des sages a donné 49% des actions aux femmes et leurs enfants ont des postes de travail permanents et, bien sûr, une partie des bénéfices annuels de leur usine.

 

 

A Jijel, les ladjnates des mosquées gèrent aussi l’argent de la zakat, mais aucun déshérité n’est actionnaire. Ils se le partagent avec leurs proches, avec des dossiers bien ficelés au sein de la direction des Affaire religieuses. Du juridiquement correct : une ladjna d’experts comptables ne pourra pas trouver la faille.

 

De grosses fortunes se sont faites depuis que les imams et leurs ladjnates des mosquées se sont improvisés  gérants des travaux de construction des mosquées. Avant, la population les surnommait les imams du ccp fonction publique ;  maintenant les imams du ciment et béton armé. Nous avons aussi  les imams del farina : si un boulanger arrête de s’approvisionner chez un grossiste, ce dernier lui envoie l’imam de son quartier comme médiateurs.

 

 

Village Moussa- Jijel, 3 juin 2012

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