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Publié par Saoudi Abdelaziz

 

 

 © D. R.

                   « Cette décennie avait coupé les liens entre les

                    acteurs et leurs   souvenirs d’avant, rendant toute

                    forme de retour sur le passé difficile,

                    voire impossible, pour de longues années ».

             

Une interview a été accordée à El Watan par  Malika Rahal, historienne à l’Institut d’histoire du temps présent (CNRS) publié ce matin sous le titre « 1962 continue de faire barrage au savoir historien ». Extraits:

 

 « Depuis plusieurs décennies, les historiens ont fait la preuve que les événements très proches appartiennent pleinement à leur domaine de recherche ; pourtant, en ce qui concerne l’Algérie, 1962 continue de «faire barrage» au savoir historien, et de ce point de vue, toute l’histoire du pays depuis l’indépendance demeure une terre inconnue ».

 Evoquant ainsi l’absence de la Décennie noire du débat historique, Malika Rahal note :

 « Elle est absente pour les raisons évoquées plus haut : parce que toute l’histoire du pays depuis l’indépendance est absente des départements d’histoire, et que cette absence n’est que très partiellement palliée par les autres disciplines (sciences politiques, droit, littérature, sociologie). Il y a des raisons évidentes à cela : la nécessité impérieuse, ressentie dès 1962, de décrire et comprendre la période coloniale, en particulier la guerre longue et cruelle qui a mené à l’indépendance ; mais aussi la nature du régime et son usage politique de l’histoire.

Il me semble qu’il faut ajouter à cela d’autres facteurs plus difficiles à saisir : le sentiment (ressenti aussi par les historiens) d’une histoire vécue toujours dans l’urgence ; urgence de l’édification d’un Etat dans l’enthousiasme socialiste, urgence des crises économiques, politiques et sociales des années 1980, puis urgence de la décennie noire des années 1990.

Il me semble à ce propos que le pays sort tout juste d’une longue période d’après-guerre et n’a pas encore connu de temps calme permettant une démarche réflexive sur l’histoire récente.

D’autant que cette décennie de violence civile, pour ne pas dire de guerre civile, fait écran au passé ; j’ai eu l’occasion de décrire comment elle avait coupé les liens entre les acteurs et leurs souvenirs d’avant, rendant toute forme de retour sur le passé difficile, voire impossible, pour de longues années.

 Lire le texte intégral de l’interview réalisée pour El Watan, par Mélanie Matarese

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