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Publié par Saoudi Abdelaziz

Le Condjador en a ras le bol. A Jijel, sans doute comme dans les autres villes du pays, la police semble adopter une attitude de respect tatillon de l’état de droit à l’égard… des voleurs et des truands, et de fermeté... contre les victimes qui se protègent ou réagissent contre les agressions. La commission des Droits de l’Homme de l’ONU va sans doute délivrer un satisfécit à M. Ould Kablia pour cette avancée de l’Etat de droit contre l’auto-défense.  S. A.

 

Violence au cœur de l’été

 

La chronique du Condjador (13)

 

La montée de la violence cet été dans la wilaya de Jijel  est en notamment en relation directe avec le nombre croissant de petits dealeurs de quartier, qui revendent des médicaments psychotropes, des tranquillisants, dont le tranxene largement consommé par toutes les tranches d’âges. Par des jeunes mais aussi des pères de famille. Les brigades mobiles procèdent à la fouille des poches et à la dispersion des groupes. Ils occupent des endroits isolés, généralement les jardins publics. Celui qui fait face à l’hôtel Bassora, par exemple. Ils sont tapis dernière la végétation pour leurs rassemblements nocturnes. On les trouve dans les coins sombres et non éclairées où ils guettent dans la pénombre. D’autres utilisent des prostituées pour appâter leurs victimes.

 

Les voleurs utilisent des motos scooteurs et travaillent par groupes de trois à quatre personnes. Ils frappent, volent et quittent les lieux très rapidement. Leurs armes sont des sabres ou des serre-joints de maçonnerie de 60 cm, affutés comme des sabres. Leur contact presque quotidien avec la police, lors des vérifications d’identité, leur fait croire à la banalité de la police, et donne une grande assurance à ces ados. Ces jours-ci, la mode à Jijel est de faire parler de soi parmi la population, passer pour un caïd et se forger un nom. Ils portent tous des surnoms pour inspirer la crainte. La nuit, ils se déplacent dans la ville par groupes de quatre à cinq, pour ne pas attirer l’attention.

 

Le nombre de policiers en civil  mis sur la voie publique est visiblement insuffisant. De plus, ils sont facilement reconnaissables. Je ne sais pas s’ils le font exprès. De leur côté, les groupes d’agression sont plus organisés et équipés, et disposent d’un bon bagage  juridique pour faire valoir leurs droits face à la police, qui a pour consigne de ne peut agir en l’absence de preuves et de témoignages.

Le problème, c’est que la police ne fait pas grand-chose pour réunir preuves et témoignages.

 

Il y a un instant, une bagarre a éclaté au Village-Moussa entre des jeunes et un habitant, avec insultes et jets de pierres. Aucune policier ne s’est manifesté, ni à pied, ni dans une de ces belles voitures Kia. A quoi sert aux riverains la « police de proximité » si elle ferme ses portes sur elle-même pour se protéger. J’ai été stupéfié l’autre jour par les propos d’un policier qui a déclaré à un passant surpris de sa passivité lors d’une bagarre de rue entre deux personnes : « On attendra que l’un des deux meurt et on amène l’autre ».

 

Avec un peu de recul, dans les années passées, je vous assure que lorsque la police veut que rien ne ce passe, vous pourrez dormir dans n’importe quel jardin de Jijel, avec les poches pleines d’argent. Rien ne  vous arrivera. Lorsque la police veut une chose, elle y arrive par les simples moyens de routine.

 

Les citoyens peuvent faire face à cette délinquance montante, mais ils ont les mains liés. Certes, il y faut des procédures lorsqu’un citoyen neutralise un voleur. Le problème c’est qu’au niveau des commissariats, les faits ne sont pas consignés, ni les témoignages sur le vif des personnes présentes. La victime est convoquée de façon isolée pour la fragiliser. Le voleur peut dire n’importe quoi puisque il devient victime, avec certificat médical à l’appui. J’ai un ami qui a surpris un voleur en pleine action. Le voleur s’est débattu pour échapper  Un voisin est accouru pour aider mon ami. Il a eu un procès pour coups et blessures sur le voleur et une amende de 8000 dinars. Seul le témoigne des voisins lui a évité six mois de prison.

La morale de l’affaire : si vous surprenez un voleur, ne frappez qu’avec le plat de la main et ne fermez pas vos poings, et si le petit con a un couteau, sauvez-vous.

L’autre soir, un voleur de bétail m’a raconté sa vie. Il m’a confié qu’il avait été attrapé en train de forcer le cadenas d’une étable. Ses complices ont pris la fuite dans le camion. Comme il avait bien picolé avant l’expédition il a été attrapé et frappé à mort par le fellah. Il a été évacué par ambulance, les gendarmes ont tapé un PV, etc. Il était ainsi devenu la victime et s’en est tiré avec des dommages et intérêts. Alors que c’est un récidiviste de vol de bétail.

 

La police ne fait rien pour changer les choses et veille à ce que personne ne fasse rien pour que ça change. Laissez les citoyens faire des milices de quartiers et vous verrez que même les motos qui font du tapage nocturne auront le châtiment silencieux.

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