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Publié par Saoudi Abdelaziz

La Chronique du condjador (12)

 

Ce n’est pas ce mélange de poissons de toutes les couleurs : rascasse, meinfroune, pageot, matsingoule, achpara, dorade, chaghar. Ce n’est pas aussi ce plat de la Méditerranée aromatisé avec du romarin  et parfumé au citron et à l’huile d’olive.

A Jijel, la Bouillabaisse c’est autre chose. C’est la part de poisson que le marin emporte à la maison à la fin de la pêche. Ce terme est utilisé chez  les chalutiers, les palangriers et les ringnets. Cela peut être de la sardine, de la bonite, du limon ou du pageot. Cette part peut donc être constituée d’une seule espèce de poisson.

Pour faire les parts de sardine, deux casiers de sardine suffisent généralement. On les partage à parts égales entre tous les marins présents à bord, l’équipe de terre, le moussaillon. Pour la bonite c’est la même chose.

Mais, les gens de la mer se réfèrent à une autre méthode, lorsqu’il s’agit d’une pêche de poissons de grande taille comme le limon el ghalmi de 30 kilos. Il faut partager en tranches de deux à trois kilos, et les attribuer sans faire d’injustice. Les marins expérimentés s’arrangent pour ne pas  favoriser telle personne sur telle autre, pour les tranches de bonne taille ou celle de la queue. Pour cela, un marin est envoyé à la proue face à la mer ; il ne doit pas voir les parts de poisson sur le pont. Un autre marin met le doigt sur une part et le premier prononce un nom à l’aveuglette.

Les têtes ne sont pas comprises dans le partage. Celles des limons étaient données aux amis des marins. Les mareyeurs aussi donnaient les têtes aux proches et aux voisins, ou les vendaient au marché à un prix symbolique. Maintenant, même les gens des wilayas de l’intérieur en raffolent et en font des commandes, surtout les Sétifiens.

 

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