Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Publié par Saoudi Abdelaziz

 

« L’option du gaz de schiste pose autant d’interrogations que de risques »,écrit Hocine Lamriben dans El Watan, relevant l’espoir émis par un expert que «le nouveau Parlement aura son mot à dire». De son côté Mohand Bakir affirme : "L’Algérie, au contraire des USA, n’a aucun intérêt à la banalisation de l’exploitation des gaz de schiste".

 

 

 

L’option risquée du gaz de schiste

 

Par Hocine Lamriben

 

Le gouvernement est décidé à exploiter le gaz de schiste, alors que le sujet fait polémique en Europe.

Le pays disposerait de réserves estimées à 600 trillions de mètres cubes de gaz de schiste. Evaluation révélée grâce à des études réalisées en partenariat sur une superficie de 180 000 km2 et avec un taux de récupération de 20%. Ce chiffre, s’il se confirme, selon le ministre de l’energie et des Mines, représente quatre fois les réserves conventionnelles actuelles du pays. Il espère ainsi que cette filière prendra le relais du gaz naturel, dont les gisements devraient commencer à décliner à partir de 2030. S’il est légitime de vouloir assurer la transition énergétique, l’option du gaz de schiste pose toutefois autant d’interrogations que de risques.

 

Confrontée au stress hydrique, l’Algérie a-t-elle les moyens financiers et les réserves d’eau nécessaires pour se lancer dans une industrie réputée boulimique en eau ? Ali Hached, expert en énergie et conseiller du ministre de l’Energie et des Mines, avait reconnu récemment que d’importants investissements sont nécessaires pour soutenir l’effort d’exploration et d’exploitation des gaz de schiste.

 

Quid de l’impact écologique ? «La France, mais aussi le Québec et bien d’autres pays – à l’exclusion des USA – ont déjà interdit l’exploration et l’exploitation des gaz de schiste à cause des problèmes de pollution de la nappe phréatique par les produits chimiques utilisés. L’Algérie, en revanche, ne semble pas mesurer l’impact catastrophique à très long terme du choix d’une telle filière», soulignait Hocine Bensaâd, expert et consultant en gestion et prévention des risques de catastrophes dans une contribution publiée dans une édition d’El Watan en mai dernier.

La technique controversée de la fracturation hydraulique est susceptible d’entraîner des pollutions du sous-sol.

 

La question nécessite «une longue maturation» avec les partenaires de l’Algérie, rétorquait le conseiller du ministre de l’Energie. Le gouvernement ne veut pas perdre de temps. Sonatrach venait de forer son premier puits de gaz de schiste dans le bassin d’Ahnet, situé au sud d’In Salah. Ce même groupe est déjà en discussion pour conclure des partenariats avec le groupe anglo-néerlandais Shell et l’américain ExxonMobil. Selon M. Bensaâd, qui cite une contribution publiée dans la presse, cette option pèche par son «incohérence». «Le développement du gaz de schiste va faire chuter de manière durable les prix du gaz conventionnel», prévient M. Bensaâd, précisant que la «technologie de fracturation hydraulique, incontournable pour la production du gaz de schiste, requiert des quantités considérables d’eau pour chaque puits foré. Le Sahara étant ce qu’il est, il faudra dépenser de grandes quantités… d’énergie pour pomper du nord vers le sud une eau qui manque cruellement au pays.»

 

L’expert soutient encore qu’«aucun expert au monde n’est en mesure de garantir la préservation de la nappe albienne, richesse commune des pays du Grand Maghreb, de la pollution et de la dégradation irrémédiable par l’injection de produits chimiques par les compagnies pétrolières à l’affût de contrats juteux alors que leur activité est interdite en Europe.» M. Bensaâd espère que «le nouveau Parlement aura son mot à dire», regrettant qu’«aucun ministère (…) n’a jugé utile de se prononcer» sur le sujet.

 

 

Hocine Lamriben, 5 août 2012. El Watan.com

 

 

 

 

Algérie : l’irresponsabilité de l’exploitation du gaz de schiste

 

 

Par Mohand Bakir

 

 

 

Dans une situation de quasi vacance des pouvoirs, l’Algérie s’apprête à prendre une décision qui engage l’avenir des générations futures. Il est indispensable d’interroger à la fois la légitimité de cette décision et la légitimité les pouvoirs actuels à l’engager sans un large débat publique impliquant toute la société.

 

L’Algérie est sans gouverne depuis les législatives de Mai 2012. Le décor est alarmant. Une classe politique déchirée par des luttes intestines pour le contrôle des voies qui mènent aux mangeoires. Un gouvernement amputé de la moitié de ses membres et dont l’autre moitié attend, sur les paliers des ministères, de savoir s’il faut prendre la direction du parking ou celle de l’étage supérieur. Une assemblée clientéliste qui n’a pas la moindre chance de donner l’illusion d’exercer un quelconque pouvoir législatif. Une institution névralgique, l’ANP, impliquée à tort ou à raison, dans un crime environnementale, sans précédent, qui a décimé notre patrimoine forestier. Un chef de l’Etat affaibli, au plus bas de sa forme et de sa crédibilité. Une société est piégée entre les conséquences dramatiques de la déliquescence de l’Etat, les résurgences d’un terrorisme islamiste aux aguets et les promesses de répressions sanglantes sans cesse réitérées par les pouvoirs publics à l’endroit de toute contestation organisée. La jeunesse est, compte à elle, livrée au contrôle idéologique des clergés islamiques.

 

Nous pourrions croire que le fond est atteint. Que non ! Fellag l’a bien dit : « en arrivant au fond, nous algériens, nous creusons encore ! ».

 

 

 

Prospection ou exploitation ?

 

 

L’été a été ponctué de déclarations plus ou moins floues au sujet de l’exploitation des gaz de roche-mères. Des annonces contradictoires, qui ne renseignent que vaguement sur les intentions, ou sur les décisions déjà prises : Réalisation de puits expérimentaux ? Révision de la loi sur les hydrocarbures ? Exploitation commerciale de cette ressource ? Quelle est la véritable décision engagée pas l’Algérie ? Qui l’a arrêté ? Autant de questions sans véritables réponses.

 

Les déclarations brouillonnes désarçonnent l’opinion. On nous dit avoir provisionné de quoi réaliser quelques puits « expérimentaux », et financer des études pour évaluer le potentiel algérien en Gaz de schiste. Mais on claironne aussi que ces « réserves » correspondent au moins au quadruplement de nos réserves gazières !! Soit, mais si la question n’en est qu’au stade de la prospection et de l’expérimentation, pourquoi alors envisager la révision de la Loi sur les Hydrocarbures ? Et pourquoi surtout la mettre dans les tablettes d’un gouvernement sur le départ ? Pourquoi s’avancer dans les discussions avec des groupes étrangers et envisager même l’idée d’accords grès à grès avec les quelques détenteurs de la technologie dite de la fracturation hydraulique ? La démarche à laquelle nous assistons, rend perplexes. Elle a tout l’air de chercher à imposer le fait accompli d’une décision en contrebande.

 

 

 

Plus de pétrodollars !!

 

 

Dans leur logique, nous devrions même être alléchés par de nouvelles recettes en devises que l’exploitation des gaz non conventionnels procurera au pays !! L’argument ne tient pas la route. Il aurait été recevable si la manne de pétrodollars amassée depuis 1999 avait trouvée affecté à la création d’emplois et de richesses. L’Algérie ôte toute ironie au fameux adage kabyle qui dit « atwssel ta3wint ilevhar »( une mare ne peut rien apporter un océan). La monétisation de nos hydrocarbures semble plus à même de soulager les difficultés financières des USA, voire même du FMI, que de servir au développement du pays.

 

 

 

La question qui tue

 

 

Le départ de Chakib Khalil a été, semble-t-il, l’occasion de constater le recul qu’il a causé aux capacités propres de l’Algérie dans les multiples domaines de l’exploitation des hydrocarbures. Plutôt que d’y remédier voilà que l’Algérie s’apprête à l’accentuer par une dépendance totale à l’égard d’une technologie détenue exclusivement par deux ou trois opérateurs Etatsuniens ? Cela a au moins le mérite de la continuité !

La situation de l’Algérie est-elle comparable à celle des Etats-Unis d’Amérique ? Les ressources en hydrocarbure conventionnelles des USA ont entamés leur déplétion dans le dernier quart du siècle passé. L’exploitation des hydrocarbures non conventionnels leur a permis de redevenir, en 2009, exportateur net de produits énergétiques. Le coût environnemental de cette exploitation est d’ores et déjà faramineux. Le recours à cette technologie en Amérique du Nord relève d’une démarche pragmatique face à la chute de leurs ressources en hydrocarbures et à la persistance de l’maturité des énergies alternatives. Il n’en reste pas moins que le développement des énergies nouvelles reste le choix stratégique des grandes puissances énergivores. L’exploitation des hydrocarbures non conventionnelle ne s’étalera que sur la période de maturation des énergies de substitution.

L’Algérie, au contraire des USA, n’a aucun intérêt à la banalisation de l’exploitation des gaz de schiste. L’exploitation de cette ressource non conventionnelle contracte les marchés pour le gaz conventionnel et accentue la tendance baissière des prix sur les marchés spot. Une situation qui compromet la stratégie des pays exportateurs de gaz conventionnel. Ceux-ci essaient d’assurer la rentabilité de leurs investissements gaziers par l’indexation des prix du gaz sur les courts du pétrole et du favoritisme pour les contrats à long terme. L’extension de l’exploitation des gaz non conventionnels ruine la stratégie des gros exportateurs actuels.

 

 

 

 

L’autre option

 

 

La Sonatrach, au lieu de s’aventurer dans un domaine où sa dépendance technologique est totale, et où l’intérêt du pays est défavorablement engagé, devrait plutôt tendre à jouer un rôle pivot dans un partenariat sud-sud de valorisation et de développement des hydrocarbures conventionnels du Niger et du Mali – dans l’Azawad – et des pays de la région. Le développement des ressources gazières conventionnelles du continent africain renforcera la résistance des pays européens à l’’exploitation des gaz de roche-mères. Plus la ressource conventionnelle sera disponible, plus la préoccupation écologique sera prise en compte par les européens , qui sont désormais nos partenaires privilégiés.

La décision algérienne est grave. Elle introduit un risque écologique majeur dans une partie du continent Africain où se concentrent des aquifères essentiels à la satisfaction des besoins en eau des générations futurs. Ces systèmes souterrains contiennent d’immenses réserves d’eau potable. Prendre le risque que l’un ou l’autre d’entre eux soit pollué, par les centaines de produits toxiques entrant dans la fracturation de la roche, est une décision criminelle. La responsabilité serait au contraire d’obtenir un accord d’interdiction de l’exploitation des gaz de schiste dans toutes la zone des aquifères, réserve majeur d’eau potable pour les générations futurs.

 

L’exploitation des gaz de schiste n’ont donc pour nous, dans l’immédiat, que des inconvénients. Pressions sur les marchés gaziers, dépendance technologique totale, atteintes environnementales majeures et dilapidation de ce qui sera la véritable richesse à l’avenir : l’eau.

 

Article publié le 27 août 2012 dans mob-dz.over-blog.com

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

Abrahms 12/09/2012 19:02

Suite....

injecteurs espacés l'un de l'autre de 500 m, nous aurons besoin de 4 puits par km2 pour assurer une production dans les normes, pour 180 000 km2 il faudrait forer plus 720 000 puits à raison de 7
millions de dollars/chacun, soit 5040 milliards de dollars sans compter les frais des opérations répétées de "frack". Néanmoins, même si la technique de fracturation hydraulique doit rester
interdite en l'état, il est souhaitable de poursuivre les recherches scientifiques pour essayer de développer des techniques d'exploitation des gaz de schiste moins coûteuses, sûres et plus ou
moins neutres pour l'environnement.
Conclusion. Les prophètes et les charlatans, par leurs mensonges et leur médiocrité, veulent-ils nous attirer des ennuis avec l'oncle Sam ?
Y. Mérabet
Journaliste indépendant et expert en énergie
Algérie : nul besoin des gaz de schiste
Mots clés : algerie, Sonatrach, gaz, gaz de schiste, Pollution, Gisement, Exploitation
Par Le Matin DZ | Il y a 6 heures 57 minutes | 701 lecture(s) | Réactions (1)
A la veille du réaménagement gouvernemental, Abdelmalek Sellal, alors ministre des Ressources en eaux, déclarait au forum du journal Liberté : "Pour préserver ses ressources en eaux souterraines,
l’Algérie a fait le choix de mobiliser au maximum ses ressources en eaux de surface". Il est urgent d'ouvrir un sérieux débat sur l'exploitation du gaz de schiste envisagée par le gouvernement.
Louable mérite qu’il faut certainement reconnaître au nouveau premier ministre. Seulement, persévérera-t-il dans la bonne voie maintenant qu’il est à ce poste ? Ou bien, va-t-il entériner des
décisions qui mettront en péril les gigantesques ressources en eaux fossiles des Albiens au sahara ?
Une exploitation aventureuse
Le dossier de l’exploitation des gaz de Schistes est, autant sur le court terme que sur le long terme, un dossier lourd de conséquences pour nos intérêts nationaux. Exploitation, oui, le terme se
justifie par l’objet même de la révision de la loi sur les hydrocarbures envisagée par le gouvernement. Au prétexte de l’échec de plusieurs appels d’offres dans le secteur, il est envisagé
d’adapter "les aspects fiscaux" de l’actuelle loi, pour rendre "rentable l’exploitation des hydrocarbures non conventionnels". Il est donc claire que la question n’est pas de rendre possible
"l’évaluation" et/ou "la réalisation de puits expérimentaux" mais bel et bien de permettre l’exploitation des gaz de Schistes.
La manière avec laquelle ce dossier, en tout point névralgique, est traité laisse perplexe. Opacité totale. Imprécision sur les objectifs et la démarche. Tout suggère que l’exécutif ne cherche pas
à convaincre, mais à établir un fait accompli.
Une option à débattre !
N’y aurait-il pas matière à débattre, à persuader ? Quel intérêt l’Algérie aurait-elle à exploiter les gaz de schistes ? Leur exploitation aux USA a largement mis à jour leurs méfaits
environnementaux, notamment sur les eaux souterraines. Devons-nous rester aveugles aux impacts négatifs qu’elle exerce déjà sur l’évolution du prix du gaz, tirés à la baisse, et sur les débouchées
de notre GNL sur les marchés internationaux, fortement concurrencé ?
Sauf à considérer que les ressources gazières de l’Algérie sont entrées en déplétion, et qu’elles ne permettent plus, à notre pays, d’honorer ses engagements contractuels de livraison de gaz,
l’exploitation des gaz de schistes ne peut qu’affaiblir, encore plus, les intérêts algériens. D’autant que l’exploitation envisagée placera l’Algérie dans une situation de totale dépendance
technologique.
Un coût environnemental exorbitant
La technique actuelle de fracturation hydraulique de la roche a fait toute la preuve de sa nocivité. Envisager de l’introduire dans la zone des grands réservoirs d’eau douce fossile des Albiens ne
devrait traverser l’esprit d’aucun responsable soucieux de l’intérêt de la nation. Quel est l’horizon prospectif retenu par nos dirigeants dans l’élaboration de leur décision ? Tout horizon de cet
ordre proscrirait l’exploitation des gaz de schiste. Non seulement à ces horizons-là, l’eau deviendra une ressource essentielle, mais il faut parier que les énergies alternatives auront connues une
telle maturation que les ressources en hydrocarbures perdront tout intérêt autre que celui de réserves, hypothétiquement, stratégiques.
Par contre si l’horizon retenu est celui de la décennie, on comprend alors que la logique qui commande cette exploitation rejoigne le mercantilisme actuel qui pousse à la monétisation effrénée de
nos réserves d’hydrocarbures. Le seuil des 200 milliards d’US $ de réserves de change, projeté pour la fin de l’année, semble encourager au renforcement de cette logique. L’exploitation des gaz de
schiste élargira l’assiette des hydrocarbures à monétiser, et il se pourrait que ce soit là le seul objectif recherché.
Un autre aspect, encore plus crucial, de cette problématique n’est pas encore abordé. Apparait-il à l’Exécutif algérien qu’engager l’exploitation des gaz de Schiste relève de la seule souveraineté
algérienne ? Les conséquences possibles et probables sur les eaux des Albiens, sortent cette décision de l’espace purement national pour la placer dans le champ des relations avec nos voisins. Les
eaux des albiens, même si elles se situent majoritairement en territoire algérien, restent une ressource commune. Leur exploitation est d’ailleurs régie par des accords entre les états limitrophes
et a fait l’objet d’accords internationaux. Le projet d’exploitation envisagé tient-il compte de cet aspect ? Ses promoteurs ont-ils une quelconque assurance sur l’adhésion des Tunisiens et des
Libyens à l’option retenue ? Ou bien, dans ce domaine encore, la démarche est-elle de mettre ces voisins, avec lesquelles nos relations sont déjà bien difficiles, devant le fait accompli ?
L’Algérie va-t-elle rompre la digue ?
Si l’Algérie rompait la digue qui pare, jusque-là, à l’exploitation des gaz de schiste, il faut s’attendre à ce que d’autres Etats africains lui emboîtent le pas. Et, si la catastrophe écologique
ne se réalise pas chez nous, elle aura lieu au Tchad, au Soudan, en Egypte ou ailleurs. Quelle en sera l’étendue, la gravité ? Imprévisible, mais il est, par contre, certain que ce sont les
générations futures qui en paieront le prix!
Il demeure une autre certitude, pour les Etats-Unis d’Amériques l’affaire est tout bénéfice. Des débouchées inespérées se profilent pour une technologie qui jusque-là avait tout le mal du monde à
quitter leur territoire. De plus, l’entrée en service de nouveaux sites d’exploitation de gaz non conventionnels confortera la tendance baissière que leur exploitation aux USA a déjà imprimé aux
prix du gaz. Sans oublier les bénéfices faramineux (que justement, la révision envisagée entend leur garantir) qu’ils vont engranger.
Il serait peut-être temps que des spécialistes en hydrologie, en pétrole, en environnement, en prospective, ou simplement des citoyens prennent la parole pour essayer d’arrêter ce que nos
arrière-petits-enfants verront comme le plus grand crime commis dans l’histoire de l’humanité.
Mohand Bakir

Abrahms 12/09/2012 18:57

Mérabet signe, Mohand approuve et Sellal confirme …A qui revient l’honneur ?


Mardi, 11 Septembre 2012



Polémique autour du gaz de schiste et calculs diaboliques de Sonatrach
Mots clés : algerie, Sonatrach, gaz de schiste, lobby, Ecologie, Fracturation
Par Le Matin DZ | 27/08/2012 15:11:00 | 2568 lecture(s) | Réactions (1)
Sonatrach affirme que nos besoins en gaz seront couverts pendant 1200 ans. On n'est plus à un mensonge près. Le pays vogue à la dérive au gré de ses nouveaux prophètes et charlatans de la politique
qui ont trouvé le champ libre pour propager leurs mensonges et leur médiocrité
Le forage du gaz de schiste a un coût financier et écologique élevé.
Une histoire de dingues, inventée de toutes pièces
C'est de Kuala Lumpur que l'annonce a été faite concernant le forage du premier puits algérien des gaz de schiste, lors de la signature d'un protocole d'accord par le directeur central associations
de Sonatrach et Afdal Bahaudin, directeur de la planification de l'investissement de Pertamina (Malaisie).
Sonatrach vient de découvrir un mégagisement de gaz non-conventionnel qui recèle pas moins de 108 000 milliards de m3, de quoi couvrir nos besoins en énergie pendant 1200 ans. Par prudence, le
Président-directeur Général du groupe Sonatrach, et afin de ne pas susciter l'appétit et la convoitise de l'oncle Sam, n'a déclaré que le 1/50ème (2000 milliards de m3) de sa découverte, et cela
par précaution pour que notre pays ne soit pas envahi par les prédateurs, comme se fut le cas de l'Irak et de la Libye. Désormais, avec cette découverte l'Algérie devient la première puissance
gazière du monde, son sous-sol recèle le tiers des réserves de gaz prouvés dans le monde.
Discrètement et agissant en hors la loi, le PDG de Sonatrach négocie la mise en valeur de tête à tête avec le lobby des entreprises de l'International Oil Compagnie (ION), 12 milliards de dollars
débloqués par le Trésor algérien vont être injectés dans cette affaire non encore justifiée. A propos, de cette découverte, M. Saïd Sahnoun, vice-président Sonatrach/Aval, avait déclaré lors d'une
interview : "Un potentiel énorme existe mais cela implique une situation où il faut se battre pour faire des profits". Les capacités des gaz de schiste relevées "varient entre 2400 et 3000
milliards de m3 mais son exploitation est compliquée car ce n'est plus de l'industrie de rente. Cela servira à peine à créer des emplois !". Notre interlocuteur confirme l'intérêt de l'entreprise
pour ce genre de gaz fossile non conventionnel mais "demande de la prudence". Un projet pilote existe et consiste en la stimulation de la roche. Les deux pays à avoir recouru à cette ressource sont
les USA et le Canada et ont réussi à plomber le marché du gaz conventionnel. L'exploitation de ce gaz n'est pas une priorité pour notre pays mais le sera à long terme. "Le gaz de schiste est
susceptible d'être une alternative intéressante dans un contexte où les réserves actuelles de gaz naturel finiront par décliner, en plus de la hausse de la demande interne".
De son côté le Président-directeur général de Sonatrach avait fait la déclaration suivant : "Selon les résultats préliminaires de l’évaluation du potentiel de gaz non conventionnels commandés par
le gouvernement, les réserves de gaz non conventionnel algériennes sont aussi importantes que celles des États-Unis. La loi sur les hydrocarbures devrait être modifiée afin d’introduire la
réglementation nécessaire pour exploiter le gaz non conventionnel, devenu une nécessité pour permettre au pays de satisfaire la demande locale et d’assurer son indépendance énergétique à l’horizon
2050." Les réserves américaines des gaz de schiste sont de l'ordre de 17 248 milliards de m3, M. Saïd Sahnoun parle de 2400 à 3000 milliards de m3, alors que les chiffres annoncés par M. Abdelhamid
Zerguine dépassent ceux américains qui sont de l'ordre de 17 248 milliards de m3, il a été calculé sur les bases de données fournies par Sonatrach (superficie de la formation 180 000km2, 600
millions de m3 de gaz récupérable par km2) que ce gisement, par un calcul mental, recèle plus de 108 000 milliards de m3. On se demande si les responsables de Sonatrach ne se sont-ils pas fait
arnaquer par le lobby américain, ou bien s'adonnent-ils à la politique de gonflage de réserves pour un intérêt politique bien précis, celui des bilans falsifiés ? Réf (Si demain le pétrole
abiotique devenait abondant... voir Le matindz.net du 13 août 2012)
L'Algérie abandonnée par ses enfants prodigues, courtisée par les intrus, elle est devenue l'Eldorado du paradis fiscal. Le lobby américain profite de l'absence de passéisme, de méfiance à l’égard
de cette aventure aujourd’hui injustifiable. Les dirigeants de Sonatrach relaient cette option énergétique inutile pour notre pays.
Sur la base de données fournies par le forage d'un puits de prospection "Ahnet I" au Sud de In-Salah, par suite d'une étude commandée par le gouvernement algérien, à un bureau d'études américain
pour évaluer notre potentiel gazier non-conventionnel, on a pu calculer par extrapolation la contenance en gaz de schiste d'une formation géologique d'une superficie de 180 000 km2). Chaque km2 de
cette couche pourrait produire au moins 600 millions de m3 à un taux de récupération de 20%. Cette chimérique découverte, qui fait rêver le Président-directeur général de Sonatrach, l'empresse de
prend ses illusions pour la réalité et médiatise son mirage.
La loi sur les hydrocarbures garante de notre souveraineté économique
La loi pétrolière est une affaire trop sérieuse pour être laissée entre les mains d’un Président-directeur général, qui essaye de forcer la main à l'APN pour porter des modifications à ses
convenances et à la faveur du lobby de l'International Oil par le gré à gré et des facilités fiscales. Surtout, lorsqu’on veut encore nous engager dans des labyrinthes inexplicables comme le gaz de
schiste, un investissement à haut risque qui n'apportera absolument rien pour le pays. Le sous-sol algérien recèle encore des potentialités en pétrole et gaz naturel, une ressource encore
disponible que nous maîtrisons sa technologie et le savoir faire.
Misons encore sur le gaz naturel, qui nous a donné tout : de l'électricité à moindre coût, du gaz domestique qui égaille tous les foyens algériens, une grande industrie pétrochimique, de l'eau
potable à partir d'usine de dessalement d'eau de mer fonctionnant au gaz naturel, des engrais, des habits , des meubles, des médicaments etc. Soit plus de 6000 produits que nous utilisons.
L'utilisation du gaz a amélioré considérablement notre confort et facilité le quotidien de notre vie.
Il est conseillé aux responsables de notre secteur de l'énergie de patienter avant de faire sortir de nouveaux textes pétroliers, car la stratégie pétrolière d'un Etat doit s'exprimer aussi par la
structure du contrat de partage de la production
Les résultats et les conclusions tirées ces dernières années des scandales financiers de Sonatrach montrent que pour ne plus répéter les graves erreurs humaines du passé récent, il convient de
revenir aux processus de la décision universelle. Donc, le cadre du renouveau d'une stratégie et d'une politique énergétique nationale, il est essentiel d'élaborer une nouvelle loi des
hydrocarbures qui puisse valoriser au mieux que possible un potentiel attendu.
En référence aux lois 86-14 de 1986 et 05-07 du 28 avril 2005, amendée par l'ordonnance du 29 juillet 2006, on demande aux services du ministère de l'Energie et des Mines d'élaborer une ébauche
d'une nouvelle loi des hydrocarbures dans un cadre officiel et la soumettre aux "critiques", avant sa validation auprès de l'APN. Dans cette ébauche on doit maximiser la fiscalité pétrolière (la
rente revenant à l'État), améliorer bien sûr l’attractivité des entreprises étrangères, augmenter les réserves pétrolières, ne pas dépasser le "Péack-oil" c'est-à-dire de maintenir constant le taux
de reconstitution des réserves après production, et enfin assurer une exploitation optimale des gisements, dans l’intérêt d'une pérennité de la richesse pétrolière, qui est notre seule source de
revenu.
Notre économie entre les mains des opportunistes
La logique mathématique et technologique de la science des hydrocarbures s'achemine par des étapes successives d'analyses qui mettront des années pour évaluer les capacités de productivité d'un
gisement avant sa mise en exploitation (de 10 à 15 ans). Aussi, l'investissement à risque doit être limité au minimum, d'autant plus que l'exploitation des schistes s'avère très couteuse et
risquée, pour vous dire quelle vient d'être interdite dans beaucoup de pays qui se sont engagés dans cette malheureuse aventure. Le forage d'un seul puits de prospection sur une superficie de 180
000 de km2 non encore explorée, ne donne aucun résultat quant à l'exploitabilité et à la rentabilité du gisement.
La fracturation hydraulique des roches qui permet l’extraction des gaz de schiste est très loin d’être respectueuse de l’environnement. Pour récupérer ces microspoches, on fore des puits à 2 ou
3000 mètres de profondeur. Pour faire remonter le gaz à la surface, on envoie à très haute pression un mélange d’eau (7 à 15 millions de litres à chaque "frack"), de sable et de produits chimiques.
L'opération "frack" est très coûteuse, chaque puits peut être fracturé jusqu’à 14 fois puis on déménage 200 à 500 mètres plus loin. Pour notre calcul, nous supposons qu'il faut cadrer le gisement
par des puits producteurs