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Publié par Saoudi Abdelaziz

 

 

L'ultimatum de l'armée égyptienne expire ce soir. Va-t-elle finalement déposer le président élu démocratiquement et aller au delà des demandes de l'opposition politique en prenant directement les rênes du pays? Que faut-il penser de cette éventualité? Les uns approuvent, les autres doutent, certains sont franchement contre. Les incertitudes sur le pouvoir algérien inspire sans doute les analyses. Tour d'horizon de la presse francophone.

 

 

 

Commençons par le très éradicateur Algérie patriotique, dont le gros titre, "L'armée égyptienne réédite le scénario algérien de janvier 1992 et sauve la République" se passe d'autres citations.

 

 

Dans le Quotidien d'Oran, Kharroubi Habib éprouve des appréhensions : "Il en est qui craignent non sans raisons que l'armée n'exploite la fracture qui s'est opérée dans la société égyptienne pour réinstaurer sous sa houlette un régime autoritaire clone de celui déchu que présidait Hosni Moubarak.

 

 

La question ne semble pas se poser pour  Aïssa Hireche dans l'Expression. Selon lui, Morsi et les Frères musulmans "au nom d'une certaine légitimité populaire, ont poussé l'insolence jusqu'à rejeter l'ultimatum adressé par l'armée(...) Ecartez-vous donc du chemin! En tous cas, les peuples n'ont jamais tort. Qu'on se le dise!" Le journaliste trouve un renfort dans Le point de vue de John Kerry signifiant au gouvernement égyptien qu'il est «nécessaire d'écouter les opinions du peuple» et ajoutant que «la démocratie n'est pas seulement une affaire d'élections, mais garantit la possibilité à chacun de s'exprimer pacifiquement».

 

Après avoir cité ces mêmes propos américain Mounir Abien déduit dans Le Temps d'Algérie: "Ce qui pourrait être interprété comme étant un «désaveu» au président Morsi qui, pour justifier son insistance à rester président pendant tout son mandat, a fait valoir la «légitimité» découlant du fait qu'il soit élu". En conclusion, il reprend à son compte le bobard des 150 snippers frères musulmans ayant pour instruction de «tirer sur toute personne s'approchant du siège" de leur parti.

 

Le quotidien Liberté évoque aussi la  légitimité anticipée donnée par l'administration américaine au coup d'Etat: "Washington : “La démocratie n'implique pas seulement des élections”" c'est le sous-titre que lui consacre Liberté dans l'article de Merzak Tigrine qui écrit: "Le président Mohamed Morsi doit écouter la voix du peuple égyptien pour résoudre la crise politique qui touche le pays et pourrait mener à une intervention militaire, a déclaré mardi une porte-parole du département d'État. ”

 

 

"L'armée reprend la main" titre le Soir d'Algérie. Sofiane Aït Iflis épilogue sur "le ralliement de l’armée à la cause du peuple" Il conclut sur les déclarations de Jennifer Psaki, porte-parole du département d'Etat:  . «Nous restons très inquiets de ce que nous voyons sur le terrain en Égypte. Nous avons le sentiment qu'il manquait des propositions déterminantes dans les propos du président Morsi"

 

 

"Que l'armée le démette au nom d'un mouvement de rue - fût-il très puissant - est clairement une sortie du droit, estime M. Saadoune l'éditorialiste du Quotidien d'Oran qui précisera plus loin: "Quand des démonstrations de rue justifient une intrusion de l'armée pour débarquer un président élu, on «institue» la rue comme «institution politique»".

 

 

Semblant juger inévitable la prise de pouvoir par l'armée, Meziane Charef  conclut ainsi l'éditorial de Reporters: " l’Egypte prend un nouveau cap qui peut être déterminant pour l’avenir de la démocratie dans les pays arabes. Mais existe-t-il une démocratie au bout du canon ?"

 

 

"L'armée dépose Morsi". Le titre s'étale sur huit colonnes à la une d'El Watan. Hassan Moali, qui fut en s'en rappelle un pourfendeur du règne du maréchal Tantaoui, écrit benoitement : "L’armée, qui a dû se plier à la volonté populaire d’adouber un président islamiste, reprend ainsi rapidement les rênes du pouvoir même si elle s’en défend".

 

 

Terminons par la dernière chronique de  Akram Belkaidqui relève "cette naïveté qui fait croire que l'armée égyptienne va chasser Morsi pour remettre le pouvoir à son opposition. En leur temps, les éradicateurs algériens opposés à la victoire de l'ex-Front islamique du salut (FIS) ont cru la même chose, persuadés qu'ils étaient que le pouvoir les récompenserait d'avoir contribué à sa propre survie. On connaît la suite"…

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